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 Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457

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Louise..
Voyageur(euse) feutré(e)
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 20 Avr - 15:24


[Sur le parvis de la chapelle]




La grande dame était morte. Celle dont Neils lui avait tant parlé.. La grande dame qui était plus forte que tout, qui se battait comme personne.. C'était ainsi que l'écuyer lui avait décrit la femme. Et c'était cette image que Louise aurait de cette femme qu'elle ne connaissait qu'à travers Neils.. Elle aussi deviendrait une grande dame un jour. Non, une grande reyne. Reyne, elle l'était déjà, par autoproclam'tion qu'elle avait dit Orka. Lui restait plus qu'à être grande.. Si grande.. Que Neils et Persan seront fiers d'elle. Oui, ce jour arriverait, la petite se l'était promis.

Lorsque Persan et Neils lui annoncèrent qu'elle viendrait aussi aux funérailles, Louise ne sut comment réagir, Neils lui faisait de la peine, ses yeux brillaient. Et elle n'était pas stupide la gamine, elle avait bien vu qu'il n'y avait pas de soleil dans la taverne. Le petit éclat qu'elle percevait dans les prunelles de l'unijambiste, était de la tristesse, elle l'avait compris et avait décidé d'être triste également. Ignorante et naïve, Louise était persuadée qu'ainsi, la tristesse serait partagée, l'homme irait mieux..

*

L'écuyer était rentré dans une bâtisse, Lou se demandait ce qu'il s'y passait exactement, mais rester dans l'ignorance lui convenait.. La réponse ne lui était pas totalement inconnue.. Mais elle serait désagréable à entendre, lui laisserait un goût amer. Goût qui l'avait déjà titillé à la disparition de son grand-père.
Mais elle n'était pas seule. La présence de Persan la rassurait, il lui offrait une épaule sur laquelle elle pouvait se reposer, le nez enfoui dans son col, l'esprit divaguant dans ses rêves d'enfants.. Là où le bonheur est sans limite. Elle oublie tout, les âmes en peine qui passent près d'elle, leurs cris de désespoir, leurs pleurs, la raison de tout cela, la mort.

Subitement son escapade s'achève, Louise se retrouve debout, raide, aux côtés d'un homme qui lui est encore inconnu, Persan s'éloigne rapidement.. Plus loin, elle reconnaît Neils.. Un froncement de sourcils.. Quelque chose ne va pas, la gamine aimerait rejoindre Persan, elle aimerait se mêler à la discussion qu'il allait entretenir avec son écuyer.. Mais, bien que ce soit difficile à admettre, la discussion serait entre grands, Louise en avait conscience.
A la place, elle resterait sous la surveillance du premier clampin qu'avait trouvé Persan.. Un clampin aux airs niais.. Foutue protection.
L'homme la regardait, l'air hébété, l'ordre de garder un œil sur la môme avait claqué, sec, brutal, irrémédiable. Le roturier n'avait pas osé bouger, pas même le petit doigt. Lou vit rapidement qu'elle pourrait tirer profit de la situation, lentement elle se hisse sur la pointe des pieds, plante son regard dans les prunelles de l'homme.

Z'avez entendu ? Plein de bière pour elle, qu'il a dit !

Elle réprime un sourire non sans efforts.. Jouer la comédie n'est pas encore une seconde nature.. Le gueux n'a pas l'air très impressionné. Ça s'annonce mal parti.. Offusqué au plus haut point, Louise se raidit, fronce les sourcils, plisse le nez et reprend de plus belle..

Et si que vous faites pas ce que je dis, il sera pas content. Pas content du tout même.

Les dernières syllabes avaient été volontairement très détachées, la prononciation lente.. Le roturier la regarde, hésitant.. C'est que c'est impressionnant ces petites bêtes là..


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MarieAlice
Convive qui ose pousser les portes
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 20 Avr - 20:08

Ouverture de testament en pleine cérémonie. Voilà qui était inusité mais pourquoi faire les choses comme d'habitude quand on s'appelait Apolonie? Jusqu'au bout mais c'était ce qui faisait son charme.

Et à l'écoute du testament le rire se perdit pour de bon dans sa gorge. Les yeux qui demandaient, imploraient de l'aide, s'ouvrirent tout grand, ses mains retombèrent sur ses cuisses et plus un son ne sortit de sa bouche. Muette. Pour un peu Perce Neige devenait carpe, il ne manquait plus qu'elle resta bouche bée pour compléter le tableau.

La foudre aurait pu tomber à ses pieds qu'elle n'en aurait pas été plus coite.

Les mots tournaient et retournaient sous les boucles brunes tandis que les noisettes étaient emplies d'un mélange de surprise, de panique et de fierté. Jamais elle n'avait eu vent des souhaits de l'auvergnate, jamais elle n'aurait pensé qu'elle la vit ainsi, digne.. Non capable.. Non enfin..Comment définir le flot de sentiments qui se bousculaient en elle? Quels mots pour décrire la tempête qui s'était levée et qui, pour une fois, n'était pas signe de colère imminente et de danger pour qui l'approchait de trop près.

Mais déjà le naturel revenait au galop et son cerveau se remettait en marche, à défaut de sa langue. Il faudrait une nourrice de plus, peut-être que Gaspard en avait déjà une d'ailleurs. Annoncer au reste de la famille son arrivée. Voir le parrain, la mère d'Alayn, prévoir une chambre, des visites sans doute en auvergne, faire en sorte qu'il se sentit bien parmi eux. Et surtout prévoir avec Marty et tous ceux qui l'avaient connue ce qu'ils lui raconteraient, chacun ayant une vision différente, ce qui permettrait à son fils d'avoir une idée proche de la réalité.

Et soudain sa voix se rappela à son bon souvenir et un murmure en sortit.

J'en prendrai soin comme de l'un des
miens Apolonie, je t'en fais ici, devant ton cercueil, le serment.


Des larmes perlèrent cette fois, quittant ses yeux pour rejoindre son cou, glissant sur les joues pâlies. Elle écoutait toujours, hochant la tête pour appuyer les dires de l'officiant. Le choix du texte... Un sourire naquit au milieu du torrent salé, éclairant à nouveau le visage de la Vicomtesse.

Sentiment d'être observée toujours, tête tournée, haussement de sourcils alors qu'elle se souvenait maintenant de qui il était. Le sud oui. Ce sud remuant qu'avait vu la défunte, où elle avait récolté quelques cicatrices sans nul doute. Là encore il lui faudrait demander témoignage pour cet enfant.
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Bettym
Voyageur(euse) qui pose ses bagages
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 20 Avr - 20:52

La cérémonie commençait... elle suivait le mouvement, annonait les prières dès qu'elle entendit les premiers mots, se levait, s'asseyait sans même chercher à comprendre. Tout ceci n'était qu'un rêve, elle en était presque persuadée... Elle s'imaginait déjà Apo en train de sortir de son cercueil et dire que c'était une blague.

Machinalement, elle regarda la boîte et espérait quand Sibella vint se placer devant et se mit à la lecture d'un parchemin... Elle écoutait tout ce qui était dit quand le nom de leur ami, Nimrodor, résonna. Elle chercha du regard où pouvait être l'homme qui les houpillait à tour de bras, qui les rendait toutes les deux chèvres et souvent en colère mais rien... personne ne se trouvait dans le lieu Saint.

Durant sa méticuleuse exploration parmi les personnes présentes, son regard se durcit et l'envie de faire un esclandre l'envahit. Elle ne pouvait comprendre comment des gens qui avaient eu l'audace de dénigrer tout ce qu'elle faisait et pour leur simple plaisir de pouvoir puissent être là. Commment pouvait-il avoir le culot de présenter leur mine faussement triste ? Elle préféra serrer les dents et ne rien dire, tourna la tête vers le corps de son amie, les yeux embués et murmura...


Même devant Aristote, l'hypocrisie est là !

Le visage marqué par le chagrin et la colère, elle essaya de porter son attention sur les paroles du Diacre. Un sourire se dessina sur son visage même de là où elle était, elle avait réussi à avoir le dernier mot. Elle avança jusqu'au clerc...

Je souhaiterais dire quelques mots... Une grande respiration avant de s'adresser à ceux qui étaient venus là rendre un dernier hommage à celle qui a été son amie depuis des lustres...

J'ai connu Apo et suis allée la chercher, si on peut dire ainsi, à Bourbon à la mort de Ondine et Bros. Nos rapports étaient courtois, amusés et têtus. Je voulais qu'elle nous rejoigne et elle demandait réflexion. Nous avons respecté chacune notre parole, elle de trouver le bon moment et moi de la harceler ! sourit à ce souvenir et aux discussions qu'elles avaient eues

Nous respections chacune les idées de l'autre parfois avec passion mais plus souvent avec beaucoup de respects puis elle est venue à Moulins et là, l'amitié s'est instaurée au fil des jours. Nous nous confions l'une à l'autre, nous parlions de tout ce que nous ne pouvions dire franchement, ouvertement à la face des gens. se mordit la joue intérieure pour ne pas craquer.

C'était une femme exceptionnelle malgré tout ce qui a pu être dit sur elle. Jamais elle n'a renié ses amitiés. Certes, beaucoup pourraient penser qu'elle les oubliait parce qu'ils n'avaient pas de nouvelles d'elle mais non. Chaque personne qu'elle a chéri était dans son coeur et même ses ennemis pouvaient devenir ses amis ! se tourna vers Kory, un petit sourire. Oui des Amis !

Elle avait une faculté qui manque beaucoup parmi certains d'entre nous
balayant la nef du regard, elle ressentait le fond des gens et savait voir au delà des apparences. Elle savait que tout homme n'était pas bon ou mauvais mais qu'il pouvait y avoir tout cela en un homme. Voilà ce qu'était une partie d'Apo.

Puis elle se tourna vers le cercueil... posa la main, les larmes aux yeux et la voix tremblotante...

A jamais tu seras mon amie et je te déteste d'être partie si tôt !

Les larmes coulaient sans qu'elle ne puisse rien y faire, une gorge nouée l'empêcha de dire plus et elle alla s'asseoir.
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 20 Avr - 21:01

Tic tac tic tac…

Les minutes s’écoulent avec une lenteur digne des grands auteurs à suspens. Le temps s’est arrêté dans la chapelle endeuillée, suspendu, en attente. Comme ces moments d’une rare intensité à l’aube, sur un champ de bataille avant que la charge soit donnée. Mais de combat il n’y aura pas, il a déjà été livré. Sur la scène le rideau est tombé, Apo est morte, il n’y a rien à rajouter.

La petite forgeronne gasconne écoute d’une oreille distraite la lecture des dernières volontés de la Dame d’Orval, laissant son regard vagabonder sur l’assistance, avant de retomber sur celui du capitaine gascon… Un léger sourire cynique se dessine lentement sur ses lèvres. Ce qu’elle lit dans le regard de ce dernier… Qu’importe, il a jugé, à des années lumière de la vérité, présomptueux et tellement ignorant à son sujet qu’elle en rirait en d’autres circonstances. Il l’a jugé, qu’importe, il n’est qu’une ombre parmi les autres… Un mort qui s’ignore.

La brunette tente de se concentrer un peu sur les propos du Héraut…

Ainsi c’est une grossesse qui a eu raison d’Apolonie. Elle qui était sensée ne jamais pouvoir enfanter. Cruel revers de l’histoire en fin de compte. Ce qui aurait du être moment de joie inégalée aura été sa perte. A croire que les dés étaient pipés.

Des amours d’Apo, elle ne pensera rien… Crockie, recroisé il y a peu à Orthez avec l’autre trainée rouge vautrée sur lui… Espérons qu’il l’aimait autant qu’elle l’a aimé. Passons, l’histoire est terminée là aussi.

Et voilà l’officiant qui reprend la parole, et religieusement poursuit son oraison funèbre. Jusqu’à ces mots qui viennent heurter marteau et enclume dans l’oreille de la Fourmi :

J'aimerais maintenant que ceux et celle qui ont connu Apolonie viennent tour à tour nous parler d'elle, de ce qu'elle était, de ce qu'elle voulait. J'aimerais que vous nous la fassiez revivre le temps d'un souvenir et que ce souvenir heureux ou moins heureux reste gravé dans votre coeur, car c'est ainsi qu'elle vivra en nous tous.



Là, elle se hérisse, tout son corps et son esprit se rebellent de concert. Pas question. Elle n’a rien à partager avec l’assemblée. Elle se souvient, parfaitement… Leur convalescence dans une ville tombeau, l’oreille bienveillante qu’Apo lui avait accordée après qu’un pourceau immonde lui ait arraché son innocence, ou l’apprentissage douloureux de comment surmonter et masquer au mieux les tourments suite à l’infamie. Non, ça et le reste c’est à elle. Apo en a emporté une partie, comme Tak l’a fait il y a quelques mois. Il ne reste plus qu’elle et ses souvenirs qu’elle gardera.

Elle rejoint la porte en silence, et lorsqu’elle l’ouvre, la lumière du soleil pénètre dans la chapelle jusqu’au cercueil. Un dernier regard, un dernier au revoir, et Cymoril, myrmidon gascon se retrouve dehors sur le parvis, refermant la lourde porte derrière elle.

Restant là quelques instants, parmi les inconnus, profitant des bienfaits et de la chaleur de cet extérieur lumineux. Inspirant profondément comme pour se regonfler à bloc, ses yeux parcourent distraitement les visages des uns et des autres, jusqu’à tomber sur la silhouette lointaine de l’écuyer aux prises avec une gamine. Il est temps de partir discrètement, d’éviter un nouveau croisement avec ce dernier.

Trop d’évènements sont venus se greffer à l’enterrement, rajoutant à sa peine. Le temps du retour il faudra recomposer le masque de la Fourmi, enfouir plus profondément encore Cym et ses peines.

Quelques pas en avant, retrouver Bagual étalon camarguais offert par Apo et qui jamais ne l'a quitté et elle partira.


Dernière édition par Cymoril le Mar 21 Avr - 2:58, édité 1 fois
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Korydwen
Baronne
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 20 Avr - 21:23

Il avait fini par arriver, elle ne l'avait que peu vu lorsqu'il était revenu, elle avait un peu veillé Apolonie, ce n'était pas vraiment chose évidente d'ailleurs. Elle était... Réellement morte et non pas faussement morte, ce qu'elle aurait préféré... Certains auraient la paix, comme ils devaient tous être si heureux... Vraiment, bassesse, ils devaient avoir besoin d'entamer une procédure de rachat envers Aristote... Cela ne pouvait être que ça...

Sa main dans la sienne, se glissant légèrement pour sentir sa chaleur et douceur, lui glisser quelques mots à l'oreille.


Merci... Tu arrives toujours au bon moment... Je t'ai pas dit, mais Aigue a accouché d'une petite Aurore.

Pourquoi elle avait sortit ça ?! Aucun rapport, strictement rien à voir ! Se détendre... Peut-être...

Rick invita Sibella, sa suzeraine, elle ne l'avait même pas vu, encore. Elle écouta attentivement la lecture du testament. Gypsie risquait à faire un infarctus ou quelque chose comme cela... Son petit fils risquait à être loin d'elle. Elle regarda vers Gypsie, heureusement Jazon était à ses côtés, il l'aiderait, elle n'en doutait pas...

Un texte sur l'hypocrisie, voilà qui était bien choisi... A l'attention de ceux qui devaient se racheter une conduite auprès d'Aristote... Pas mieux pensée, merci le testament... Et c'est ainsi que la foudre frappa les faux-culs... Oups... Pas dans cette histoire.

Son frère de chapelain demanda aux personnes présentes si elle souhaitait dire quelques mots. Korydwen avait quelque chose à dire, mais elle ne voulait pas passer en premier, Bettym, se dévoua, enfin pas vraiment se dévouer, mais au moins cela fit sourire Korydwen, elle écouta attentivement et ne put s'empêcher en voyant le sourire de Bettym sur elle de rougir et se gratter le cou, avant de trouver que d'un coup il faisait très chaud. Une dame était partie également...

Le meilleur enchaînement qui soit, serait certainement de parler de Varades...

Elle se leva à son tour et s'avança près du cercueil.

Des ennemis d'un jour... D'une bataille. Qui aurait pensé qu'en partant faire la guerre, je transpercerai Apolonie qui par la suite deviendrait une amie...


Des échos, vous avez tous du en avoir plus ou moins... Plus ou moins officieux. On se base beaucoup sur des "on dit". Certainement pour ça, que l'armée du Périgord avait quitté la Bretagne pour aller taper quelques personnes... Libertad, lucioles et que sais-je... C'est ce jour-là que j'ai rencontré plus disons intensément Apolonie...

Les yeux dans le vide, ou plongé sur son époux, elle le regardait, tout en revoyant les images de Varades, foncer suite à un ordre complètement débile. Putain d'armée du PA, à croire que ça les amusait là-bas de jouer avec les armées, nouvelle cible la Guyenne.. Une épée qui s'enfonce dans la chair, pendant qu'un bouclier casse un poignet, une bulle autour d'elle, plus rien autour, seules... Front contre front... Conversation décousue, des saluations à passer, prendre des nouvelles... Fait-on ça sur un champ de bataille ? Nan... Et bien si, Apo-Kory une aventure surprenante qui allait s'achever...

Oups... Elle venait de s'apercevoir qu'elle avait du divaguer un peu trop longtemps, ils devaient la regarder d'un drôle d'air...

Je dois vous avouer que je pensais la voir surgir de ce... Cette... Ce truc... Bidule... En bois. Cercueil ! Une épée ne pouvait pas la tuer... Mais un enfant a pu visiblement... Apo, femme d'honneur, droite qui aimait son duché... Chancellerie, ou j'ai eu grand plaisir à la croiser à nouveau. Et puis cette journée à Montbrisson, folle course à cheval où nous avions un projet des plus...

Yeux qui se lèvent, peut-être pas sortir en pleine Chapelle, qu'elles avaient voulu tuer Poutou...

Plus... Hum... Étrange... Franche rigolade... Et tout ça se termine aujourd'hui...

Se tournant vers le cercueil...

Franchement... Y a que toi pour te faire enterrer le jour de mon anniversaire... Jusqu'à ton dernier souffle tu as été toi-même, surprenante... A Dieu Apo, tu me manqueras beaucoup... A jamais... Varades. Amuse toi bien là haut.

Elle retourna s'asseoir auprès de son époux... C'était bien chaotique comme parole, mais elle ne savait pas spécialement quoi dire, les mots sont si faibles en pareille circonstance...
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Gypsie
Famille "de Marigny"
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Mar 21 Avr - 4:14

Un hôtel à Clermont et surtout un château à Viverols. Deux enfants s’amusent, se disputent et pratiquent l’art de la guerre, ou du méchant et du gentil. Tour à tour brigand ou maréchal, qu’importe, ils jouent comme deux frères, même s’ils ne le sont pas. Seul l’un des deux s’appelle Duchesne car de fraternité il n’y a que le lien d’amitié et de solidarité entre eux, plus une mère et une grand mère. Près des enfants, un homme se tient et les invite à une promenade à cheval, en forêt, à l’apprentissage de la chasse et de la vie. C’est Jazon, fier de leur transmettre son sage savoir…

Doux rêve brisé en moins d’une minute par Sibella. Il n’y aura qu’un enfant dans la cour du château de Viverols à jouer au gentil et au méchant avec un adversaire imaginaire. Pas de Gaspard là bas, juste Gandelin.

Telle est la volonté d’Apolonie, la bru qui vient de gifler sa belle mère. Tu croyais hein ? Et bien non, tu l’auras pas. T’es pas assez bien. Trop rose bonbon. Pourtant cette couleur semblait te convenir Apolonie, portée par Alayn. Mais non. Erreur. Tu t’es trompée de partenaire, pas avec Alayn qu’il fallait se marier, mais avec ce géant qui a refroidi toute une église un jour de mariage, si ce n’est par le courant d’air glacial qu’il fit en traversant la nef, par son regard d’acier. Telle était ta volonté de le dire aujourd’hui, mais ceux présents ce jour là l’avaient bien deviné, à moins d’être aveugles.

Elle soupire et baisse la tête Gypsie. Elle est blessée, vexée, meurtrie une fois de plus et pense à Odin.
" Vois Odin, vois le mal et la peine qu’ils me font. Que ne sommes nous restés ce jour là, là bas, au delà des brumes, à Avalon, à nous aimer de notre amour au mille pâquerettes. Toi, moi et Alayn….
Flanque lui une gifle dès qu’elle arrivera ta bru, juste retour de la sienne. "

Si grande et belle amie Apolonie. Une chose lui fait cependant défaut, une notion, une valeur, celle de la famille. N’y a-t-elle pas eu droit dans son enfance ? Certitude, elle n’a pas eu le temps de faire la sienne, si d’aventure elle en aurait eu envie. La belle mère sera restée telle, juste un nom, une place, un statut. Qu’on ne vient même pas consulter ou prévenir de si importante décision. C’eut été petite chose toute simple, élémentaire, politesse et un soupçon de respect, mais cela ne coule pas de source pour tout le monde comme dans un bar. Pour le petit fils elle serait la fantomatique grand-mère-qui-habite-loin, et pour elle il serait le fils-d’Alayn-qui-habite-loin.

" Maman…"


Gandelin lui parle. Oui, maman… Maman n’a plus rien à faire ici, à écouter ces gens qui dans quelques jours demanderont à n’en pas douter, la canonisation d’Apolonie. Alea jacta est, ite missa est et Gypsie se tournera vers l’est, là où le soleil se lève et se lèvera, avec ou sans le chiard Gaspard.

Saturée de toute cette tristesse devenue quotidienne depuis ce jour maudit où Jazon est venu lui rapporter pire nouvelle qui soit, la mort de son fils. La carapace se ferme autour d’elle et en quittant l’église, elle n’éprouve pas le moindre sentiment devant ceux qui hypocritement avaient assisté, ou fait semblant, aux funérailles du Vicomte d’Ambert.

Elle attendrait Jazon dehors pour rentrer à Clermont, et de retour à la maison, ferait une cure de Duchesne, père et fils, ne se laisserait pas aller dans les bras de sa vieille amie, la mélancolie.

Enfin de l’air. Adossée à la porte, mains croisées dans le dos, les yeux fermés, on respire à pleins poumons, on expire, on se vide de l’air vicié en espérant que la tristesse parte avec….

Quelques pas, des gens ici où là, une enfant qui joue avec un homme, son père ? ; une silhouette qu’on reconnaitrait de loin, une chevelure et un regard qui confirment… Mais oui, c’est bien lui, l’ami de toujours.

Gypsie doucement avance vers lui ; elle aurait envie de courir, de se jeter dans ses bras et de lui raconter toute la peine qui aujourd'hui l'afflige. Elle n'en fait rien et de son visage bouleversé tente de faire bonne figure en affichant sourire aussi triste qu'un confetti un lendemain de fête.
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Neils
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Mar 21 Avr - 8:28

[Sur le parvis de la chapelle]

La main puissante du Duc d’Arnay l’enserre au collet, décollant le noble fessier de l’écuyer du muret dur et froid sur lequel il avait trouvé malgré tout, un peu de répit.
Le seigneur se penche, le regard sombre, la diction propre et sèche, l’intonation sans appel. Neils subit la remontrance, l’assimile rapidement et acquiesce en silence d’un hochement de tête.
La main relâche son emprise sur l’encolure, le fessier retrouve son siège et Neils ses idées.

Au loin, Louise, déjà rejointe par Persan, n’a rien manqué de la scène. Intelligente et futée, la gamine a compris…Neils c’est fait gronder… Croisement de regard avec la Reyne. Sa frimousse est affublée d’une mimique aux senteurs d’inquiétudes. L’écuyer lui dépêche un sourire complice et rassurant, hoche de la tête pour lui signifier que tout va rentrer dans l’ordre.

Le choc a opéré, avec lenteur tout semble reprendre place dans la tête de l’écuyer. Après une beigne et un savon c’était marche ou crève…Croisement d’un chemin, fin d’une vie…départ d’une autre…tout est recommencement…non ? Et l’sien était là…d’vant ses yeux, plus qu’à s’lever pour les rejoindre et s’en aller pour la Bourgogne, terre du Duc d’Arnay.
Joignant l’acte à la pensée, l’écuyer s’arrache de son siège improvisé, béquille calée, s’avance posément en leur direction.

Son champ de vision est traversé par la silhouette élancée de Cym… ? Dehors ? Elle n’aura pas attendu la fin…non plus…un long soupir empreint de nostalgie s’extirpe des poumons de l’écuyer.
Neils refoule toutes les questions à son encontre…tourner cette page et sauter pieds joints dans la suivante…mais là…il s’agit de Cym…quand la reverra-t-il ?

Démarche désarticulée pour une course, s’approche des pas de la jeune Labritoise, tend le bras pour l’effleurer…


Cym…

La voix est douce, raffermie…

Cym…attendez…
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Mar 21 Avr - 21:02

[Parvis ]

Perdue dans ses pensées un instant sur le parvis de la chapelle, la jeune labritoise fait le tri dans les divers évènements ou non évènements survenus depuis son arrivée en ce lieu. Ravalant peine et larmes plus profondément encore, elle recompose le masque d'assurance nécessaire pour la suite.

Il est des plaisirs que l'on s'accorde, et ceux que l'on refuse aux autres. Ainsi elle se jouera des autres, en leur opposant une attitude posée empreinte de cette sérénité émue pour l'occasion.

De toute manière, ce simulacre de quiétude ne durerait que quelques instants, le temps de traverser la foule assemblée sur le parvis et d'atteindre son canasson.Tant qu'elle ne croise certains regards tout ira bien.

Entre deux silhouettes alors qu'elle déambule entre les protagonistes, elle aperçoit à nouveau la gazelle, à l'écart, solitaire. Sans comprendre... Jenn d'un côté, Hiji de l'autre... Venus séparemment... Il a du se passer quelque chose...
Jenn, pourquoi ne m'as-tu rien dit, pourquoi ne m'as-tu pas écrit ? Sommes-nous devenues à ce point différentes et étrangères que tu me rayes de ta vie de la sorte ?
Ne pas penser... Surtout ne s'émouvoir de rien sous peine de craquer...

Nez levé vers un ciel outrageusement dégagé de tout nuage, elle inspire longuement une bouffée d'air ensoleillé, et reprend sa marche tranquille vers Bagual quand...

Cym…
Cym…attendez…

Et cette main fébrile qui l'effleure.

Elle stoppe net, yeux un court instant figés sur son étalon, si près, elle a failli y arriver...
Déglutissant comme pour ravaler pensées sombres et tristes qui l'animent à cet instant précis avant de se retourner.

Son regard est fuyant, refusant de se poser sur le visage de l'écuyer, de lire son regard et qu'il puisse lui aussi y lire toute l'affliction qu'elle ressent. Le temps qu'elle s'adapte à la nouvelle situation... rapidement.

La Fourmi dans ses retranchements, décidée à ne rien céder, lève alors les yeux, insolents. Un sourire se dessinant peu à peu sur ses lèvrres pâles... le masque se recompose... elle est fin prête.

Bien...

J'attends...

Attendre quoi, telle est la question...
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namaycush
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Mer 22 Avr - 15:23

Testament lu, la Labritoise passe devant lui....sourire mauvais....

Une dame d'un certain âge, plus loin, ravale sa colère visiblement déçue...

Oh Erel est là....sourire...la vie est étrange, on se croise, se recroise...

L'Attention, Elle....pleure....à chaudes et grosses larmes....gouttant d'une source marron ou ...plutôt noisette, oui noisette, marron est masculin et grossier, marron pique.....noisette elle, est féminine et douce au toucher...

Il aime pas voir femmes pleurer....Quoiqu'au travers des larmes se révèle parfois une émouvante beauté....accentuée dans le cas précis par la lumière diffuse et tremblotante des cierges....dans le regard qu'elle lui jette il voit qu'elle sait qui il est ....et tente peut-être de partager sa peine...

Une femme rend son dernier hommage, émue....sincère...

Et pourquoi pas lui ? Il est là, il regarde, il fait rien, il est venu pour un dernier hommage non...alors l'officier....

Pas décidé, bottes résonnant sur les dalles,démarche arrogante de celui qui n'a plus rien à perdre, que certains voient déjà mort, remonte l'allée, dépasse le cercueil,s'impose naturellement, sans irrespect au côté du diacre officiant et prend la parole....

Le ton est net, clair, décidé....le regard franc, dur, émeraudes minéralisées.....froides....

Mes soeurs, mes frères.....

Il y a bien longtemps, une tempête nommée Zoko traversa la Gascogne. Un jeune officier du renseignement, rare survivant des troupes ducales, fût désigné afin de prendre contact avec l'envahisseur.

Il croisa alors Apolonie .....et ne se doutait pas que cette rencontre bouleverserait son existence et ses convictions.....

Depuis, sans cesse il remercie le Ciel, de l'avoir fait la rencontrer, ce qui a permis de lui faire goûter, au travers des chocs qui ensanglantent périodiquement son existence à de courts instants, de détente, de bonheur et de paix....

De minérales, les émeraudes chatoient chaleureusement révélant l'intense émotion que ses paroles ont libérée.

Le pas de retour est moins assuré, du revers du poignet il s'essuie une larme .....certainement provoquée par une poussière...le regard se floute légèrement...
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Persan
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MessageSujet: v   Jeu 23 Avr - 0:07

La colère du Bourguignon retomba aussi vite que la moutarde lui était montée au nez. Louise semblait embêter le pauvre homme à qui il l'avait confiée. Le roturier avait des regards éperdus dans sa direction. Persan soupira. S'engager à élever Louise n'était décidément pas une décision de tout repos. Il s'avançait vers elle quand Gypsie apparut dans son champ de vision. Un sourire s'afficha sur les lèvres de Persan à la voir, sourire qui s'effaça aussitôt en voyant la tristesse de son amie. Elle s'approchait de lui. Il fit les derniers pas qui les séparaient.

Gypsie ! Je ne m'attendais pas à te trouver ici. Com...

Il s'arrêta net. Demander à quelqu'un qui vient à un enterrement et qui fait cette tête si cela va bien était décidément hors de propos. Un court instant, il fronça les sourcils. L'enterrement ne semblait pas terminé puisque la foule demeurait dans l'enceinte sacrée. Pourquoi donc Gypsie trainait-elle ainsi tristement à l'extérieur ? Un peu comme son écuyer... Que pouvait-il donc se passer dans cette église pour que ces deux là soient sortis avant l'heure avec pareille mine ?

Est-ce que je peux t'être d'un quelconque soutien, mon amie ?

Persan avait posé la main sur l'épaule de Gypsie, ne sachant trop comment agir.
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Neils
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Jeu 23 Avr - 4:11

Cym n’est plus…
Cachée bien à l’abri derrière les remparts de son âme, la frêle Labritoise jette sur l’écuyer un regard biaisé. Sur un ton monocorde lui répond:

Bien…

J’attends…


Cette attention distante posée sur sa personne est en passe de le décomposé et donne sur son corps un éclairage centré sur son infirmité. Neils est penaud, essoufflé par sa course. Triste image qu’il offre à celle dont le visage et le sourire sont restés gravés à jamais au très fond de son cœur.

Ne pas lever les yeux sur elle par crainte d’effacer le doux et tendre souvenir laborieusement cueilli à Labrit. Neils se perd dans les méandres de ses pensées...retour en force de cette phrase oubliée, prémonitoire, la dernière prononcée d’une même voix blanche, assénée dans la nuit froide au 38 rue Gascogne.
"Il n’y a rien de bon ici pour vous, Neils."
"Faites bonne route…"

Et la route fût mauvaise. L’hiver rude, les chemins enneigés, l’écuyer campé sur la croupe de sa fidèle Marie-Caroline avait tiré droit vers l’est, avait dû s’arrêter…malade…pour se réveiller un beau matin qui ne le resta pas longtemps…une convalescence ardue, pas même le temps de reprendre pieds que l’annonce du décès de sa Grande Dame s’abattait comme la hache sur la nuque du condamné…fichue vie…

Tournant légèrement la tête, il aperçoit Persan s’approcher d’une Dame. Aussitôt l’écuyer s’inquiète de ne pas voir Louise…la cherche des yeux, la trouve, la gamine tient sa Nouche d’une main et gesticule de l’autre pour alpaguer l’premier venu…cette vue lui décoche un instant de bonheur... simple.

La route, aussi mauvaise soit-elle, mène toujours en un lieu où l’on ignore quel présent l’on y trouvera…
Pour l’écuyer, cette route là touchait à son terme, une autre, meilleure peut-être, s’offrait a lui…maintenant…

La tête baissée, les yeux encore rougit par l’écrasante avalanche d’émotions, Neils ose le croisement de regard, l’approfondis, s’immerge, fini par entrevoir Cym avant qu’elle ne se terre encore plus profondément au tréfonds de son fort. Juste le temps de lui affirmer que les gravures du cœur jamais ne s’effacent…

Neils plisse les yeux, les détourne sur l’étalon, et d’une voix pleine de malice lance en direction de la Fourmi :

La course, n’oubliez pas…

Sur ce l’écuyer tourne les talons et d’un geste nonchalant, lève une main en signe d’au revoir…ses claudications le dirige en direction de Louise.


Dernière édition par Neils le Jeu 23 Avr - 6:32, édité 1 fois
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MarieAlice
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Jeu 23 Avr - 5:43

Et voilà que du monde sortait, encore. Oui encore parce qu'au mariage cela avait été le cas déjà. D'ailleurs elle l'avait fait en compagnie de Maleus.. Grognement. Celui-ci, si elle le croisait, la rencontre risquait d'être décoiffante au vu de ses derniers agissements.

Marie les suivit du regard, cherchant à se souvenir si elle les avait vu ailleurs qu'au mariage d'Apolonie et si elle les connaissait mais bien trop de choses en tête pour y arriver.

Des personnes se levèrent, venant témoigner de ce qu'avait été la défunte à leurs yeux et elle se demanda si elle devait le faire. Noisettes embuées se posant sur le bois, silhouette de Namay s'interposant, bois à nouveau. Un soupir et lentement elle se leva et se dirigea à son tour près du cercueil.

Main glissant sur le couvercle, comme un signe pour dire au revoir.

Apolonie. Il est des rencontres étranges, des amitiés inexplicables, des tournants inattendus. Nous nous sommes connues à Vendôme, moi blessée par Cuculus, royaliste, capitaine de l'armée des Ordres Royaux. Elle, jeune fille presque trop sage, déjà diplomate et Sentinelle, venue rejoindre son frère et ses amis que j'avais combattus. Nous aurions pu, dû nous détester, nous affronter mais il n'en fut rien. Au contraire.

Nous ne voyons pas souvent mais à chaque rencontre on aurait juré qu'on s'était quitté la veille. Je me souviens d'une fête chez Llyr où elle m'a fait prendre un fou rire lorsque je l'ai un peu forcée à s'habiller en robe, à s'apprêter en femme comme elle disait. Je l'ai entendue râler et grogner mais je n'ai pas cédé et le résultat fut.. Epoustouflant.

Elle n'a jamais cessé de m'étonner, jusqu'à son mariage car comment l'imaginer mariée à autre chose qu'à sa liberté ou son Auvergne..


Un sourire amusée naquit sur les lèvres de la Vicomtesse.

Apolonie, je fais ici serment que j'élèverai de mon mieux ton enfant, qu'il saura de toi tout ce que je sais et vous demande à tous de m'y aider. Vos souvenirs, vos expériences... Tout ce que vous avez partagé avec elle. Il saura tout, sans mensonge ni fard. Parce que c'est ainsi qu'elle l'aurait souhaité.

Elle se pencha et déposa un baiser sur le bois, murmura quelques mots avant de regagner sa place à pas lents.

Repose en paix mon amie, attends-nous.
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Gypsie
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Jeu 23 Avr - 8:39

[Dehors]

Un " comment vas-tu " juste retenu qui fit sourire Gypsie. Valait mieux pas commencer à expliquer son état. Elle aurait fini par s'apitoyer sur son sort et pleurer comme une madeleine sur l'épause de Persan.

Est-ce que je peux t'être d'un quelconque soutien, mon amie ?

Même pas le roy pourrait lui être d'un quelconque soutien, la seule chose dont elle aspirait était de rentrer chez elle à Clermont. Terminer la construction de l'hotel, cela lui occuperait l'esprit.

Bise amicale, et Gypsie lui prit le bras. Hésitant entre vider son sac, déballer sa peine et sa misère, mais elle n'en fit rien. Elle avait si peu l'occasion de le rencontrer son vieil ami, pas la peine de gacher ces instants.

Ses mains tremblaient encore, elle prit profonde inspiration avant de lui répondre d'une voix hésitante.

Un soutien... Oui, en effet... Aurais-tu le temps de faire quelques pas avec moi en attendant la fin de la cérémonie ? Jazon est à l'intérieur avec Gandelin, et... j'étouffais là dedans je dois dire.

Toujours aussi séduisant Persan. Gypsie s'était souvent demandé ce qui se serait passé si Surgeon n'avait pas été là durant ce séjour en Bourgogne, si elle était restée là bas... Ainsi ils ne faisaient que se croiser, ici où là, au fil des voyages ou des invitations diverses, dans ce monde décidément bien petit.

Mais dis moi, que fais tu ici ? Tu connaissais Apolonie ? Que fais-tu dehors alors ?
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Jazon
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Jeu 23 Avr - 10:04

Etonné, Jazon d'entendre la lecture du testament, Apo même pas enterrée. Perplexe vis à vis de Gypsie d'en entendre les dernières volontés et dispositions.
Et inquiet sur la réaction de Gypsie qui ne se fit pas attendre. Elle se leva et sortit sans rien dire, le visage défiguré par la peine.


Gandelin sur ses genoux vit sa mère s'en aller et regarda son père. Jazon mit un doigt devant ses lèvres en lui faisant "chut".
Que devait il faire ? Se lever et la rejoindre ou attendre la fin de la cérémonie.
Il n'allait pas faire ce qu'il n'avait pas apprécié des autres à l'enterrement d'Alayn. Et puis, Apo avait été une amie, comme une petite soeur, en tout cas une sentinelle comme lui et les autres.

Il écouta les témoignages des uns et des autres. C'est vrai qu'au fond il ne la connaissait pas ou plus. Elle avait en elle des facettes complètement inconnues.
Il s'en était rendu compte dans la ruelle de Montbrison alors qu'elle avait eu maille à partir avec un pauvre diable qui l'avait agressé.

Il ne l'avait jamais vu comme ça. Ce regard, ce visage, il ne pourrait pas l'oublier. Même durant les combats, il ne l'avait jamais vu ainsi.
Elle s'était endurçie, une forme de cruauté animale était apparue en elle. Comme une deuxième Apo qu'il ne connaissait pas.

Et pourtant ce regard si plein de détresse, si humain qu'elle lui avait lancé devant l'église de Montbrison.
Il se sentait coupable de ne pas y avoir répondu.

.....Nous nous sommes connues à Vendôme....

Ces quelques mots le ramenèrent dans l'instant présent.
Vendôme.....
C'était cette femme à qui Apo avait confié son fils qui venait de les prononcer. Il l'avait vu aussi au mariage d'Apo et Alayn.


Lui qui était si réservé se leva soudainement et son fils dans les bras s'approcha à son tour du cercueil.
Mais il resta le dos tourné à l'assemblé et murmura :
Tu te rappelles Apo, Vendôme....

Quelle belle aventure faite de combats, de souffrances, d'amitiés, tous ensemble, une poignée contre les belles armées du Roy....

Tu n'es plus là et tu vas nous manquer cruellement belle Apo....
Mais pour moi tu représenteras toujours la Vie avec ta spontanéité, tes rires, ta fraicheur, ton amitié indéfectible.


Gandelin l'écoutait, se demandant à qui il pouvait bien parler.
L'enfant posa un doigt sur la joue de son père. Une larme y coulait et le petit garçon était étonné.
Jazon appuya sa main sur le bois du cercueil. Un dernier contact si illusoire avec la sentinelle, la compagne d'aventure et de combat.

Et je sais que tout ça, tu en feras don de l'autre côté à tout ceux que tu vas retrouver.
Ola Apo ! au revoir.... à bientôt....
et vive la Vie !!!


Il se tourna enfin vers l'assemblée mais son regard se porta vers les portes de la chapelle cherchant Gypsie.
Ne la voyant pas, il décida d'aller voir comment elle allait et de lui confier Gandelin.
Il se devait de rester pour son amie et si jamais on avait encore besoin de lui.


Il passa par une allée latérale et sans bruit rejoignit la sortie.
Quand le père et le fils sortirent, Gandelin pointa son bras en direction de sa mère qui s'éloignait au bras d'un homme. Cette silhouette disait bien quelque chose à Jazon.
Il descendit les marches de la chapelle et posa Gandelin par terre.
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Jeu 23 Avr - 10:35

[Parvis]

Elle sait que ce masque de froideur qu’elle lui oppose le blesse. Pourtant, c’est sa façon à elle de le préserver.… Elle se sent coupable de tant de choses vis-à-vis de lui.

De ces humiliants moments chez elle, de la façon dont il est parti, toujours si égal à lui-même, affable et courtois. Doux. Comme un enfant. Si plein de sincérité qu’il parvient à l’émouvoir à chaque fois un peu plus.

Sa fièvre qu’il développa juste après, et l’infirmité qui en résulta et qu’elle vient juste de découvrir… Foutu sort qui s’acharne sur lui, si délicat… s’il n’était venu à Labrit, rien de tout cela ne ce serait passé ; et s’il était venu, c’est pour la voir…

Pourtant... en dépit de l’infinie tendresse qu’elle éprouve à son égard, elle préfèrerait qu’il la maudisse, la déteste… qu’il la chasse de son cœur et de sa mémoire…

Il n’a qu’à demander à la gazelle comment on peut, elle a très bien réussi apparemment à la rayer de sa vie, celle qui fut sa lumière dans le néant de son existence.

Sa gorge se serre alors qu’elle attend qu’il lui réponde.

Chacun d’entre eux enfoncé dans sa peine, comme deux enfants perdus et têtus. Et le croisement tant redouté, la seconde de relâchement alors qu’il force involontairement les barrières dressées, rien n’est changé finalement, ils se sont déjà tout dit il n’y a rien à rajouter.

S’ébrouant mentalement elle se recroqueville à l’intérieur d’elle-même refermant ainsi l’entrebâillement dans lequel elle l’a laissé involontairement s’immiscer.

Ses mots à lui résonnent délicatement à son oreille… La course, cette vieille histoire entre eux, comme une promesse faite dans l’espoir qu’elle ne soit jamais tenue, afin que ce lien ne se brise jamais. Si fragile…

Et quand il tourne les talons, fier de lui avoir cloué le bec en quelque sorte, elle répond :

De toute façon cette pauvre Marie-Caroline ne verra toujours que la croupe de mon Bagual…

Plaisanterie, demi-vérité chargée de sous-entendu ?

Sans s’attarder plus en ce lieu, elle monte en selle et s’éloigne à petit trot. Plus loin, alors qu’elle sera sortie du domaine, elle pourra enfin ôter ce masque et laisser ses yeux libres de pleurer. A ce moment là, sur la route, elle pleurera Apo, la roulotte, Neils et la gazelle.

Se vidant du mieux qu’elle pourra de cette douleur sourde qui lui étreint le cœur avant de rentrer chez elle, y retrouver enfin son compagnon, le seul qui ait le droit de la voir telle qu’elle est vraiment. Elle…
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Rick
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Ven 24 Avr - 8:57

Alors que Bettym se levait pour prendre la parole, Rick ne put s'empêcher d'avoir un pincement au coeur, lorsqu'il vit Gypsie se lever, la mine défaite. Vraisemblablement, ses craintes les plus folles au sujet de sa réaction face au testament étaient justifiées. Comment aurait-il pu en être autrement d'ailleurs ? La rectrice devait être blessée dans son amour-propre et avait dû voir ses rêves se briser, devant le cercueil de sa belle-fille. Et tout comme une précédente femme suivie d'un homme, elle était sortie. Une nouvelle fois, la chapelle avait été illuminée par le soleil qui était revenu. Cette lumière presque divine venait éclairer le cercueil, où reposait Apolonie. Cette lumière était un peu comme un appel d'Aristote pour que la défunte le rejoigne.
Le diacre avait écouté les confessions de Bettym, puis celles de Kory. Lorsque sa sœur, très émue, reprit sa place, Rick regarda l'assemblée pour voir si quelqu'un d'autre allait reprendre la parole. Marie-Alice, la tutrice de Gaspard et Jazon prirent à leur tour, la parole, évoquant tout à tour un autre souvenir partagé avec la défunte. Devant le chagrin inerte des paroissiens, il comprit que plus personne ne souhaitait partager sa peine et ses souvenirs avec les autres membres de la communauté. Il était donc temps de terminer la cérémonie et de dire adieu de manière définitive à leur sœur aristotélicienne, Apolonie.

Après ces paroles de quelques uns d‘entre vous, il est à présent temps de nous remémorer une dernière fois les actions de la vicomtesse d'Ambert.

Rick prit alors un parchemin sur lequel il avait noté différentes charges qu'elle avait pu occuper. Il espérait n’en avoir oublié aucune.

Indépendante est le meilleur qualificatif qu'on pouvait lui attribuer, sans nul doute. Directe et loyale surtout envers son duché, elle n’hésitait pas à dire ce qu’elle avait sur le cœur et cela parfois avec un langage cru, mais jamais vulgaire. Elle occupa plusieurs postes importants dans le duché. De diplomate à bourgmestre ou de conseillère municipale à conseillère ducale, elle venait de remporter les élections ducales avec son parti. Mais malgré le fait qu’elle soit tête de liste, elle n’obtint que le poste de prévôt.

Rick se devait, en mémoire de celle qu’il n’avait pas eu le temps de connaître vraiment, de dire ce qu’il pensait de toutes ces magouilles politiques. Cela n’avait pas été ni la première ni la dernière fois que cela se passait mais le jeune diacre trouvait vraiment cette manière de faire contraire à tous les préceptes des vertus aristotéliciennes. Et pourtant tous ses ducs et ses duchesses avaient été baptisés et s’étaient engagés à suivre les enseignements d’Aristote. Toutes les personnes le désirant étaient venues dire adieu à leur amie. Il était temps de la conduire dans sa dernière demeure. Le jeune homme fit signe aux six porteurs de venir récupérer le cercueil et le porter jusqu’au chariot de Patxi qui conduirait la défunte jusqu’au cimetière de Moulins où elle serait inhumée.

[Cimetière de Moulins]

Rick était monté à l'avant de la charrette mortuaire, en compagnie de Patxi. Le voyage avait été long et ce n'est qu'en fin d'après-midi qu'ils arrivèrent en vue du cimetière. Sur leur passage, les paysans croisés ôtaient leur couvre chef, en signe de respect, d'autres se signaient. Le cercueil fut porté jusqu'au trou qui allait accueillir la dernière demeure d'Apolonie. Des cordes furent passées autour du cercueil, afin de le descendre. Le diacre reprit alors la parole, pendant que la bière glissait lentement mais sûrement six pieds sous terre.

Nous allons maintenant confier à la terre le corps de notre soeur dans ce lieu où reposent déjà tant de proches, tant d'amis. Le moment est venu de lui dire "à Dieu".
C'est un moment de tristesse, mais il faut que l'espérance reste forte en nous. car nous espérons revoir Dame Apolonie quand Dieu nous réunira, dans la joie de son Royaume.
Recueillons-nous en pensant à tout ce que nous avons vécu avec elle, à ce qu'elle est pour nous, à ce qu'elle est pour Dieu.


Nouveau moment de silence pour permettre aux présents de se recueillir une dernière fois. Une fois le cercueil immobilisé et les cordes remontaient, Rick aspergea la boîte en bois où dormirait pour l'Eternité Apolonie, Dame d'Orval et de Riom, Vicomtesse d'Ambert.

Cette eau, souvenir de ton baptême, nous rappelle que Dieu a fait de toi son enfant. Qu'il te reçoive aujourd'hui dans sa Paix !

La cérémonie venait de s'achever et Rick laissa la place à ceux et celles qui désiraient jeter une poignée de terre, une fleur ou un souvenir, avant qu'elle ne disparaisse à jamais. Après avoir combattu pour cette terre et ce duché, elle la retrouvait désormais, en en faisait désormais partie intégrante, loin de son mari qui l'avait précédée dans la mort. A peine Gaspard était-il né qu'il se retrouvait sans père ni mère mais avec une famille de coeur, à laquelle Apolonie l'avait confié. Une fois les derniers hommages rendus par ses proches, le diacre demanda à Patxi de terminer l'enterrement. Puis, un à un, proches et moins proches quittèrent le cimetière de Moulins.

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legowen
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Ven 24 Avr - 11:40

[à la chapelle , avant la fin de la cérémonie ]


Credo récité,flottement un peu de l’assemblée et cette annonce , lecture du testament, quelques murmures, quelques regards surpris pour l’endroit choisi , et pour elle ce mot qui l’atteint , testament ,dernières volontés, passé et présent qui se chevauchent , une pensée de son amie sur l’avenir , sur le devenir des personnes qui lui sont chères, sur son intention de leur
laisser un peu d’elle par delà le temps, par delà la mort


La mort, c’est là que l’on prend toute sa mesure , que l’on réalise que non ce n’est pas un cauchemar, vingt ans seulement et un testament ,se rendre compte que malgré les sourires sous lesquels elle masquait son épuisement , malgré les mots qui se voulaient rassurants , elle avait pensé à cette éventualité et à assurer l’établissement de son fils, comme une
mère aimante pour son enfant ,elle avait pensé à eux , ses amis les larmes qu’elle était arrivé à retenir coulent , sans un bruit


une épée , sa première, celle forgée par Grid, quand les deux femmes s’étaient toutes les deux investies pour leur duché , et d’autres mots , souvenirs
une robe qu’elle avait faite pour sa marraine , de ce rouge garante qui
plairait à la future mariée, ce regard ému de son amie qui lui avait confirmé qu’elle ne s’était pas trompée



amie , le texte lu par leur officiant , Rick , en parle, de cette amitié vrai, recevoir et donner et c’est bien ce qu’elles ont fait



une invitation, le temps de se reprendre , laisse Bettym ,Korydwen, puis cette jeune femme qu’elle a déjà croisée , un inconnu aussi, Jazon parler
de la défunte puis s’avance à son tour s’approche du cercueil, pose légèrement une main sur le bois




j’ai fait la connaissance d’Apo à mon arrivée à Bourbon, je me souviendrai toujours de cette soirée en taverne , ma première soirée ,j’ai vu cette jeune fille brune s’avancer vers moi en souriant s’enquérir de mes besoins de jeune vagabonde, puis me conseiller
nous avons longuement parlé, notre amitié est née cette nuit là, et oui, nous étions toutes deux d’incorrigibles noctambules à cette époque
elle est devenue ma marraine de cœur , avant de l’être lors de mon baptême

elle était elle-même nouvelle puisque nous avions 15 jours d’écart mais elle s’investissait déjà pour aider les arrivants et je voudrais que l’on retienne ceci
sa disponibilité pour les autres , toujours un sourire, une main tendue pour le jeune qui se trouve un peu perdu , toujours un conseil, un encouragement



s’arrête un instant, un peu dans ses souvenirs et reprend




sa disponibilité pour les autres mais aussi pour notre duché, qu’elle adorait, et j’en veux pour preuve notre assemblée composée de personnes d’horizons bien différents , marquant le rayonnement qu’elle avait, ambassadrice du Bourbonnais Auvergne en plus
profond d’elle-même


ce duché qu’elle n’a pu quitter longtemps et pour lequel, elle est revenue , un souhait , celui de faire encore plus , pour qu’il resplendisse davantage


mais



laisse son regard parcourir l’assemblée

trop directe , trop combative , il paraitrait que ce ne sont pas des qualités pour porter un duché de milliers d’âmes ?
c’était oublier les qualités diplomatiques qu’elle avait aussi , en charge la formation des jeunes diplomates , aurait-on mis une personne agressive pour cette responsabilité ?


et j’en veux , je le confesse , à ceux qui n’ont pas su voir toute cette énergie qu’elle avait non pas pour elle , bien loin de ces préoccupations égoïstes, mais pour le BA

qui ne l’ont pas écouté plus tard , faute car rejaillissant sur sa vie , sa santé, une charge qu’elle a voulu assumer malgré tout pour le duché , car elle était ainsi , allant jusqu’à l’épuisement , bien mauvaise thérapie pour une future mère puisqu’elle n'a plus eu la force de lutter pour elle-même


je m’en veux aussi de ne pas l’avoir poussée à voyager de nouveau , de partir ensemble cette fois, mais, nous étions pleines d’idées , pleines d’allant pour le BA , discutant comme lors de ces longues soirées de notre jeunesse en taverne , elle ne m’aurait sans doute pas écoutée , m’aurait dit "après " mais j’aurais pu essayer et peut-être serait-elle encore là


cette Apolonie souriante qui était toujours présente pour les autres , sans compter , cet Apo combattante

et qui peut-être nous regarde, j’ai envie de lui dire , sois heureuse là haut , reposes toi loin de tout ça , dans la lumière du soleil , avec ceux t’ont précédée et qui doivent être ravis de ta venue

merci pour cette épée que tu me confies, elle sera bien employée , tu le sais

je voudrais finir par ces quelques rimes



Bien que les fleurs se fanent, flétrissent et meurent
leurs précieux parfums , toujours en nous,demeurent
Tout comme ces fleurs qui perdurent encore
ceux que nous aimons, jamais ne mourrons
car dans nos souvenirs , à jamais, demeureront
illuminant nos cœurs, tel une nouvelle aurore


au revoir , mon amie



caresse sur le bois et une filleule qui regagne sa place


( pas pu poster hier, problème de connexion, désolée )
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Alethea de Saint Yriex
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Sam 25 Avr - 0:33

Désormais Alethea n’entend plus rien. Le sermon, le testament, la lecture, les prises de parole… que ça se termine par pitié ! Elle lui a fait son adieu déjà… tous ces jours qu’elle a passé à tout régler, écrire, prévenir, organiser… elle a bien eu le temps de réaliser ce qu’il se passait non ? Elle a pleuré tout ce qu’elle avait et le reste dans les salons de Varennes. Elle n’y retournera plus.

Encore une fois la main de Legowen, douce, rassurante. Celle qu’elle avait prise pour entrer dans la chambre et parler à Apo une dernière fois. La première et la dernière comme disait leur marraine. Legowen, de quinze jours plus jeune, première filleule de l’azur et Théa, un an et quelques centimètres de moins, la dernière… Le dernière, jusque là, ça voulait juste dire la dernière en date et Thea donnerait tout pour qu’Apo puisse proposer son aide à une autre. Stase par exemple ou la jolie Amandine, elles auraient du choisir Apo au lieu de lui demander à elle. Théa leur aurait dit l’honneur que ça avait été pour elle. D’ailleurs, il faut qu’elle le leur dise… Doucement elle lâche la main et se lève en silence. Le regard de Rick l’accompagne alors qu’elle se place face à l’assemblée.

Apolonie était particulière….

Vous le savez. Chacun à croisé ici et en d’autres occasions, les regards des autres, ses autres proches, ceux que nous ne comprenons pas, ceux qui nous agacent ou nous font peur, ceux que nous pensons vils ou fades, inquiétants ou guindés, enragés ou sirupeux …

Je n’échappe pas à la règle…


Mais pour moi ce n’est pas ça la particularité d’Apolonie. Ca n’en est que la conséquence. On ne se retrouve pas ici parce qu’elle aurait collecté au cours d’un parcours insensé toutes sortes d’amitiés absurdes, sans discernement ni cohérence. Ni parce que sa douceur, sa vertu et sa compassion auraient fait une exquise unanimité. On en est très loin. Et pourtant, même si je n’ai partagé que ses derniers mois, je ne connais personne qui ait pris le temps de l’approcher et qui ne s’y soit attaché.
Le regard de la brune cherche Amandine, Cruzzi, Arthur les moulinois qui ont souvent été heurtés par leurs premiers échanges avec elle.

Je l’ai croisée à Moulins. Elle y revenait tout juste après sa convalescence à Labrit, candidate à la mairie à la suite d’un pari perdu. J’ai toujours pensé qu’elle m’avait prise comme tribun par erreur. J’étais la seule du village à m’y être installée après son retour, je n’y connaissais personne mais je l’ai trouvée… le regard se baisse et un léger sourire se dessine… « intéressante »… J’ai apprécié sa franchise, ça changeait, et malgré les avertissements que certains se croyaient obligés de me prodiguer, j’ai choisi d’accepter sa proposition. On a commencé à travailler, on a commencé à se respecter, à se lier. Elle était là, toujours, patiente, à répondre à mes milliers de questions. Je découvrais tout et chaque question en amenait une autre. C’était assez impressionnant, elle avait toujours la réponse juste. Celle qui expliquait sans assommer. Me laissant faire mon chemin jusqu’à la suivante et me regardant revenir avec un petit sourire amusé. Ce chemin je le lui dois, entièrement. C’est le mien, mais c’est grâce à elle. Elle a toujours soutenu mon parcours, elle a respecté mes choix, elle m’a même, parfois, obligée à les assumer. L’impétrante ferme les yeux un instant. Au cœur de toute cette tourmente elle a reçu une missive bien particulière qu’elle n’a pas pu honorer. L’Ordre lui a signifié son intégration. C’est avec Apo qu’elle aurait du s’en réjouir, Apo qui l’avait obligée à poser cette fichue candidature dont elle rêvait sans l’oser. Mais c’est pas le moment de s’effondrer encore. C’est pour elle qu’elle est là une dernière fois. Elle terminera ce qu’elle a à dire. Peu importe qui saisit.

C’est plus tard que j’ai compris qui elle était vraiment, profondément. Une première fois lorsqu’elle a vu les siens repartir et qu’elle a choisit son devoir. Il ne lui restait pourtant que quelques jours dans cette mairie et elle n’avait pas caché son intention de reprendre la route dès que possible. J’étais certaine, comme beaucoup, qu’elle se contenterait de prendre quelques dispositions et de filer. Je n’ai rien dit. Je n’ai pas essayé de la persuader de rester, assistant aux supplications et aux larmes de ceux qui voulaient la récupérer. Je me suis lourdement trompée. Elle est restée parce qu’elle s’était engagée, et elle est tombée sur les remparts de Moulins quelques jours plus tard parce que cet engagement n’avait rien de léger.

La seconde fois… à nouveau son regard cherche sa future filleule, petite Mandine à qui elle devait passer le poste de tribun plus tard… Il peut sembler plaisant d’être au-dessus de la mêlée. Etre de ceux qui savent. Petits Maîtres exhibant leur prétendue supériorité avec morgue, se regroupant en meute féroce pour effrayer le commun. A ce jeu les plus acharnés sont rarement les plus intéressants d’ailleurs. Ils tournent autour des chefs de meute justifiant leur existence par une appartenance dont ils ne mesurent même pas le sens. On en trouve partout, de toute sorte. Je ne parle pas là de camps mais de clan et ils sont de tous bords.

Apolonie n’en était pas !

La seconde fois c’était un soir d’automne, quelques habitants qui ne la connaissaient que de loin sont venus la voir, avant de quitter définitivement la ville, pour lui dire leur déception. J’ai voulu balayer ces reproches absurdes et injustes de quelques remarques bien senties les laissant à leur vaine agressivité. Mais elle m’en a empêchée. Ce soir là elle s’est expliquée avec eux encore et encore allant jusqu’à s’excuser. Et lorsqu’il sont partis, elle a répondu à l’un de ses amis qui ne comprenait pas pourquoi elle se donnait tant de mal pour des gens si inintéressants et surtout pourquoi elle était si triste de leur départ : Ils sont l’avenir de Moulins, je ne veux pas les perdre.

Et elle avait raison. Ils sont revenus. Ils sont Moulins à présent. Elle peut être fière d’eux. Elle … elle devrait être fière d’elle. Elle ne laissait jamais personne au bord de la route. Elle pensait que la vie est plus belle si on la partage, si le savoir est à tous, si on entraîne les autres dans son sillon au lieu de creuser la différence. Et pour ça elle ne faisait pas de distinction, elle ne cloisonnait pas les gens. Je l’ai vue s’opposer, s’emporter, se moquer mais jamais mépriser, jamais rejeter. Jamais faire sentir que rien n’était possible, que les cercles dans lesquels elle évoluait leur seraient définitivement fermés. Au contraire.

Apolonie avait le sens de la famille. Mais sa famille était ouverte. Elle était faite de ceux qui acceptent de partager, de tous ceux qui ne jugent pas et qui donnent sans compter, sans attendre qu’on vienne les supplier.

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Persan
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Sam 25 Avr - 0:46

Il entendit l'émotion de sa voix et vit que ses mains tremblaient mais n'insista pas. Si elle avait envie de se confier à lui, elle savait qu'il était là, comme toujours. Il lui sourit quand elle lui prit le bras et renonçant pour l'heure à retrouver Louise, il marcha avec Gypsie sans aucune destination précise.

Non, je ne connaissais pas cette Apolonie.

Il hésita à dire que vu l'état dans lequel son enterrement mettait les gens, il préférait ne pas l'avoir connue mais ne connaissant pas ses liens avec Gypsie, il s'en abstint.

J'étais dehors parce qu'il y avait trop de monde à l'intérieur et que je n'y avais pas ma place. Tu sais... moi et les églises... moins j'y passe du temps et mieux je m'en porte.

Ils continuaient de déambuler. Un instant, Persan crut apercevoir Jazon sur les marches du parvis, sans être certain.

Comment se portent les tiens ?
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Eikorc
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Sam 25 Avr - 1:46

[Loin, très loin, en Anjou…]





Les jours ont filé sans qu’il ne s’en rende vraiment
compte… Et ce jour, alors qu’enfin il se retrouve dans sa demeure, qu’il ferme
la dernière porte qui le sépare de ses captifs, il avance pas à pas, traînant
les pieds… Le sommeil se fait sentir, depuis des jours il n’a pas pu fermer les
paupières pour se laisser aller. Nuque douloureuse qui se fait sentir,
grondement qui monte dans la gorge du colosse qui peu à peu trouve son bureau,
contourne le meuble massif et se laisse lourdement tomber dans le fauteuil qui
grince sous son poids…





Les bottes s’envolent et tombent bruyamment sur le bois du
meuble alors que le regard se posent sur sa main blessée qui tout à coup se met
à l’élancer au même rythme que son cœur ne bat… Les yeux se plissent alors qu’il
laisse la douleur glisser dans son corps. Sourire qui vient se nicher au coin
de ses lèvres alors qu’il détaille la plaie maintenant béante et à peine
cicatrisée qui traverse sa paume…





Nouvelle vague de douleur qui traverse sa nuque, vrillant
son échine et son cerveau, l’obligeant à fermer les paupières tandis que son
esprit et ses pensées se font arracher et emmener ailleurs… Loin… Très loin de
là où il se trouve… Il a reçu ce courrier qui parlait de la cérémonie d’enterrement
de son autre.. Mais il n’y a pas répondu.





Non pas parce qu’il ne pense pas à elle, mais parce qu’il ne
veut plus mettre les pieds dans une chapelle, ou dans une église… Parce que le
Diable ne s’abaisse pas à aller s’amuser dans la maison du Très-Haut… Tout
comme la montagne de muscles n’aurait pas supporté de voir tout ces gens ivre
de tristesse face à la mort de son Apo… Même ceux qui ne pouvaient pas la
supporter. Il le sait, il l’a déjà vu, une fois mort, on devient adulé et aimé
comme jamais…





Le nez se plisse alors que les sourcils se froncent, la
douleur est plus vive, lui rappelant encore qu’il est présent dans ce monde… Il
grogne, pour lui-même… Le colosse secoue lentement la tête alors qu’il se
demande pourquoi il ne s’est pas laissé aller en Périgord, pourquoi avoir
combattu de toutes ses forces les douleurs et repoussé la muerte qui était
venue le chercher… Il aurait dû, peut-être serait-il mieux là-bas, dans le
royaume qu’il s’est approprié…





Et elle ? Son âme-sœur ? Serait-elle avec lui ou
loin, dans l’autre royaume ? Celui où jamais il ne pourra mettre les pieds
à cause de ses méfaits, mais l’aurait-il voulu de toute manière ? L’aperçu
des enfers lui a plu… Sourire qui s’élargit sur ses lèvres alors que le visage
de son âme-sœur vient voleter devant ses paupières…





Le de Nerra redessine chaque traits, l’un après l’autre,
faisant réapparaitre devant lui la femme qu’il a aimé plus que tout, d’une
manière que personne, pas même lui, aurait pu imaginer… Carcasse devenue vide
alors qu’elle a disparu, alors qu’elle a rejoint un autre monde… Il n’est plus
qu’un corps, un esprit, une coquille vide…





Soupire qui lui échappe alors qu’il songe à nouveau ce qui
aurait dû être, ce qui aurait pu se faire… Elle et lui, elle est lui… Ensemble,
un tout, au sommet, à la tête d’un duché… Elle pour la politique, la diplomatie
et l’image. Lui à l’armée, la stratégie et les affaires discrètes… Oui, ça
aurait été bien… Longue inspiration alors qu’il secoue la tête pour chercher à
reprendre ses esprits, sa main blessée venant passer sur son visage alors qu’il
chasse la douleur…





Pourquoi ne l’a-t-il pas empêché d’épouser cet auvergnat ?
Pourquoi ne lui a-t-il pas dit vraiment ce qu’il ressentait pour elle ?
Pourquoi…





Apo la guerrière, la directe, la combattante…


Lonie la diplomate, la franche, la douceur…


Apolonie de Nerra, sa sœur, son autre…


Son tout…





La jeune femme qui arrivait à le faire sourire ne serait-ce
que sa présence, celle dont il connaissait les facettes presque par cœur car
possédant les mêmes… Opposés et pourtant si semblables, chacun son côté, chacun
la face d’une même chose… Chose brisée dont il n’est plus que le seul représentant…
Encore que…


La face angélique a disparu, happée, volée, explosée… Au
moment même où un nouvel ange s’envolait, laissant sur terre un colosse devenu
pâle reflet de ce qu’il était, faisant simplement naître un diable en retour… L’envoyant
dans une spirale de folie et de douleur…





Pourquoi mon Apo ? Pourquoi t’es-tu enfuie avec ce qu’il
me restait de cœur… ?





Colosse qui se laisse partir en arrière, laissant retomber
sa tête en arrière alors que derrière ses paupières fermées les azurs brûlent,
plus aucunes larmes ne cherchant à faire son passage, le flot tari depuis trop
longtemps… Le sort semble s’acharner sur
les mêmes…
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MarieAlice
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 26 Avr - 4:37

[Cimetière de Moulins]

Cérémonie terminée, sentiments mêlés mais de toute façon, nul choix ce jour. Qu'on le veuille ou pas elle était partie et rien ne pourrait la faire revenir. C'était cela le plus difficile à avaler. Les lourdes portes de bois ne s'ouvriraient pas sur sa frimousse et ses grands yeux.

Elle n'avait point prêté attention au voyage, perdue dans ses pensées, laissant se dérouler le paysage sous ses yeux sans que rien ne vint accrocher son regard.

Silencieuse, elle observa le cercueil descendre dans la terre, écoutant à peine les mots prononcés.

Marie finit par se rapprocher et lancer une poignée de miettes sur le couvercle. Rien de bien précieux mais c'était pourtant un souvenir. Elle recula de quelques pas pour laisser la place, il lui fallait rencontrer certaines personnes pour organiser l'avenir de Gaspard. Une vie éclose pour une éteinte.
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namaycush
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 26 Avr - 6:57

[Ensevelissons ....]

La messe était dite, de loin il avait suivi le cortège funèbre....jusqu'à Moulins. Moulins, sa place du marché, sa mairie, son cimetière....siège du jour des Apoloniens...nettement moins nombreux qu'en chapelle....

Avant de s'approcher de la fosse, il a pris soin de mettre son ceinturon à l'heure, de reboutonner sa vareuse.....toujours aussi seul, seul non, solitaire, comme quoi les amis de ses amis ne sont pas toujours ses amis......prend une poignée de terre qu'il laisse filtrer... entre ses doigts....clôturant ainsi le chapitre Apolonie de son existence ...

Se retire au côté de Marie Alice, dernier recueillement.....
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MarieAlice
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 26 Avr - 8:12

Tiens l'homme qu'elle avait reconnu venait se planter près d'elle. Etait-ce bien le moment pour se renseigner pour Gaspard?

Un discret soupir tandis que les noisettes se plantaient sur les gens qui venaient s'incliner. Après ils partiraient tous et où pourrait-elle les trouver? Déjà qu'elle était loin de les connaitre, sans parler même de leur nom d'ailleurs. Froncement de nez comme chaque fois que la Vicomtesse était perplexe.

Bon après tout, autant commencer, au pire il ne voudrait pas.

Toussotement, éclaircissement de voix tout autant que tentative d'attirer discrètement son attention.


Puis-je vous demander un service? Vu qu'elle m'a confié son fils, pensez-vous qu'il serait possible de me parler d'elle, du moins de la façon dont vous la connaissiez. Ou bien de me l'écrire. C'est pour qu'il sache qui elle était et pas que ma version.

Alors qu'elle était morte il lui fallait penser au vivant.
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amandine0287
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 26 Avr - 9:34

[Derniers instants dans la chapelle]


La messe commencée, la petite chapelle se remplissait à vu d’œil, beaucoup des têtes inconnues, peu de Moulinois… La moulinoise en restait un peu confuse, elle qui en avait été maire pourtant.

Rick menait parfaitement ce dernier hommage et recueillement à la libertad. Le credo murmuré dans la chapelle résonne tel un chœur… Lecture du testament, on pouvait presque entendre des grincements de dents , puis le bruit d’une chaise, un départ du lieu saint… Réactions en somme. Elle, non. Contente même que Théa ait ses dagues elle en fera bon usage et sourire pour le sac de miettes offert à son parrain de tavernier forgeron. Le reste… son enfant…un fils paraît il… confié à une inconnue. Qu’importe… « Pauv’ gosse » pense t-elle. Même avant sa naissance, à la mère elle le lui avait dit.

On invita les personnes à venir parler d’elle, les souvenirs qu’elles en avaient…

Ca se succèdait, tous reconnaissant sa double personnalité tantôt l’Apo tantôt l’Apolonie, la mietteuse…

Elle écouta, Rick, une future mère d’adoption, une brune, puis Alethea l’autre filleule. Peut-être du fait qu’elles se connaissent, qu’elles ont partagé plus d’anecdotes communes avec la défunte, son attention se fait plus présence dans les mots d’ale. Regards qui se croisèrent durant son éloge et sourire esquissé en réponse.



Soudain comme venu de nul part, elle se rappella… ce que disait la « licorneuse » un épisode complètement oublié… encore un regard qui, cette fois, lui fit baisser la tête. Arf, elle aurait préféré ne pas se rappeler… Sourcils froncés face à cette réminiscence. Des noms d’oiseaux. Voilà, à quoi elle pensait. Idée folle de quitter Moulins pour les beaux yeux d’un crétin fini !

Ce soir là, des cris en taverne pour des stupidités, résultat d’une altercation en halle. Coup d’œil furtif à Arthur qui s’était à l’époque rangé de son coté.

Pour finir, elle est restée, et bien que la personne concernée ne le sache pas c’est grâce en partie au tribun de l’époque qui a su lui parler. Enfin bref, les excuses d’Apo elle s’en souvient, vaguement ; mais s’en souvient. Ne jamais l’avoir compris voilà ce qu’elle regrette, jamais n’avoir su sur quel pied danser avec elle. Croisée en taverne elle préférait le silence pour observer, occupée à trouver qui était là... l’Apo ou l’autre ?



Bien évidemment elle ne prit pas la parole, elle soutenait Ale et à contre cœur Arthur mais parler d’elle se serait résumé à…

« Je la connaissais en tant que maire, la première fois qu’elle m’a parlé c’était pour que je lui vende des pelotes… » Mouarf ridicule des banalités, leurs échanges! Par ce qu’elle a entendu des autres, l’impression qui lui est parvenue c’est « mais on parle de qui là ??? » Alors non, elle ne la pas connue personnellement. Et maintenant… c’est trop tard.



Le cercueil quitta le domaine pour sa dernière demeure le cimetière de Moulins, là où elle avait choisi de reposer. Toujours la main dans celle de son futur qui lui, l’avait mieux connue de par son travail à la prévôté… Ils quitèrent le domaine, retour pour Moulins donc…
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namaycush
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 27 Avr - 14:17

Toux brève et élégante....façon discrète de femme d'appeler....

Lentement, détourne le regard, flamme à la renarde étincelant les émeraudes....qui s'accrochent dans les noisettes....

Un service ?....sourit à la carnasse....

Oh ce n'est point un service, mais ...un droit voire un devoir de mémoire bien légitime pour le petit apolonien....

le regard flotte....l'esprit cherche un résumé concis....


Je l'ai connue c'était la guerre en Gascogne, chacun dans son camp, mais elle mue par une volonté et une conviction inébranlable...puis du temps a passé...et je citerai en fait les paroles d'un courrier qu'elle m'avait adressé pour l'obtention de sa grâce ducale que j'avais demandée.... dans lequel elle avait exprimé ses sincères remords pour les choix qu'elle avait faits avant entraînée par son compagnon de l'époque....donc que puis-je dire ..femme de conviction, entière mais aussi capable de discernement et qui a su reconnaître ses choix et ses torts tout en les assumant néanmoins...

Réflexion ...il reprend son souffle...

Femme de confiance aussi...elle avait la mienne complète...elle savait parfois plus que mon duc ce qu'allaient faire les armées gasconnes....et...j'avais la sienne.

Femme d'autorité ...une des seules à pouvoir me ..gronder...
riez pas c'est vrai !

Voilà si on peut résumer sa personne .....

la regarde

N'hésitez pas s'il vous fallait autre chose pour votre recherche....on me trouve aisément quand ....on me cherche....

Etrange la vie ....ils papotaient tranquillement, réunis par un destin brisé, alors qu'en ce moment même les ordres royaux le traquaient...
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   

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Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457
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