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 Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457

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Willen
Fantôme Marigny
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Sam 18 Avr - 12:21

Du haut des nuages les plus élevés, du sommet des montagnes les plus pointues, du fonds des océans les plus abyssaux... une clameur incroyable s'élevait. Chevauchant les vents, survolant les tempêtes, traversant les plaines, ébranlant les forêts, jaillissant des mers et des rivières, tous finirent par apprendre la nouvelle.

Apolonie était enfin morte et Willen exultait.

Le registre des décédés était très clair : le décès serait définitif. Le fantôme du vicomte avait même demandé aux fonctionnaires paradisiaques une procédure d'approfondissement, histoire de ne pas se retrouver avec un semi-cadavre qui se réveillerait au premier médecin venu. Au diable les médecins ! A retarder ainsi l'œuvre de cette vieille fripouille d'Aristote on privait les oisifs du Ciel de nouveaux compagnons. L'intérêt de ceux-ci restait relatif, cependant : les résidents connaissaient tout des Mortels puisqu'ils passaient une bonne partie de leur éternité à les observer, à prendre des notes sur leur comportement et à parier sur leurs prochaines actions.

Mouhahaha. La réception du Paradis - n'oubliez pas de rendre les clés si vous sortez - était également formelle : la dénommée Apolonie, débarrassée de ses titres à rallonge, pourrait rejoindre les méritants de ce monde et des autres. Des mois de pillage et de tueries s'étaient mal terminés et Willen lui avait signifié l'impossibilité de lui tenir compagnie là-haut parmi les nuages. Puis elle avait suivi son conseil, consciemment ou non : un sage retour en Bourbonnais-Auvergne, un engagement raisonné en politique, une défaite électorale non suivie d'un bain de sang, et même un mariage avec un membre respectable de la noblesse royaliste. Ah, ce cher Alayn... l'épouser n'était pas une marque de respectabilité pour l'ancien Mestre de camp, loin de là : plutôt une marque d'aveuglement. D'ailleurs, il était celui des deux vicomtes qui avait survécu le moins longtemps...
Tué par l'alcool. C'était d'un ridicule... au moins ils ne le croiseraient pas avant un bon bout de temps : au purgatoire les morts stupides ! Loin des yeux, loin du cœur, on verrait bien si l'âme du rejeton Viverols brûlerait aussi ardemment après quelques millénaires d'attente dans le vide intersidéral en compagnie de fats en tout genre.

Restait un autre rejeton, bien vivant celui-là. Le fils d'Apolonie, oui, le doute n'était pas permis à ce sujet. Celui d'un vicomte qui pourrait difficilement être d'Escorailles... de qui le petit sang-mêlé tiendrait-il ? De la fureur naïve de la mère, ou du conservatisme raisonnable du père ? D'aucun des deux peut-être, si une autre éducation se proposait à l'enfant, deux fois orphelin.
Quel qu'était le futur, Willen avait pour tâche de s'occuper du présent. A savoir : aider la nouvelle arrivante à trouver son chemin, de préférence à ses bras et avec le sourire. Après tout, sa tendre n'avait pas réellement changé depuis son départ. Il comprenait son évolution et avait fini par l'apprécier, comme un amateur de farine découvre une belle miche de pain dorée et en goûte la nouvelle saveur...

~~~~~~~

Sur un nuage blanc, quelque part au milieu de l'improbable, un spectre prit son envol et se laissa tomber, tomber, tomber... passa devant les clochers de la grande ville de Clermont, virevolta une dernière fois et s'arrêta sur le toit d'une petite chapelle au nom peu orthodoxe, ou même aristotélicien. Si les pigeons qui y étaient stationnés le remarquèrent, ils n'en dirent pas un mot, tout occupés à fienter et froufrouter qu'ils étaient.
Nom de Dieu, quelle idée de choisir une chapelle là où il faudrait une cathédrale. Pestant pour lui seul, certain de ne pas être entendu des vivants qui ne voulaient rien entendre de toute façon, Willen attendait l'arrivée du cercueil. Non pas pour s'extasier devant un cadavre qui ne devait plus être très frais - merci Aristote pour ton don de putréfaction - mais pour respecter les convenances. On ne se signale pas avant le début de la cérémonie officielle, même si c'est pour guider une âme vers l'au-delà.
Encore quelques minutes... son regard d'un blanc profond, à défaut de rencontrer l'azur désiré, parcourait les grains de sable sur la route et les fleurs des champs. Un monde et le Paradis, dira-t-on...

Enfin, il arrivait ! Un joli cercueil de bois, agréable à la vue. Parce qu'au toucher...
L'excentrique ectoplasme se laissa glisser entre les pierres de l'édifice pour mieux flotter dans un coin, admirant l'adresse des maçons qui avaient fait du beau travail. Avec un saint patron comme celui-ci, ils avaient dû mettre du cœur à l'ouvrage, à n'en pas douter.
Bon sang, c'était fou ce que les gens aimaient se tasser au sol. Pourquoi ne profitaient-ils pas eux aussi de l'entièreté du volume de la chapelle ? Tout cela était d'un ridicule...
Bon bon bon. Il fallait encore le temps que l'autre décédée se manifeste. Qui reconnaissait-il dans cette belle assemblée ? Certains des Marigny, pour sûr, qui venaient toujours par quatre ou cinq d'ailleurs. Des Moulinois. Des Bourbonnais et des Auvergnats connus de réputation seulement. Des étrangers croisés au détour d'un couloir de la caserne ou des locaux de la puissante Alliance du centre. Tous les autres... des inconnus bizarres et/ou intéressants. Bah. Il finirait par connaître la plupart, après quelques siècles passés à la même taverne là-haut, autour d'une bière céleste. Mmm, comment ça le jeu part en sucette ?

Il y avait aussi le gosse. Gaspard, c'était cela ? Il paraissait déjà grand pour son âge : nul doute qu'à quelques mois on lui donnerait plusieurs années. Dans tous les cas, c'était encore un paquet de chair molle bavant et babillant. Sans intérêt particulier, donc.

Un léger frémissement de l'air, un rire reconnaissable entre tous : elle. Délicate plume posée sur le bois, à gauche. Willen s'en approcha doucement, craignant qu'elle ne s'envole sans lui. Quatorze mois, c'était finalement si peu... sourire fantomatique.

"Juste un moment ? Je vous offre l'éternité, si vous le voulez..."
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Neils
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Sam 18 Avr - 19:27

CLAQUE !!!

Jamais retour sur terre ne fût aussi brutal ! Cette gifle bien sentie recentre immédiatement les yeux de l’écuyer dans leurs orbites coupant net la folie montante…Neils est choqué ! Outré ! Cym…le malmener de la sorte ! Dans une chapelle ! Quelle humiliation !

Sortir ! Vite ! Neils n’en peut plus de cette atmosphère oppressante, il se baisse, attrape sa béquille, se redresse et lève la tête au ciel pour prononcer à voix basse :

Adieu Apo…bonne route…

L’écuyer se lève, refoule en bloc l’entier de ses émotions, cale sa béquille sous l’aisselle, jette un œil sombre à la rose restée au sol et se dit à lui-même… « Là où va la Grande dame, elle n’en aura pas b’soin… »

Neils remonte l’allée en direction de la porte, le son mat de sa canne est couvert par les ânonnements de l’assistance, il distingue la silhouette de Cym tapie dans l’ombre, passe près d’elle sans ralentir. Sans un regard, sans un mot. D’un coup de canne presque rageur, il pousse le battant de porte et sort.

Sur le parvis, personne de semble étonné de voir déambuler un infirme. Neils erre de si de là et fini par trouver assise sur un muret jouxtant la chapelle.

Fichue vie…
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Patrocle34
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 19 Avr - 1:02

Patrocle tout à sa prière ne se rendit pas compte que le monde arrivait et le cercueil aussi.

Il se réveilla de sa torpeur au son de quelques voix qu'il reconnaissait.

Ecoutant attentivement son confrère, il récita le crédo à l'unisson.


Je crois en Dieu, le Très haut tout puissant
Créateur du Ciel et de la Terre
Des enfers et du Paradis
Juge de notre âme à l'heure de notre mort.

Et en Aristote son prophète
Le fils de Nicomaque et de Phaetis
Envoyé sur Terre pour enseigner la sagesse
Et les lois divines de l'Univers aux hommes égarés.

Je crois aussi en Christos
Né de Maria et de Giosep
Il a voué sa vie à nous montrer le chemin du Paradis
C'est ainsi qu'après avoir souffert sous Ponce
Il est mort dans le martyr pour nous sauver
Il a rejoint le Soleil, où l'attendait Aristote à la droite du Très-Haut

Je crois en l'action divine
Je crois en la Sainte Eglise aristotélicienne Romaine, une et indivisible
En la communion des saints
En la rémission des pêchés
En la vie éternelle

Amen.
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Laure d'orsenac
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 19 Avr - 1:12

Elle l’aperçut enfin dans l’antre des portes ouvertes sur l’extérieur…Ce grand brun qui faisait chavirer moult cœurs et esprits… Le vit pénétrer à son tour dans cette petite chapelle du domaine de Cournon… Il avait donc entreprit un long voyage par delà nos frontières pour lui aussi accorder un dernier hommage à Apolonie… Instinctivement, elle se leva, un léger sourire de non-circonstance sur les lèvres rosées, sentir son odeur, pouvoir le voir, permettre de le toucher… Il n’en sera rien… Alors qu’elle est là debout, à quelques mètres de lui, ses yeux absorbant ses moindres gestes… Il continue de marcher le regard figé sur une personne plus au centre de l’édifice… Le cœur en prend encore un coup… Ne l’a t’il pas vu ou alors a t’il fait en sorte de ne pas croiser son regard… Une double peine voit alors le jour… Encore un échec… Les yeux emplis de larmes qui se lèvent vers le plafond… et une seule phrase qui lui vint plusieurs fois en tête… Chienne de vie… Chienne de vie… Chienne de… Et voilà que les perles salées ruissellent de nouveau le long de ce visage meurtri… Avouer au monde ce qu’elle ressent, être serti non pas de pierres précieuses mais de tourments… Aimer un homme… Etre mariée à un autre… Etre si seule et pourtant si entourée… Porter un enfant qui se veut d’être le lien continu d’un amour sans ombre… L’envie d’en porter un autre… D’un autre… Ses pensées sombres qui ne trouvent pas d’éclaircie…

Les lèvres se pincent pour ne pas craquer… pas ici… plus tard quand elle sera de retour au tribunal seule… là elle aura le loisir d’hurler sa hargne, crier sa haine, pleurer sa vie… Et une question à méditer qui elle aussi se veut menaçante, torturante, et qui ne trouvera sans doute jamais réponse claire et objective… Cette remise en question de sa vie, de ses choix…

Les yeux se referment, et le corps lourd d’une troisième grossesse retrouve place sur un banc de bois froid, quand l’officiant invite à la récitation du Credo… Laure en bonne aristotélicienne se plie aux volontés et accomplie elle aussi son devoir… Avec une voix bafouée, blessée et sanglotante…

Je crois en Dieu, le Très haut tout puissant
[b]Créateur du Ciel et de la Terre

Des enfers et du Paradis
Juge de notre âme à l'heure de notre mort.

Et en Aristote son prophète
Le fils de Nicomaque et de Phaetis
Envoyé sur Terre pour enseigner la sagesse
Et les lois divines de l'Univers aux hommes égarés.


Reniflement de nez disgracieux mais silencieux, la main droite qui se pose en dessous, recouvert d’un fin linge de soie verte… Puis l’achèvement de la torture…

Je crois aussi en Christos

Né de Maria et de Giosep
Il a voué sa vie à nous montrer le chemin du Paradis
C'est ainsi qu'après avoir souffert sous Ponce
Il est mort dans le martyr pour nous sauver
Il a rejoint le Soleil, où l'attendait Aristote à la droite du Très-Haut

Je crois en l'action divine
Je crois en la Sainte Eglise aristotélicienne Romaine, une et indivisible
En la communion des saints


Puis une pause, une promesse qu’elle veut se faire, qu’elle se doit de faire ici afin que le Très Haut lui en soit témoin pour les jours, les semaines, les mois, les années qu’il lui sera permise de rester sur terre pour accomplir ses choix et envies…

Pardon d’avoir ainsi bafoué par la pensée et non la chaire les liens sacrés du mariage, Pardon d’avoir aussi souvent pêché en pensant ne pas le payer un jour, Pardon de n’être pas aussi forte que je me devrais de l’être… Pardon… Pardon d’avoir fait ces choix jadis… Pardon de ne plus les assumer… Je jure à compter de ce jour, de rester fidèle à ce que je suis, d’assumer mes erreurs pour en devenir plus forte, Je jure que jamais plus je n’accepterais de porter un enfant issu d’un amour affaibli… Je jure de rester sienne pour les siècles des siècles puisse cela briser mon mariage… J’en fais la promesse à cette heure… Je suis et resterais Laure d’Orsenac quelque peu affaiblie par la seule faute que d’aimer par delà la raison et la mesure… Mais jamais au grand jamais je ne serais une femme soumise de par ses gestes, ses paroles et ses pensées… Je jure aller jusqu’au bout des choses que je convoite… Que jamais je faillirais à mes devoirs et mon honneur… Puisses tu m’en être témoin et mon guide Seigneur…

Les larmes ont disparues telles une marée asséchée par l’été … Elle termine de réciter le Credo morcelé par ses pensées tant de fois souhaitées…


En la rémission des pêchés

En la vie éternelle



Amen.


Le regard flottant, soulagé d’avoir accompli une promesse qu’elle se doit de tenir… Elle le fixe n’attendant qu’une chose qu’il se retourne enfin… Puis sa vue se pose sur le cercueil fermé ou repose Apo… La vie d’un coté et la mort de l’autre… l’un siégeant fièrement aux cotés de l’autre… Et encore une pensée… Un son… Une écoute attentive qui murmure…

Tu n’es hélas pas au bout de tes peines, et ton chemin sera parsemé d’embûches, prend soin de ceux que tu aimes tant qu’il est encore tant n’attend pas un jour comme celui-ci ou tu seras le personnage principal…

Toussotement et voilà que la juge se renfonce, croisant les jambes en dessous de son épaisse robe, les mains suivant le geste… Et ces mots qui résonnent encore…

Je te Jure de rester ainsi fidéle et d'aimer plus ma terre que ses deux hommes la peuplant…
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Ysandre de Mistra
Voyageur(euse) feutré(e)
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 19 Avr - 2:35

La funeste missive était parvenue à Chantôme quelques temps auparavant et dès lors que la duchesse l'eût prise en main, elle ne remarqua que le noir qui bordait le parchemin, saisissant sur le champ son désolant contenu.
Il lui fallut tout de même un bon moment avant de se déciderà la décacheter, le visage fermé et l'esprit, à l'avance réduit à quia.
La lettre glissa lentement entre ses doigts lilials alors que le nom de son amie s'imposa à sa vue..

Apolonie.
Apolonie!
L'Apo d'autrefois, si douce et effacée, l'Apo du passé s'imposait à son esprit, colombine et nu-pieds.

Ysandre ressentit un vif émeuvement qui la laissa choir sur le carreau alors qu'elle réalisait enfin la portée de cette inacceptable nouvelle.
Sanguienne..
Elles ne s'étaient pas revues depuis ce grandiose mariage pour lequel elle lui avait fait l'honneur de lui mander d'être son témoin..
Mariée..Et maintenant..Morte.
En quel dessein le Très Haut avait-il décidé de lui arracher si tôt la vie?
Par quel sortilège l'avait-on estrancinée si tôt des siens?

Les ordres fusèrent.
La duchesse fit préparer son équipage au plus vite et, accompagnée de ses deux fidèles donnés, elle mandat au cocher de mâcher les brides et de la mener au plus tôt auprès de la dépouille de son amie, afin de lui rendre un dernier hommage.
Ils chevauchèrent par pechs et par vaux des heures durant, cois, la mine déconfite et le pensement tourné vers la belle défunte sans que rien ne vinsse troubler leurs méditations.
Ventraucou tenta bien de détourner l'attention de sa maitresse en lui évoquant l'estrapade du dernier tire-laine qu'elle avait fait engeôlé mais un seul regard de la duchesse tant empreint de tristesse que du courroux d'être ainsi dérangée en son mutisme suffit à lui clore le bec.


Menée front à l'église où reposait le corps aimé, Ysandre pénétra en ces lieux le visage fermé et s'avança parmi ces personnes pour la plupart inconnues.
A la parfin elle aperçu, non sans mal, la lumineuse crinière de sa tendre Johanara et s'en approcha silencieusement, saisissant sa main sans mot dire et , près d'elle se recueillit profondément, assouagée un peu par le chaud et rassurant contact de la belle baronne.
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lanfeust86
Convive un peu moins timide
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 19 Avr - 4:38

Le procureur s'assoit donc à côté de Laure et ne peut qu'acquiéser à ses propos. C'est Rick qui officiait, il l'écouta tout en se demandant s'il avait vraiment sa place ici.

Lanfeust répéta pour lui même les paroles de la confession, oui il devait se confesser, il n'avait pas tenu des propos amicaux avec Apolonie mais plutôt des propos durs, les circonstances ont fait que c'est arrivé. D'autres personnes entraient, la chapelle était pleine et il ne connaissait pas grand monde.

C'était maintenant le credo qu'il fallait répéter, il l'enchaîna comme les autres le connaisant par coeur :



Je crois en Dieu, le Très haut tout puissant
Créateur du Ciel et de la Terre
Des enfers et du Paradis
Juge de notre âme à l'heure de notre mort.

Et en Aristote son prophète
Le fils de Nicomaque et de Phaetis
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C'est ainsi qu'après avoir souffert sous Ponce
Il est mort dans le martyr pour nous sauver
Il a rejoint le Soleil, où l'attendait Aristote à la droite du Très-Haut

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En la communion des saints
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En la vie éternelle

Amen.
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Persan
Voyageur(euse) qui pose ses bagages
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Localisation : Bourgogne

MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 19 Avr - 5:25

Persan fut étonné de revoir sortir Neils si tôt de l'édifice religieux. Il fronça les sourcils, essayant de suivre la trajectoire erratique de son écuyer. Il le vit s'assoir sur un muret. Il hésita un instant puis héla un roturier qui passait dans le coin.

Eh vous ! Gardez moi la petite ! S'il lui arrive la moindre chose, je vous fais écarteler ! Clair ?

L'homme, étonné, acquiesça sans oser mot dire. Persan s'éloigna avant de lancer par dessus son épaule.

Et pas de bière pour elle !

Ces utiles précautions prises, il s'avança vers Neils et s'arrêta en face de lui, le surplombant de sa hauteur.

Quelque chose ne va pas ?

Sa voix s'était radoucie et l'inquiétude avait fait de nouveau froncer ses sourcils au-dessus de son regard sombre.
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Hijikata
Voyageur(euse) feutré(e)
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 19 Avr - 8:02

[ Avant la ceremonie... ]


Il était l'doc... attendant qu'on vienne vers lui... du monde... il y en avait... l'était connu Apo... il cherchait... qui appeler... ne pas se tromper... peut etre pas vraiment le moment de se faire remarquer... que decider... chopper le premier qui passe et demander... ou attendre qu'on vienne le voir pour lui demander ce qu'il glande en ces lieux... c'est la deuxieme solution qui fut adoptée... attendre... mine tendue... l'était la pour porter le morceau de bois fourré a L'Apolonie... il regardait le sol... mettant un leger coup de pied dans un gravier... lorsqu'on s'adressa a lui... il releva la tete... forcement le sourire n'était pas au rendez vous...

B'jour... j'suis Hijikata...

La bonne personne était venu a lui... c'était la fameuse fillote... celle qui était encensée par Apolonie... l'aurait aimé la rencontrer dans d'autres circonstances... m'enfin bon... l'a pas trop le choix... il l'ecouta attentivement... hochant la tete afin de signaler sa bonne comprehension... il devait aller au presbytere... transformé pour l'occasion en salle mortuaire... au moins... ça faisait de l'animation dans ce lieu... tenter de voir les avantages... saluer comme il se doit la d'moiselle... se diriger vers ce lieu... a priori il manquait quelqu'un... pas pour tres longtemps... un dernier arriva... en ce lieu était rassemblé les personnes... qui de part leurs statues ou l'appartenance representaient la vie de la defunte...

Sans un mot ils souleverent le cercueil... et traversa l'allée... rentrant dans l'eglise... il y a avait enormement de gens... pas étonnant... l'Doc baissait la tete... qu'était-ce ce poids sur son épaule par rapport a la mort de cette personne si precieuse pour tant de gens... rien... il deposa lentement avec les autres porteurs la derniere demeure d'Apo... un coup d'oeil... pas une parole... meme s'il l'avait voulu... il n'aurait pu... il s'ecarta... toujours les yeux au sol... le poids de la culpabilité sur lui... de n'avoir pu etre la pour sa patiente... pour son amie... il prit une contre allée... sans regarder la salle... allant jusqu'au fond de la petite chapelle remplie... et se posa... lentement... ecoutant la ceremonie... le dernier hommage a la fille qui pour ses vingts ans avait eu comme cadeau une ville...
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Beths
Dame
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 19 Avr - 10:09

Jour de la cérémonie

Attendant donc à proximité de la
Chapelle, ne trouvant pas le courage d'entrer une nouvelle
fois le presbytère, la jeune femme observa les visages des personnes qui
arrivaient progressivement.
visage austères, visages fermés, tristes. Qu'attendait-elle donc la maréchale ?
Que les personnes hurlent de joie de savoir qu'Apolonie allait être mise en
terre ? Non, non bien sûr, mais elle avait été tellement décriée, qu'en fait,
elle ne savait plus que penser.


(((BING)))(((BONG)))
(((BING)))(((BONG))) (((BING)))(((BONG)))



Alors que les cloches de la chapelle se mirent à carillonner leur triste
refrain, Beths ressentait chaque tintement comme un coup de poignard qui lui
aurait plongé dans les entrailles. Chaque cloche qui teintait annonçait le
glas, annonçait la perte, la mort, la solitude, l'hébétude. Apo n'était plus, la Sentinelles avait
regagné les nuages, et Beths, une larme roulant sur la joue, espérait
simplement qu'elle veillerait sur eux, de là-haut.

Se décidant enfin à bouger, et à franchir les quelques pas qui la séparait de
la chapelle, la jeune femme, alors qu'elle rentrait, perçu un mouvement sur sa
droite. Lentement, doucement, des hommes avançaient, courbant l'échine plus de
chagrin que sous le poids du fardeau qu'ils portaient. Six hommes, six
porteurs, unis sous un même cercueil ... la dépouille d'Apo.

Telle un pantin dont le créateur aurait manié les fils, la jeune femme s'avança
et trouva une place dans la chapelle pleine de personnes qui avaient souhaité
rendre un dernier hommage. Assistant impuissante à la cérémonie, Beths aurait
préféré hurler, hurler son désespoir, sa tristesse, son écœurement de voir ceux
qui avait tant fait pour leur Duché partir, disparaitre, tout juste bons à être
remercier le jour de leur mort. Hurler, elle savait, et pourtant, l'accablement
la rendait bien silencieuse. L'accablement et une question ... qu'était-il
advenu de l'enfant ?


Après tous nos regards qui ont croisé le sien Azur, qu'elle puisse
enfin voir le tien, Seigneur.


Seigneur ne détournes pas ton regard de notre amie.


Rick avait débuté la cérémonie, et Beths, main scellée sur sa médaille de baptême,
répondait aux diverses prières aristotéliciennes.


Après l'amitié qu'elle a reçue et qui a guidé sa vie, accorde lui
l'Ultime qui est la Tienne,
Seigneur
.

Seigneur ne détournes pas ton regard de notre amie.


Ils étaient nombreux à perdre une amie aujourd'hui, et la jeune femme mesura
toutes les paroles de Rick


Après les peines et les larmes qui ont obscurcit sa vie, illumine sa
route pour l'éternité
.

Seigneur ne détournes pas ton regard de notre amie.


Elle aurait préféré que le Seigneur la laisse illuminer leurs vies, mais
elle chassa cette pensée bien égoïste


Accordes-nous l'espoir de la revoir auprès de Toi, pour les siècles des
siècles. Amen.

Amen.

Le diacre parla alors de la joie naturelle qui habitait Apolonie, de sa
spontanéité, sa franchise, et que cette dernière n'aurait pas souhaité les voir
malheureux. Une certaine impétuosité la caractérisait, et la Dame de Gondole reconnu
qu'Apo aurait souhaité les voir heureux, c'est ce qu'elle avait toujours voulu
pour ses amis, et c'est bien grâce à elle, grâce à cette amie qui avait su lui
parler avec verve et passion, pour l'inciter à vaincre sa
timidité, qu'elle était aujourd'hui fiancé au plus merveilleux des hommes.

Beths fut émue par les paroles choisies de Rick accompagnant paroles par des
gestes emplies de sérénité, avant qu'il ne les convient à tous réciter le
crédo.
Fermant les yeux, à son tour, la jeune femme se mit à réciter les paroles, sa
voix se mêlant à celle des autres, en un triste et solennel concert


Je crois en Dieu, le Très haut tout
puissant
Créateur du Ciel et de la
Terre
Des enfers et du Paradis
Juge de notre âme à l'heure de notre mort.

Et en Aristote son prophète
Le fils de Nicomaque et de Phaetis
Envoyé sur Terre pour enseigner la sagesse
Et les lois divines de l'Univers aux hommes égarés.

Je crois aussi en Christos
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Il a voué sa vie à nous montrer le chemin du Paradis
C'est ainsi qu'après avoir souffert sous Ponce
Il est mort dans le martyr pour nous sauver
Il a rejoint le Soleil, où l'attendait Aristote à la droite du Très-Haut

Je crois en l'action divine
Je crois en la Sainte
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En la communion des saints
En la rémission des pêchés
En la vie éternelle

Amen.
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namaycush
Convive qui ose pousser les portes
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 19 Avr - 11:03

Fonds de la chapelle tranquille ? Tu parles Namay !

Désormais solitairement accompagné, ne connaissant personne de son voisinage composé surtout de gente féminine, sent drôle de courant le faire frissonner....

Pour quiconque n'ayant jamais été confronté à la mort et à l'outre-tombe, celui-ci passerait comme anodin....mais pour un vieux soldat ayant traversé plusieurs guerres et défié la Faucheuse, [i]le souffle glacial vacillant flamme de bougie donne une toute autre dimension à l’instant solennel….instant où les portes de l’outremonde s’ouvrent sur celui des vivants….instant où les âmes en peine ou bienveillantes ébranlent les réalités cartésiennes de l’éphémère vivant…



Fallait-il encore avoir un minimum de sensibilité à le percevoir. Souvent, les hommes les plus durs, paradoxe de la condition humaine, enfouissaient au plus profond d’eux-mêmes l’exacerbation extrême de leurs sentiments les plus sincères donnant à la raison le dessus à l’émotion, l’âme imprimant alors à son miroir le reflet de sa minéralité sur les émeraudes devenues pierres froides de ce Capitaine-là…



De ce combat intérieur entre raison et déraison, certains devenaient fous…..



Folies, oui il en avait faites pour elle, tant….il sourit à la carnasse en y pensant, encore ce jour la Dame d’Orval était la seule graciée de Gascogne, ….se battant contre les siens, ses hommes muselant quiconque osait porter parole à l’encontre d’Apolonie….



Carnasse accentuée….soudain ses épaules se voûtent…lourdes, le poids du regret…oui il regrette le Capitani….il regrette de n’avoir pas pris la ville de Moulins à une certaine époque, avec ses hommes, il en avait eu l’idée et la raison l’avait emporté, il aurait dû prendre cette mairie pour enlever sa bourgmestre et laisser 1000 écus de dédommagement dans les caisses de ces braves villageois …pourtant il en avait les moyens, lui qui embrasait le sud-ouest….



Yeux posés sur le cercueil, vaisseau prêt à larguer les amarres de cet autel, tourne la tête vivement, magnétisés par ….comme …. un spasme de la femme avec laquelle ils avaient croisé leur regard…



Illusion, fantasmagorie de l’esprit, réalité…..il garde son attention sur elle, silencieuse, la détaillant….



Pas à dire, elle était pas ordinaire….


Dernière édition par namaycush le Dim 19 Avr - 11:05, édité 1 fois
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Alethea de Saint Yriex
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 19 Avr - 11:04

[ Avant la cérémonie... ]

La petite pluie fine a fait son œuvre, presque tout le monde est à l’intérieur.

B'jour... j'suis Hijikata...

C’est bien celui qu’elle attendait. Un de ceux qu’elle attendait… un de ceux à qui elle a demandé ce témoignage particulier, porter Apolonie au cœur de l’hommage que tous lui rendent. La filleule lui explique rapidement que le cercueil est encore au presbytère et lui en indique la direction. Elle le laisse ensuite rejoindre Mosdo et rentre dans la chapelle.

Petite chapelle, presque pleine. Par réflexe elle se glisserai bien au fond mais le souvenir d’Apolonie l’obligeant à passer au premier rang à son mariage la fait changer d’avis. Chacun sa façon de se souvenir. Elle va essayer de ne pas se défiler sur ce coup là. Remonter cette allée semble pourtant un long calvaire et choisir sa place… enfin en trouver une, pousser un peu… elle est pas loin de regretter mais finalement c’est encore auprès de Legowen qu’elle trouve un refuge, pas loin de Beths aussi. Le cercueil arrive. Rick commence et pour Thea c’est fini…. Plus d’obligations… plus rien à envoyer, poster, expliquer, ranger, organiser… plus d’Apo non plus… et plus rien pour s’accrocher, ne pas s’effondrer… Credo en litanie… bruit de font… on verra bien !

Je crois en Dieu, le Très haut tout puissant
Créateur du Ciel et de la Terre
Des enfers et du Paradis
Juge de notre âme à l'heure de notre mort.

Et en Aristote son prophète
Le fils de Nicomaque et de Phaetis
Envoyé sur Terre pour enseigner la sagesse
Et les lois divines de l'Univers aux hommes égarés.

Je crois aussi en Christos
Né de Maria et de Giosep
Il a voué sa vie à nous montrer le chemin du Paradis
C'est ainsi qu'après avoir souffert sous Ponce
Il est mort dans le martyr pour nous sauver
Il a rejoint le Soleil, où l'attendait Aristote à la droite du Très-Haut

Je crois en l'action divine
Je crois en la Sainte Eglise aristotélicienne Romaine, une et indivisible
En la communion des saints
En la rémission des pêchés
En la vie éternelle

Amen.

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Rhân
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 19 Avr - 12:11

Le baron avait fini par arriver alors que la cérémonie était déjà bien entamé. Le temps était mauvais, glacial avec ces bourrasques de vent qui vous gelaient les os et cette bruine qui ne cessait de tomber dans un plicploquement régulier sur les feuilles des arbres. Le temps était à l'image de la situation.. triste.

Il se glissa rapidement dans la chapelle et prit l'office en cours de route sans jeter un coup d'oeil à aucune des personnes qui se trouvaient là, à part vers le célébrant, le chœur de l'église et le cercueil qui se trouvait là, massif, immobile...
Il récita machinalement le credo en se perdant dans ses pensées qui l'éloignaient sans cesse de la cérémonie.

La nouvelle du décès d'Apolonie l'avait surpris. C'était si brusque, si innatendu.. elle était encore bien jeune et même si elle était bien imprudente et parfois téméraire quand elle se battait pour sa cause, la chance l'avait toujours épargné et protégé de sa main salvatrice. Comment était-ce donc possible? Ca ne pouvait pas être... La cause du décès n'avait pas été indiqué dans le pli qu'il avait reçu et il n'en savait rien. Il avait bien voulu le savoir tout d'abord, mais ensuite à quoi bon? Ca ne changeait rien à son tragique destin et il était resté dans l'ignorance. Comment s'étaient passé ses derniers instants? N'avait-elle pas trop souffert? Avait-elle pensé à lui? Au moins un peu?
Le baron retomba dans ses souvenirs... l'Apolonie qu'il avait connu était celle d'il y avait un certain temps, une Apolonie qui n'existait plus de toute façon et qui avait définitivement disparu lorsques les funestes Parques avaient coupé bien trop tôt le fil de sa vie. Elle était jeune, elle était insouciante, encore une enfant presque. Ce n'était pas la guerrière, ni la noble, ni la vicomtesse...

Vendôme.. les images rejaillirent. Un combat, des tavernes, des pots de miel, une jeune fille aimable soutenant l'autre camp mais qui avait allégé sa courte captivité. Il l'avait aimé, elle l'avait aimé... le destin les avaient séparés.. trop loin, trop différents mais une certaine tendresse étaient resté depuis ce temps. Il l'aimait encore beaucoup et chérissait le souvenir de l'Apolonie de l'époque même si celui-ci avait peu à peu pris de la distance avec la femme qu'elle était devenue.

Une larme coula de ses yeux, s'arrêta un instant sur sa joue avant d'y rouler sous l'effet de la gravité. Il ne l'essuya pas, s'abandonnant au chagrin et aux regrets et d'autres perles suivirent le sillon tracées par la première de ses larmes. Depuis quand n'avait-il pas ressenti une telle tristesse? Une éternité...
Non.. Apolonie.. ca ne pouvait pas être vrai, il fallait qu'elle revienne, il voulait la prendre dans ses bras, l'y serrer fort comme avant, reparler du passé avec un sourire...
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 19 Avr - 12:23

Dans l’ombre, au fond de cette chapelle, frissonnant à l’écoute de ce foutu crédo qu’elle déteste, elle observe les participants d’un œil froid et détaché.
Revenant au capitaine gascon.

Pas possible…
Même ici, alors qu’ils sont là pour un dernier au revoir à ce tout ce qu’Elle fut pour chacun d’eux, il arrive trouver une cible…

Mort de faim ou dévoré d’ambition ? La question n’est posée que pour la forme. La réponse est tellement évidente.
Devrait-on prévenir la dame en question ? A cette pensée incongrue un haussement d'épaules lui échappe, comme elle se fait ce monologue interne.
Après tout, si elle veut se laisser appâter, elle ira rejoindre la longue liste de celles qui ont servi de faire valoir ou d’escabeau au monsieur en question.

Un sourire pris entre le cynisme et le désabusé se dessine sur ses lèvres pâles, contrastant avec le reflet cornaline qui passe furtivement dans son regard.

Un jour, il mourra lui aussi… et elle sera là… souriante… peut-être qu’elle lui rappellera pourquoi elle veut le voir mort.



Le bruit de la canne de Neils résonne à nouveau dans l’allée pourtant déjà chargée des divers échos de l’assemblée récitante.
Il a l’air furieux…
Bien…
Feignant même de ne pas la voir lorsqu’il la dépasse avant de sortir.

Qu’il la déteste… ce sera mieux de toute façon.
La colère est un bon moteur parfois, quand on sait la maîtriser. Semblerait qu’il ait encore du chemin à faire le jeune écuyer.



Un long soupir de lassitude et là, l’abattement qui la saisit.

Ainsi donc Jenn est là et affecte de ne pas la voir. Les mâchoires se serrent un peu plus, le regard se fait plus froid, et le cœur encaisse un coup de plus.
Alors elle l’a jugée… les rumeurs les on-dit… c’est ça qui a primé ? Elle aurait cru que non, que rien ne pouvait changer, affection inaltérable…
Elle ne s’imposera pas, que la Cavaleuse ne s’inquiète pas. Pour la Fourmi rien n’a changé ni ne changera… c’est comme ça…



Décidemment Apo, cet enterrement sera inoubliable….
Comme si à chaque minute qui s’écoulait une infime parcelle de celle qu’avait été Cym du temps de la roulotte s’envolait aussi.
Et si ses yeux restent secs, elle n’en pleure pas moins.
Tout est si confus et douloureux à l’intérieur maintenant qu’elle se demande si finalement c’est pas la dame d’Orval qui a la meilleure place.
Elle ne souffre plus, n’a plus à composer ni à s’anesthésier pour pouvoir continuer d’avancer.

D’ailleurs la jeune labritoise reprend quelques feuilles de chanvre qu’elle glisse dans sa bouche, songeant furtivement qu’à ce rythme il allait falloir se réapprovisionner rapidement.



Bon sang…. Ça n’en finira donc jamais cette cérémonie de malheur !



Elle aussi voudrait sortir, partir, rentrer chez elle là où personne ne la jugera pour ce qu’elle est. Personne qui compte pour elle évidemment. Les autres… les autres peuvent bien juger, raconter et croire ce qu’ils veulent, ils sont comme des ombres qu’elle croise sans les voir.
Mais elle attend la fin, pouvoir enfin s’approcher et déposer sa rose... Et juste lui dire au revoir !
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MarieAlice
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 19 Avr - 21:06

Une silhouette surmontée de cheveux bruns. Persan. Ainsi il était toujours vivant lui, alors qu'on lui avait si souvent rapporté sa mort. Lueur heureuse dans le regard, voici si longtemps qu'elle ne l'avait croisé. Décidément les mariages et enterrements étaient sujet à rencontre.

Le rire qui avait commencé à s'estomper la reprit sans qu'elle y prenne garde, chatouillant ses boyaux, remontant le long de sa trachée. Il venait de lui refaire penser au séjour chez Llyr. Seigneur qu'elle avait râlé ce soir là, pestant contre les robes, les servantes, les brosses à cheveux. Tout y était passé, rien n'avait été épargné. Sauf Marie qui riait de la voir ainsi mais ne lâcherait pas. Et qu'elle avait eu raison. Le résultat avait été époustouflant.

Seulement voilà, l'image qui s'imposait à son esprit quoi qu'elle fasse, c'était pas le résultat, mais tout ce qu'il avait fallu faire pour y parvenir. Le bain cela s'était bien passée, mais lorsque le moment du démêlage de crinière était arrivée, cela avait été une toute autre histoire. Elle en avait entendu cette pauvre servante. Des vertes et des pas mures. Et l'Eugénie qui elle, passait du rosée au rouge vermeille, depuis peu sortie d'un couvent, surprotégée par un père petit bourgeois et veuf, qui avait veillé à l'éducation de sa fille et à la faire entrer dans une bonne maison. S'il avait su, le pauvre homme, que les fréquentations de Marie étaient du genre hétéroclites, mélange d'hommes et de femmes d'armes tout autant que de salons.

Nouveau fou rire secouant ses côtes, mains étouffant les sons, regard désespéré venant se planter dans celui de l'homme la fixant. Mais bon sang, où l'avait-elle déjà vu lui! Aristote, par pitié, aide-moi.. Cesse de me faire rire ainsi. A l'aide!
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legowen
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Dim 19 Avr - 21:57

La chapelle s’emplit peu à peu, avec Beths elle a suivi les autres , est entrée dans le lieu de recueillement


Trois petites marches à monter , comme un symbole , entrer vers la lumière qui les guide , pour l’instant ce serait plutôt la douleur , douleur ou vide ?
anesthésiée la jeune femme


la faible clarté de cette matinée pluvieuse de printemps s’insinue par les vitraux de la chapelle , complétant comme elle peut la lumière des cierges
que Rick a mis en place ,mais laissant une douce pénombre sur les côtés , comme si comprenant le cœur des vivants elle ne se permettait pas de faire
lumière plus vive

tout au moins pour l’instant , douce caresse pour leurs âmes et leur tristesse


elle gagne les premiers rangs sachant que sa marraine aurait voulu qu’il ensoit ainsi , remonte l’allée, chaque pas
martelant le mot vide ,
martelant le mot injuste,
martelant le mot douleur,
martelant le mot souvenir , de leur jeunesse mais aussi des derniers jours ,du dernier mois
elle n’oublie rien la maréchale , l’ambassadrice,et laissant courir son regard sur les travées , s’étonne de la présence en ce lieu de certains , regrets? remords?


placée, fermer un instant les yeux, poser ses mains sur le dossier du siège devant elle , baisser la tête , se recueillir dans un soupir et puis , un bruit , une présence près d’elle , Thea l’a rejointe


et un coup au cœur, une autre cérémonie qui se superpose , avec toute la douceur et la joie de cette matinée ensoleillée d’il y a à peine quelques mois , où Thea l’avait rejointe aussi

lui prendre la main ,deux filleules pour faire face

car ce n’est pas mariée resplendissante et émue qu’un homme amène cette fois ci à l’autel , mais cercueil que les porteurs déposent délicatement dans la nef
et ce n’est pas cérémonie de mariage qui commence mais bien celle d’un deuil

les paroles de Rick adoucissent un peu sa peine , pour un temps puis répéter machinalement un credo tandis que ses pensées divaguent






Je crois en Dieu, le Très haut tout puissant
Créateur du Ciel et de la Terre
Des enfers et du Paradis
Juge de notre âme à l'heure de notre mort.


Juge ? alors pas de crainte , je sais que tu l’accueilleras


Et en Aristote son prophète
Le fils de Nicomaque et de Phaetis
Envoyé sur Terre pour enseigner la sagesse


Enseigner la sagesse , le pauvre , je crains bien que son
enseignement n’ait guère été suivi , la sagesse ? plutôt le tir de boulets oui



Et les lois divines de l'Univers aux hommes égarés.


Hommes égarés ? ben y en a un paquet, y a du travail


Je crois aussi en Christos
Né de Maria et de Giosep
Il a voué sa vie à nous montrer le chemin du Paradis
C'est ainsi qu'après avoir souffert sous Ponce
Il est mort dans le martyr pour nous sauver
Il a rejoint le Soleil, où l'attendait Aristote à la
droite du Très-Haut



Le soleil, mon amie tu y seras bientôt


Je crois en l'action divine
Je crois en la Sainte Eglise aristotélicienne Romaine, une
et indivisible
En la communion des saints
En la rémission des pêchés


En la rémission de’s péchés ? ouais y en a qui vont passer pas mal de temps en purgatoire ceci dit



En la vie éternelle

Amen.


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Neils
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 20 Avr - 4:03

[Sur le parvis de la chapelle]

Assis sur le muret, coudes sur les genoux, tête calée dans les mains, l’écuyer médite.
Lorsqu’une voix familière le sort de ses pensées.


Quelque chose ne va pas ?


Neils n’en croit pas ses oreilles…quelque chose ne vas pas ? Lui, qui présentement est torturé dans sa chaire, que son cœur est sec au centre d’un corps apathique…on lui demande si quelque chose cloche…

Pas la faute au Duc…non…l’écuyer peut causant n’a pas fait état de son passé, mais de là à lui demander si quelque chose n’allait pas…

L’écuyer lève la tête, lentement, croise le regard inquiet de Persan


J’ai b’soin de temps…d’rester seul…partez…allez…


L’écuyer baisse la tête, laisse échapper un long soupir…et ajoute

Tel que vous me voyez je n’suis qu’un boulet enchainé à votre cheville…partez…je vous r’joindrai…plus tard…

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Persan
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 20 Avr - 8:29

[sur le parvis de la chapelle]

Bien sûr, la question était idiote... quoi que... on ne sortait pas d'une église aussi rapidement sans une bonne raison. A moins que la morte ne soit ressortie bien vivante de son cercueil et dans ce cas, Neils ne serait pas seul à être dehors, Persan n'envisageait rien qui puisse pousser un homme à ressortir aussi rapidement d'un lieu de communion où il avait demandé à entrer. La réponse ne lui plut guère. Il y vit deux insultes et en fronça ses sourcils noires. Envolées compassion et inquiétude alors que la moutarde montait au nez du Bourguignon. Il attrapa Neils par l'avant de son veston, se pencha vers lui et lui susurra à l'oreille.

Vous oubliez à qui vous vous adressez ! Je ne suis pas un manant que l'on congédie d'un signe de la main ! Et ne vous méprenez pas ! Personne n'insulte les gens de ma maison en les traitant de boulets ! Personne. Pas même vous ! Je vous conseille de vous ressaisir et vite !

D'une bourrade, il le relâcha, darda sur lui un regard noir, fit demi-tour et repartit en direction de Louise.
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Anastase
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 20 Avr - 8:33

Dans la Chapelle pendant la cérémonie.

Arrivée pile à l’heure au son des cloches de la chapelle.
Aujourd’hui c’est pas un mariage qu’on fête…
malheureusement…

Des trucs de ce genre on aimerait s’en passé…
Après une période en solitaire la Stase se dévoile enfin.
Le visage meurtri par les longues insomnies elle s’annonce
discrètement dans la chapelle puis va s’asseoir un peu devant sur le côté.

Dans sa main elle tient le livre qu’elle potasse depuis
quelques temps. Normalement elle aura pas à s’en servir mais on sait
jamais si elle a un trou…

Son regard se pose sur le cercueil qui entre dans
l’enceinte. Un frisson incontrôlé vient subitement lui parcourir l’échine. Elle
sert les poings pour ne pas craquer puis l’expression de ses yeux se durcis peu
à peu.

La rancœur est malheureusement présente même si l’affection
qu’elle porte à sa tante est toujours là.

Depuis le décés elle a la sensation d’avoir été trahie,
abandonnée. Le seul lien de famille qu’il lui reste est un cousin dont elle
aura sans doute du mal à pardonner.

Sans qu’elle s’en soit rendue compte le cureton avait pris
la parole. Après un moment il enchaîna sur le crédo.

D’une main légèrement tremblante elle posa son livre sur ses
genou et répéta :


Je crois en Dieu, le Très Haut
tout puissant,

Créateur du Ciel et de la Terre
Des enfers et du Paradis
Juge de notre âme à l'heure de notre mort.

Et en Aristote son prophète
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Il a voué sa vie à nous montrer le chemin du Paradis
C'est ainsi qu'après avoir souffert sous Ponce
Il est mort dans le martyr pour nous sauver
Il a rejoint le Soleil, où l'attendait Aristote à la droite du
Très-Haut

Je crois en l'action divine
Je crois en la Sainte Eglise aristotélicienne Romaine, une et
indivisible

En la communion des saints
En la rémission des pêchés
En la vie éternelle


Amen.



Voilà qui était fait. Bizarrement un petit rictus s’afficha
sur le bord de ses lèvres en imaginant la tronche d’Apo si elle avait été là…

Erf…
Le sourire s’efface soudainement à cette pensée. Une légère
honte s’empare d’elle. Rigoler pendant un enterrement on aura tout vu…

D’un mouvement circulaire de la tête elle vérifie que
personne ne la vu puis observe le plafond de l’édifice.

Toute façon elle doit pas être bien loin, et c’est même sur
qu’elle l’a entendu…
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modsognir
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 20 Avr - 8:51

Modsognir rejoignit le cercueil d'Apo qu'Alethea montra du bout de sa main. Nouvelle inspiration puis laissa Alethea rejoindre les autres dans la chapelle tandis que le polignacois rejoignit les autres porteurs. Une pensée lui fit sourire. Apo qui portait peu dans son coeur le village de Polignac était pourtant bien représenté. Il se souvint des rires qu'elle faisait lorsqu'il demandait, apparement naivement, quand elle viendrait le voir à Polignac. Les anecdoctes venaient peu à peu, les uns bousculant les autres, l'esprit s'encombrait à son tour..cela devait être normal à la disparition d'un être cher, le sentiment de vouloir être toujours proche de lui, vaincre la mort et se rattacher à ce que l'on a. Voilà ce qu'il vivait de ce moment.

Le cercueil se dessina à sa vue, les autres porteurs l'attendaient visiblement. Il alla se mettre d'un côté du cercueil et à l'unisson, ils soulevèrent la boîte, le corps d'une femme mais les souvenirs, ca tout le monde le portait. Ils se rapprochèrent lentement du parvis de la chapelle et pénétrèrent à l'intérieur. Les jambes étaient peu sûrs d'elle, son corps était raide, figés et tout ce monde qui regardait les porteurs. Son regard se jeta sur le choeur de l'église, ne voulant porter son regard sur les côtés de la nef.....il valait mieux.

Ils posèrent le cerceuil et se retira par les côtés de l'église et s'installa sur une des chaises d'un transept. La cérémonie pouvait commencer et recita le credo de manière inaudible pour tous sauf lui


« Je crois en Dieu, le Très haut tout puissant
Créateur du Ciel et de la Terre
Des enfers et du Paradis
Juge de notre âme à l'heure de notre mort.

Et en Aristote son prophète
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Je crois aussi en Christos
Né de Maria et de Giosep
Il a voué sa vie à nous montrer le chemin du Paradis
C'est ainsi qu'après avoir souffert sous Ponce
Il est mort dans le martyr pour nous sauver
Il a rejoint le Soleil, où l'attendait Aristote à la droite du Très-Haut

Je crois en l'action divine
Je crois en la Sainte Eglise aristotélicienne Romaine, une et indivisible
En la communion des saints
En la rémission des pêchés
En la vie éternelle

Amen. »



Durant la cérémonie, il regarda les personnes présentes. Son coeur fit un bond quand il vit sa marraine. Elle ici...oui c'était normal.....mais ici......lui aussi. Il la regarda du coin de l'oeil écoutant la cérémonie même s'il avait du mal à la suivre. Non.......non il ne pouvait pas, il irait la voir après.
Il se remit à regarder Rick écoutant la cérémonie même s'il avait du mal à ne pas penser à cette femme qui le connait si bien.
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Sibella de Vissac
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 20 Avr - 8:59

[Arrivée à la Chapelle]

Sibella était de retour en Bourbonnais Auvergne, voyage rapide et long à la fois. Ce trajet lui avait paru interminable et épuisant. Elle avait reçu une missive alors qu'elle était dans le Béarn avec son époux, lui annonçant le décès d'Apolonie.
Le temps de parcourir les nombreuses lieues qui la séparait de l'Auvergne, de passer chez elle au château pour se changer, elle arriva au Domaine de ses amis Kory et Althiof.

Elle était un peu en retard et ne voulait pas se faire remarquer. Elle entra dans la chapelle discrètement, se faufila entre les nombreuses personnes présentent et alla s'asseoir dans un coin. Elle entendit l'assemblée réciter le Credo. Elle en fit autant


"Credo in unum Deum : Patrem omnipotentem, factorem cæli et terræ, visibilium omnium et invisibilium.

Et in unum Dominum Jesum Christum, Filium Dei Unigenitum.

Et ex Patre natum ante omnia sæcula.

Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo Vero.

Genitum, non factum ; consubstantialem Patri ; per quem omnia facta sunt.

Qui propter nos homines et propter nostram salutem descendit de cælis.

Et incarnatus, est de Spiritu Sancto, ex Maria Virgine, Et homo factus est.

Crucifixum etiam pro nobis ; sub Pontio Pilato passus et sepultus est.

Et resurrexit tertia die secundum scripturas.

Et ascendit in cælum ; sedet ad dexteram Patris.

Et iterum venturus est, cum gloria, judicare vivos et mortuos ; cujus regni non erit finis.

Et in Spiritum Sanctum, Dominum et vivificantem, qui ex Patre Filioque procedit ;

Qui cum Patre et Filio simul adoratur et conglorificatur ; qui locutus est per prophetas.

Et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam.

Confiteor unum baptisma in remissionem peccatorum.

Et exsepto resurrectionem mortuorum,

Et vitam venturi sæculi.

Amen"



Elle connaissait assez peu la défunte et le regrettait. En sa qualité de Héraut Royal ès Généalogie, elle avait eu l'occasion de travailler pour la famille sur différents documents.

La cérémonie pleine de recueillement, de dignité, de pensée et d'amour se poursuivait. La Baronne d'Usson et de Riom, reconnu quelques personnes de l'assemblée qu'elle irait saluer plus tard.
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Rick
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 20 Avr - 9:26

Il était temps maintenant pour Rick de faire lecture du testament. Le jeune homme avait été assez déçu par le fait que peu de paroissiens d'un jour aient répondu à ses appels à la prière. Certes, ils étaient tous noyés dans le chagrin et avaient du mal à écouter ce qu'ils disaient. C'est pour cela que le jeune diacre ne s'en offusqua pas. Il regarda sa soeur et pensa à elle, qui enterrait une amie spéciale en un jour très spécial pour elle. Elle était là et il avait croisé son regard. Un simple regard pour se soutenir mutuellement, c'était suffisant.

Désormais, après les prières communes à toutes les cérémonies, il fallait entrer dans le vif du sujet. Et faire de l'adieu à une personne spéciale, un adieu spécial. Pour commencer, il fallait dire les dernières volontés de la défunte. Grâce à Alethea, il avait eu quelques souhaits que la défunte avait émise, mais rien de vraiment officiel en fait. Rick récupéra le parchemin où était écrit les dernières lignes d'Apolonie. Puis, il s'avança légèrement dans la nef et dit.


Mes biens chers frères et mes biens chères soeurs, il est temps pour vous tous, ici réunis de connaître les derniers désirata de feu Apolonie, vicomtesse d'Ambert de Dame de Nerra. C'est pour cette raison, que je demande à Dame Sibella de Vissac, baronne d'Usson et de Riom, de venir me rejoindre, afin de faire lecture du testament.

Rick sourit à sa voisine de Montpensier et tendit une main en sa direction pour l'inviter à le rejoindre.

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Sibella de Vissac
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 20 Avr - 9:49

Tout en récitant le Credo, Sibella repensait aux quelques mots échangés avec Apolonie, cette femme qu'elle ne connaissait pas, qu'elle n'avait pas eu l'occasion de rencontrer, chacune trop occupée à différentes occupations.
Sibella avait beau chercher dans sa mémoire, mais ne se souvenait pas l'avoir vu à son mariage. Il faut dire qu'il y avait tellement de monde, peut être ne s'en souvient-elle pas

Elle fut sortie de ses pensées par Rick, qui poursuivait la cérémonie. Il lui demanda de venir pour lire le testament. Elle fût surprise, jamais elle n'avait procédé à une ouverture de testament dans une chapelle, mais soit !

Elle se leva, passa ses mains sur sa robe et dans un bruit d'étoffe se dirigea vers Rick, qu'elle salua par un grand sourire. Elle ouvrit la serviette en cuir marron qui l'accompagnait quand elle avait des documents importants à remettre. Elle sortit un parchemin, roulé et portant un scel.

Elle regarda l'assemblée, toussota légèrement.


Mes Dames, Messires, nobles gens ici présents

Certains me connaissent, d'autres pas. Je suis Sibella de Vissac, Héraut d'Armes Royal ès Généalogie. La Vicomtesse d'Ambert m'avait remis son testament, sentant ses forces l'abandonner.

Aujourd'hui, elle nous a quitté, qu'elle repose en paix.

C'est la première fois que j'ouvre un testament dans une chapelle, mais quoi de plus normal pour Apolonie, cette dame exceptionnelle.


Elle brisa le scel, déroula le parchemin et commença la lecture.

Apolonie a écrit:

A Moulins,
Le 10 mars de l’an 1457,

Moi, Apolonie de Nerra-Viverols, saine de corps et d’esprit, quoiqu’affaiblie par une grossesse à la fin difficile, me préparant à enterrer mon époux, Alayn de Viverols, je prends conscience de la fragilité de la vie et couche sur ce parchemin mon testament.

Les voyages et la course le long des chemins ne m’ont pas permis d’accumuler nombre de possessions. Cependant, le Très Haut a placé sur ma route nombre d’amis et de joies auxquelles je me dois de penser ce jour où j’imagine le terme de mon existence.

S’il plait au Très Haut que mon enfant vienne au monde viable et qu’il me survive, je souhaite que lui reviennent la vicomté de son père légitime, à savoir le fief d’Ambert sis en Bourbonnais-Auvergne. Je souhaite également, s’il plait à mes suzerains, Sa Grace MartymcFly de Montfort-Balmyr et Dame Johanara d’Ambroise, qu’il ou elle puisse conserver les seigneuries de Varennes-sur-Allier, en Auvergne, et d’Orval en Berry. De même, si j’étais rappelée avant qu’il n’atteigne sa majorité, je souhaite que MartymcFly, suscité, et Marie-Alice Alterac acceptent de devenir ses parrain et marraine par le baptême aristotélicien. Dans la même optique, j’espère que Marie-Alice acceptera la lourde charge de prendre en tutelle mon héritier(ère) et assurera pour lui la garde de ses fiefs jusqu’à sa majorité. Je suis sûre qu’elle saura lui inculquer les valeurs que nous partagions et lui conter sa mère, à défaut d’avoir bien connu le père.

Pour ma filleule, Alethea, je lègue l’échoppe moulinoise que j’avais héritée de Willen d’Escorailles. Je souhaite qu’elle garde toujours un lien avec ce village auvergnat qui nous a vues nous rencontrer. J’aimerais aussi qu’elle ait en sa garde une des deux dagues que j’ai portées aux cuisses depuis que j’ai appris à me battre à la COBA. Qu’elle fasse sienne celle qui porte les armes d’Orval. Longue et lourde, elle profitera à son nouvel engagement.

Pour mon écuyère, Sunie, dicte la Demoiselle de la Forêt, je laisse une de mes épées, celle forgée en Gascogne, et mon bouclier, que je tenais de Bireli, en espérant qu’elle ne se fâche pas des coups qu’il a déjà reçus. Qu’elle soit prudente sur les chemins qu’elle arpente avec autant de cœur que moi.

Pour Grid, mon meilleur ami, je laisse mon sac de miettes, récoltées au gré de mes voyages. Je sais qu’il en prendra soin et saura les choyer. Je lègue aussi, à sa compagne Lilou et lui, ma maison de Moulins. Un peu délaissée, elle sera cependant assez grande pour les accueillir avec les enfants qu’ils ne manqueront pas d’avoir. Bettym et Nimrodor recevront quant à eux mon bon souvenir et mon amitié au-delà de la mort.

Pour ma filleule et amie Legowen, avec qui j’aurai tant partagé depuis notre arrivée dans ce royaume, je réserve la seconde de mes épées. Celle forgée par Grid. Je sais qu’elle servira à la défense d’un Bourbonnais-Auvergne que j’adore. Et je lui confie la garde de mes effets personnels, y compris la robe de mariage qu’elle m’avait cousue. En espérant qu’elle connaitra un bonheur marital plus long que le mien. Mais elle ne prendra pas la tenue de cuir et daim offerte par Tixlu de Lugdares pour mon mariage, je souhaite être enterrée avec.

A ma nièce Anastase, je lègue mon étalon gascon, Jean-Eudes. Avec un peu de chance, en galopant plus vite, elle pourra échapper aux brigands qui semblent avoir une affection toute particulière pour elle. Je lui laisse aussi mon étendard aux couleurs des Sentinelles, et qu’elle garde un œil sur son cousin ou sa cousine, même de loin.

Le reste de mes maigres biens sera confié à la Mairie de Moulins que j’ai pris tant de plaisir à servir.

Arrivant à la fin de ce document, je voudrais dédier un paragraphe à celui que l’on appelle mon frère, mais qui n’en a que le nom. Eikorc est mon double, mon autre. Mon âme-sœur, notre cœur bat à l’unisson depuis que nous nous connaissons même si les circonstances nous ont amenés à nier ce qui toujours nous aura unis. Il est le reflet de ce que j’ai de pire et de meilleur en moi, il est celui pour qui je suis restée en vie dans une roulotte labritoise, et à qui j’offrirai sans doute mon dernier souffle. Eikorc dont j’ai porté le nom sans en avoir le sang, Eikorc que j’aurai aimé avoir à mes côtés à chaque seconde de ma vie. Je l’ai aimé plus qu’une personne n’en aura jamais aimé une autre, d’un amour transcendant même cette notion. A lui qui a su me comprendre, m’accepter, me soutenir et m’aimer comme je n’aurais pu espérer l’être, je rends la dague ornée de saphirs et de notre devise. Qu’il la garde en souvenir de celle qu’il aurait pu rendre enfin heureuse, qu’il jure en la recevant de vivre en souvenir de sa sœur, qu’il promette de tout faire pour être heureux comme il sait que je veux qu’il le soit. Mon âme et mon cœur pour toujours et à jamais seront à lui.

A tous ceux qui ne se verraient pas couchés sur ce testament, qu’ils sachent que pour autant je ne les oublie pas. Ma vie a été riche et remplie. Le sourire sur mes lèvres nombre de fois a fleuri. Je n’oublie pas ceux qui m’ont réchauffé l’âme, mais je sais qu’ils le savent sans avoir besoin que leur nom soit écrit noir sur blanc.

Pour terminer, je souhaite que mes funérailles se déroulent sur les terres de Korydwen et Althiof, à Cournon. En revanche, je veux être enterrée à Moulins, chez moi. Lors de la cérémonie, je souhaite que l’officiant utilise un texte sur la franchise, histoire de montrer aux gens qu’on peut ne pas mentir.

Que tout soit fait pour respecter mes volontés, pour cela je fais confiance à Marie-Alice et Marty pour s’en charger à la hauteur de mes espérances.

Que ce testament soit lu à mon enterrement, ainsi que la lettre qui l’accompagne et qui est destinée à l’enfant à naître s’il me survit. Qu’il soit dit que ces dispositions seront modifiées s’il plait au Très Haut de me prêter encore longue vie.


Apolonie de Nerra-Viverols
Vicomtesse d’Ambert
Dame d’Orval
Dame de Varennes sur Allier

Citation :


Nous, Sibella de Vissac, Héraut d'Armes Royal ès Généalogie, sous le nom héraldique de "Phylogène" enregistrons les présentes volontés et y apposons nostre scel afin qu'elles acquièrent pleine recognoissance.

A Sainct-Anthoine-le-Petit, ce vingt deuxième jour du mois de décembre 1456.




Une fois lecture faite, elle roula le parchemin, regarda l'assemblée, les visages, leur expression.


Elle se tourna vers Rick en lui remettant le testament

Je te remet le document afin que tu puisses le donner à qui de droit. Dès que possible, je ferai suivre aux personnes concernées un certificat de succession nobiliaire.

Elle se recula de quelques pas, afin de laisser à Rick le soin de prendre la parole pour conclure
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namaycush
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 20 Avr - 11:09

Froide, coupante, méchante, de son regard le maudit certainement, avant de tourner le visage, il sait à qui il appartient, à la cartel tantôt fourmi, tantôt cigale.....

Elle l'aime pas, sur le coup là, sans doute pense-t-elle encore à la Guyenne, où Falco se prenant pour Duc à la place de la Duchesse pensait commander les armées gasconnes....

Non pas que ça, Cymo a intercepté autre chose, autres yeux, autres pensées,.....oui femmes il a aimé, femmes il aimera, et elles le lui ont bien rendu d'ailleurs, peu d'hommes ont été aimés comme lui....mais que seule celle qui aujourd'hui se fait ensevelir aura eu coeur et âme de sa part....le reste n'est que chasse et assaut d'aristocratiques jupons, aristocratiques parce que durs à obtenir, tant courtisés....

L'objet de la guerre, est la victoire ;
celui de la victoire, est la conquête ;
celui de la conquête, est la conservation....

Conservation oui, jusqu'à ce que celle-ci entrave la conviction de l'homme, et que celui-ci envoie femme, titres et fiefs afin d'aller au bout de la vérité....

L'objet de son attention rit, d'un rire profond empreint d'un certain fatalisme, fatalisme que l'on dirait slave, slave comme ses pommettes, hautes et rondes à la forme accentuée par le rire....tiens, il connait ça comment l'officier de noeuds et de talus....?

Interrompu par l'intervention de l'officiant, ainsi que par la lecture du testament, il garde néanmoins un oeil, côté gauche, côté coeur, sur ....allez savoir sur qui....
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Erel de Dénéré
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 20 Avr - 11:19

[Sur un banc de la Chapelle]

Le Vicomte de Bapaume ne savait même plus comment il était arrivé ici, ni même où il était...
Ah si. Il était à l'enterrement d'Apo, son Apo, et il était venu à cheval.

Quelle idée avait-elle eu de mourir? Non mais quelle idée! Elle, qui tant de fois avait survécu à des coups d'épée. Elle qui combattait sans relâche. Elle qui jamais ne fléchissait. Elle, vaincue par la naissance...

À croire que rien d'autre que la vie n'avait réussi à la tuer, l'Azur. Invaincue par la mort, vaincue par la vie... Drôle de paradoxe...

Erel se souvint de la première fois qu'il avait rencontré Apolonie.
Le Béarn venait d'être libéré par les troupes royales, il s'investissait dans la diplomatie, et Navigius lui donne en charge le Bourbonnais-Auvergne, énorme Duché de 10 villes qui intimidait celui qui ne savait pas encore qu'il était le demi-frère de la Grande Ambassadrice Royale de France de l'époque...
Arrivée un peu timide, puis dans son bureau dont on lui donne les clés, il découvre une jeune femme avec un caractère incroyable, à la parole si habile qu'il en était presque déboussolé. Elle qu'il ne savait pas encore guerrière, diplomate à la parole acérée comme son épée.
Ils se découvrent, s'apprenent, s'échangent leurs souvenirs... Et très vite l'amitié née.

Une amitié qui perdurera.

À ce souvenir, son regard se perdit dans le vide du sol froid.

Comment était-ce possible? Comment?
Non il n'y croyait pas, Apolonie n'est pas morte, et elle va arriver bientôt, leur assurant qu'elle est belle et bien en vie, que le souffle anime encore son corps.
Il se souvenait comme si c'était hier de la seule fois où il alla à Moulins... En taverne, à lui présenter quelques un de ses innombrables amis, lui qui au final, ne la connaissait que très peu, n'était qu'un minuscule point parmi tous ceux avec qui elle était liée.
Pourtant il y tenait à Apo, cette grande âme coincée dans ce corps marqué par la vie, par la mort, par le sang, par la douleur...

Le Dénéré ignorait ce qui se passait autour de lui... Trop de souvenirs,trop d'émotions.
Qu'il aurait aimé en ce moment même avoir l'Apo près de lui, pour lui parler, pour se rassurer, entendre sa voix, se plonger dans son visage...

Mais il ne pourra plus désormais. Apolonie est morte. Elle l'a quitté comme elle les a tous quittés.

L'Azur s'est éteint, la grande âme n'est plus.

"Adieu mon amie, adieu..."
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Rick
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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   Lun 20 Avr - 11:49

Rick accueillit la baronne à ses côtés, lui faisant une place. Elle vint avec une serviette en cuir et y prit le testament, un parchemin roulé et scellé. D'ailleurs le sceau ne résista pas longtemps. Le diacre écouta avec attention les dernières volontés de Sibella. Le premier chapitre fut consacré à son enfant, celui qu'elle n'avait pas voulu et que pourtant, elle aurait aimé, ça Rick en avait la certitude. D'ailleurs, lui aussi, au début, avait eu des réticences à l'annonce de la grossesse de Tia, mais maintenant pour rien au monde, il n'aurait voulu ne pas avoir eu Georges dans sa vie. Le jeune homme essayait de se souvenir du prénom qu'Alethea lui avait dit. Mais il avait beau réfléchir, il ne se rappelait pas si elle avait évoqué son nom. Lorsque Sibella évoqua la charge de l'enfant, le jeune homme ne put s'empêcher de jeter un oeil en direction de Gypsie. Il se demandait comment la grand-mère paternelle allait réagir. La suite du testament fut pour léguer, naturellement tous ses biens à ses amis les plus proches et les plus fidèles. Le jeune homme en connaissait certains et d'autres pas du tout : parfois des visages, d'autres juste un nom que l'on croise sur une liste ducale ou sur un parchemin quelconque.

C'est ainsi que Rick apprit que la défunte avait un frère de coeur, une âme soeur comme elle l'écrivait. Il se la représentait, assise à son bureau, angoissée par cette grossesse indésirable à ses yeux, sûrement les larmes aux yeux. Le jeune homme se demandait où se trouvait à ce moment, cet homme qu'elle citait. Une chose était sûre, c'est qu'il n'était pas présent dans la chapelle. N'était-il pas croyant ? N'avait-il pas envie de dire au-revoir à Apolonie de cette façon ? Pourtant, de par leurs attitudes, Rick avait put remarquer que certains et certaines dans l'assemblée mettaient pour la première fois de leur vie, des pieds dans un lieu sacré. Mais pour la défunte et pour l'amie qu'elle avait été, ils avaient fait cet effort colossal et avait repoussé les limites de leur croyance pour elle.

Sibella évoquait maintenant le passage sur les funérailles. Elle voulait un passage du livre des Vertus sur la franchise. Alors ce serait chose faite. Heureusement que le diacre connaissait suffisamment son livre sacré pour pouvoir changer son texte à la dernière minute. Au début, il avait prévu un texte basique sur la fin. Un texte des plus ordinaires que nombre d'officiants devait citer. Il était vrai que c'était bien trop ordinaire pour une femme de la trempe d'Apolonie. Et un brin d'originalité n'était pas pour déplaire à Rick.


Je te remet le document afin que tu puisses le donner à qui de droit. Dès que possible, je ferai suivre aux personnes concernées un certificat de succession nobiliaire.

Rick prit le document et l'apporterait au héraut du duché après la cérémonie. Il faudrait qu'il demande à Kory de lui glisser le nom du destinataire car il était vraiment perdu dans ce monde nobilaire. Lui, qui avait en grippe la noblesse depuis sa plus tendre enfance, n'était pas à la noce aujourd'hui.

Merci Sibella pour cette lecture !

Le jeune homme laissa la baronne regagner sa place et alla chercher son livre des vertus.

Mes biens chers frères et mes biens chères soeurs, après lecture des dernières volontés de feue Apolonie, nous allons donc écouter les sages paroles du Livre Saint. A sa demande, le texte ne sera donc pas celui prévue initialement mais un autre plus franc et surtout plus ressemblant à notre amie.

Il l'ouvrit à la page concernée et commença lecture du texte

Citation :
La foudre s’abattit tout près de là. Terrorisés, les enfants se blottirent encore plus dans les bras de leurs mères. Celles-ci pleuraient, implorant pitié au Très Haut. Les hommes s’invectivaient, s’attribuant l’un à l’autre la responsabilité des événements. Cela faisait six jours que les éléments se déchaînaient sur la ville d’Oanylone, avec la rage des premiers temps du monde. Un ciel noir d’encre, lourd de menaces, pesait de tout son poids sur la ville maudite. Parmi le petit groupe qui s’était réfugié dans la réserve de blé, depuis longtemps vidée, la peur côtoyait la colère, la fureur et le désespoir. On pouvait voir un homme qui avait cessé de rire de Dieu lorsque Celui-ci avait annoncé la destruction de la ville. Et cette femme ressassait sans cesse, avec honte, ses orgies luxurieuses avec tant d’hommes et de femmes qu’elle n’était pas arrivée à les compter. Ou encore ce jeune homme, qui avait prit le plaisir immonde de fracasser le crâne de son petit frère, et qui, maintenant, tentait de se racheter en rassurant les enfants rassemblés dans la minuscule pièce. Tous savaient pourquoi ils étaient punis, mais aucun n’osait l’avouer, certains cherchant même à en rejeter la faute sur les autres, dans l’espoir vain de faire oublier ses propres péchés.

Une bourrasque terrible vînt enfoncer la porte, emplissant le frêle bâtiment d’un vent glacial. Ses fondations tremblèrent lorsque le tonnerre répondit à l’éclair, d’une puissance assourdissante. Et le silence se fit. Certes, la tornade rugissait et le tonnerre grondait, mais cela faisait déjà six jours que les habitants d’Oanylone ne connaissait plus que ça. Non, le silence n’était pas celui de la nature, mais bel et bien celui des humains. Car les réfugiés s’étaient tus, paralysés par la terreur, en voyant l’ombre qui se découpait dans l’encablure de la porte. Un homme, si grand et si massif qu’il devait se courber et resserrer les épaules pour entrer, s’approcha d’eux. La pénombre laissait deviner son visage rugueux et sa barbe drue. Sa volumineuse chevelure argentée lui donnait un air de sagesse, contrastant avec la largeur de ses mains, qui semblaient être capable de réduire en poussière même la plus dure des pierres. Son regard bleu pâle, usé par le temps, semblait tout de même garder au fond de lui une joie enfantine. Le colosse était habillé d’une chemise rapiécée et usée par les affres du temps. Un grand morceau de toile, enroulé autour de ses jambes, témoignait de sa condition de défavorisé. Il laissa apparaître un léger sourire et tous les réfugiés soupirèrent de soulagement. Puis il laissa entendre sa voix caverneuse:

“Quand il n’y a plus d’espoir, il reste toujours l’amitié.”
Alors, une vielle femme, au regard dur, à la volonté de fer, s’avança vers lui et lui demanda:
“Et toi, l’étranger, es-tu venu en ami? Car il est en cette cité des hommes et des femmes dont la parole est de miel mais dont les actes sont comme le venin. Ils vivent sur des montagnes d’or, et ne désirent rien d’autres que de s’élever encore plus dans leur fol quête de butins. La vie de leurs semblables leur importe peu, tant leur soif de trésors les dévore.”
“Je sais”, répondit l’homme. “C’est pour cela que je viens à vous. La richesse du coeur ne peut être égalée par les richesses de ce bas-monde. Emporteront-ils leurs montagnes d’or dans l’autre vie?”
“Non, certes pas”, lui répondit la vielle dame. “Mais les richesses du monde nous sont-elles à jamais interdites? Devons-nous nous réduire à vivre tels des animaux pour honorer la richesse de l’âme?”
“La vie vous a-t-elle appris à renier votre main gauche pour employer la droite?”, demanda l’homme. “Il en est de même pour les trésors que Dieu a créés pour nous. Que les richesses matérielles soient vôtres, car Dieu, par amour pour Ses enfants, nous en a fait don. Mais n’oublions jamais qu’il n’est pas de plus beau trésor que l’amitié.”

Alors, un jeune homme se dressa et lui demanda: “Mais qui es-tu, toi dont les paroles sont emplies de sagesse?”
“Mon nom est Georges”, répondit-il.

Rick aimait beaucoup ce texte pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce qu'il était un passage de la vie de Georges et que cela lui rappellait son fils. Le jeune homme ferma son livre dans un claquement sonore qui fut amplifié par la chapelle silencieuse. Il regarda son "troupeau" de brebis galeuses ou pas, du jour et leur dit.

Que devons-nous retenir de cet enseignement ? Qui parmi vous peut se prévaloir d'être bien entouré ? Qui peut-être sûr de ses amis ou de ses prétendus amis ? Qui parmi vous peut se lever et dire, moi je n'ai jamais triché avec personne ? En vérité je vous le dis, la véritable amitié est fondée sur des bases solides où tour à tour vous recevez et vous donnez. L'amitié dans un seul sens n'est pas de l'amitié. Malheur à ceux qui profitent de la gentille d'autrui car ils seront punis dans le royaume du Seigneur ! Malheur à ceux qui se prétendent de vrais amis car ils seront entourés par les démons ! Malheur à ceux qui complotent dans le dos de leurs amis car ceux-là seront écrasés sous le pied du Sans-Nom pour l'Eternité.

Rick reprit un peu son souffle et continua sur une citation plus poétique. Il préférait cela lui qui aimait à composer des vers pour sa femme et ses enfants.

Il n'est pas pire ennemi
Que celui qui se dit votre ami
Et qui vous offre son mépris
Il n'est pas ce qu'il dit

Sous des prétextes fallacieux
Il vous trouverait presque ennuyeux
Lui qui vous pointe son désarroi
Désappointé par l'égoïste sournois

Il doute de la sincérite de vos émois
Personnes entières et de bonne foi
Vous voudriez tant aller à l'essentiel
Vous qui êtes au partage des gens fidèles

C'est l'hôpital qui se moque de la charité
Ce comportement n'a rien de semblable à l'amitié
Mais, il fait fort, cela vous blesse
L'ami a perdu ses lettres de noblesse.


Rick laissa un instant de répit aux personnes qui se trouvaient face à lui. Après cette citation poétique qui n'était pas de sa plume et ce passage de la vie de St Georges, il leur fallait un peu de temps pour souffler. Lorsqu'il jugea le temps de réflexion suffisant, ni trop court, ni trop long, le jeune homme dit.

J'aimerais maintenant que ceux et celle qui ont connu Apolonie viennent tour à tour nous parler d'elle, de ce qu'elle était, de ce qu'elle voulait. J'aimerais que vous nous la fassiez revivre le temps d'un souvenir et que ce souvenir heureux ou moins heureux reste gravé dans votre coeur, car c'est ainsi qu'elle vivra en nous tous.

Tout en disant cela, Rick s'était tourné un tout petit peu plus en direction de sa soeur Kory. Il ne savait pas si il aurait beaucoup de succès avec cette invitation, mais il espérait que sa soeur trouverait le courage de le rejoindre à côté de ce cercueil pour parler de son amie. Et peut-être qu'ainsi, les autres défileraient tour à tour pour suivre l'exemple de leur hôtesse.

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MessageSujet: Re: Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457   

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Funérailles d'Apolonie - 13 avril 1457
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