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 Aliénor Harispe, l'histoire d'une vie.

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Korydwen
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Date d'inscription : 28/04/2008

MessageSujet: Aliénor Harispe, l'histoire d'une vie.   Sam 5 Déc - 10:06

1426

L’année 1426 fut marquer par de grands changements dans ma vie, alors qu’un détachement de l’armée Espagnol foulait le sol français, un de leurs militaires attira mon attention plus particulièrement, j’étais occupée comme souvent à écrire un poème ou une histoire, je tenais ce don de conteuse de ma mère, c’est ce que ma grand-mère disait lorsqu’elle était encore de ce monde. Je surveillais les quelques moutons et brebis de la famille, adossée contre un arbre, lorsqu’ils passèrent devant moi, j’étais plutôt détendue contrairement à Ermeline ma sœur de lait qui était plus nerveuse, les soldats lui faisaient peur, les récits de notre grand-père la hantaient. Elle voyait les militaires comme des pillards qui traversaient les villages, brûlant les maisons et les granges, et tant d’autres atrocités, elle ne voulut pas me laisser regarder le fameux soldat, mais elle me connaissait parfaitement, elle savait qu’une fois son regard tourné je me rendrai dans les remparts de la ville et ferais le tour des tavernes. Je les connaissais bien les tavernes de Bayonne, je m’y rendais régulièrement et offrais mes talents de conteuse contre quelques écus pour aider la famille à vivre. Nous n’étions pas pauvres, mais pas riches non plus, nous n’étions que des gueux, nous avions une certaine éducation, surtout les hommes de la famille qui savaient lire et écrire. Les moines du village donnaient des cours aux jeunes garçons durant l’après-midi, j’en profitais parfois, me cachant dans une armoire ou observant discrètement par une fenêtre, écoutant et apprenant en même temps qu’eux. Je savais écrire et lire, je pouvais maintenant écrire mes mémoires afin de la raconter à mes enfants. L’argent que je gagnais permettait à la famille de s’offrir un peu plus de nourriture cher lors des grandes occasions comme les anniversaires, les mariages, les baptêmes et lors des festes de notre religion.

Ce jour-là, Ermeline n’était pas décidée à me laisser aller au village seule à la rencontre de tous ces soldats, en fin de matinée, nous étions de retour dans la demeure familiale, ma mère était occupée à préparer le repas du midi, mon père rentrait des jambons, il fabriquait du jambon de Bayonne, il fournissait une bonne partie des auberges de la ville. Dans l’après-midi nous lui avions proposé de faire la livraison des tavernes, cela me permettrait de rejoindre ce soldat et de ne pas éveiller les soupçons de mes parents. Le travail ne manquait pas et les plus jeunes ne pouvaient réellement aider. Le tour des tavernes fut rapide, nous avions trouvé celle de mon fameux soldat, il fallait maintenant observer, notre petit jeu dura de nombreuses journées, avant que finalement ce fameux soldat s’installe à ma table, il paraissait si grand et si fort, il me salua, il parlait françois. C’est à ce moment-là qu’il me parla de la première fois qu’il me vit, assise sous un chêne, un parchemin dans les mains, une sorte d’attirance était née en lui, il voulait me rejoindre, mais quitter son détachement lui était impossible et en juste retour des choses, je lui ai répondu à mon tour qu’il ne me laissait pas non plus indifférente. Nous nous sommes vue très souvent lorsqu’il était à Bayonne, laissant notre amour naître un peu plus au grand jour. Le jour redouté finit par arriver, après un dernier baiser, il quitta Bayonne pour retourner dans son Espagne natale, j’en fus triste, mais nous nous étions promis de nous écrire très souvent, ce que nous fîmes, j’appris peu de temps après en voyant un sceau en bas d’une missive qu’il était noble, mon cœur se serra, jamais, il ne voudrait d’une gueuse tel que moi, plusieurs jours passèrent avant que je lui réponde à nouveau. Il s’inquiéta de mon silence, rapidement je lui en expliquais la raison dans une nouvelle missive, la réponse ne se fit pas attendre, il en avait discuté avec ses parents. Ils ne semblaient pas contre, j’avais une certaine éducation et j’étais françoise, comme sa mère, ce qui semblait particulièrement plaire. Il m’expliqua également, que ses parents étaient des gueux à l’origine, son père avait fait de grandes choses et reçu terres en remerciement de son duché ou comté, je ne sais pas exactement comme qu’ils nomment cela en Espagne. Sa dernière lettre fut pour m’annoncer qu’il comptait venir à Bayonne demander ma main à mon père. J’ai d’ailleurs gardé sa lettre dans mon coffre.

L’année se termina bien, me voilà presque mariée, mon père accepta de donner ma main à Alejandro qui deviendra au début de l’année 1427 mon époux devant Aristote. Mon père heureux de me voir mariée si jeune, mais surtout à un homme avec une certaine éducation et une noblesse, voilà de quoi avoir de beaux jours devant moi, mon père voulait le meilleur pour ses enfants. Ermeline était heureuse pour moi, elle avait elle, également rencontré un homme, il n’était pas noble, il était notable, avec une grande ferme, il pourrait prendre soin d’elle, leur mariage était prévu durant les festes de la nativité, Ermeline était si pressée. Deux futures mariées dans la famille, cela donnait du travail à notre mère qui tenait à confectionner nos robes, maman était couturière à ses heures perdus, bien souvent, elle faisait des costumes au Seigneur du village, celui qui le dirigeait, elle gagnait un peu plus d’argent de cette façon et elle se débrouillait fort bien. Le mariage d’Ermeline fût riche en émotion, Alejandro me fit l’honneur d’y venir, il ne m’avait rien dit, il s’était arrangé avec mon père afin de faire une surprise. Nous étions fiancés depuis quelques mois. Le mariage n’en fut que plus agréable à ses côtés et j’apprenais à le connaître de plus en plus. Le seul ennui fut qu’il ne tenait pas bien l’alcool, moi qui pensais que les militaires buvaient énormément, je m’étais trompée. Il était saoul et avait plutôt les mains baladeuses et semblaient vouloir m’honorer, mais il fallait respecter le vœu d’abstinence jusqu’à la nuit de noce, alors je tapais régulièrement sur ses mains avec ma plume. Ermeline m’avait demandé d’écrire les grands moments de son mariage, ce que je fis avec grand plaisir. Alejandro n’appréciait pas énormément, mais c’était plutôt amusant, tant que mon père ne voyait pas ses mains, c’était surtout cela qu’il fallait surveiller.

Heureusement Alejandro couchait à l’auberge, sinon, j’aurai du m’enfermer à clé dans ma chambre afin d’éviter qu’il n’aille trop loin, ce fut la première fois que je lui refusais un baiser ce soir là, il sentait beaucoup trop la bière. Mais maintenant je savais qu’il faudrait que je surveille sa consommation d’alcool.

1427

L’année 1427 fut également riche en évènement, mon mariage avec Alejandro durant le mois de mars, en Espagne, ma famille proche avait fait le déplacement, mes amis n’avaient pas pu, j’avais choisi ma chère Ermeline comme témoin de mariage, Alejandro, lui avait choisi son meilleur ami militaire, ce fut la première fois que je croisais sa famille, j’étais très anxieuse, quoi de plus normal, peut-être ne m’aimeraient-ils pas. Le premier repas se passa plutôt bien, nous avions beaucoup discuté, ils me paraissaient être une famille plus que respectable, Alejandro était l’ainé, d’une fratrie de cinq enfants, il semblait très proche de son jeune frère Ernesto. Le mariage fut un moment intense de bonheur, l’officiant parlait espagnol, je ne comprenais pas tout, heureusement Alejandro m’expliquait, il faudrait que j’apprenne cette langue, ma vie serait maintenant en ce royaume. La feste fut magnifique, la nuit de noce également. Notre chez nous était grand, plus grand que ma maison à Bayonne. Ma famille repartit bien vite, mais je correspondrai avec elle, la vie qui s’offrait à moi semblait magnifique et merveilleuse. Alejandro prenait soin de moi et l’envie d’avoir un enfant ce faisait de plus en plus présente, j’étais triste, plusieurs mois furent nécessaire avant que je tombe enceinte, pendant ce temps là, j’apprenais l’espagnol, le latin, le grec, j’écrivais et je suivais les affaires de mon époux, il se donnait dans son travail, il semblait si malheureux de cette absence de grossesse, j’eus très peur de ne pouvoir lui donner d’enfants. Nous dûmes attendre le mois d’octobre ou de novembre pour que finalement, une absence de menstrues me fasse comprendre que notre souhait le plus cher venait d’être réaliser. Alejandro était aux petits soins pour moi, il ne me laissait plus faire grand-chose, il était très protecteur, c’était agréable, mais parfois bien trop lourd, je me sentais plus capable de faire la moindre des choses, comme si j’allais me cassée en deux. Il savait pourtant que je faisais attention, je ne sais pour qui il avait le plus peur, il tenait tellement à cet enfant. Il voulait un fils, un ainé, un héritier, j’eus très peur de sa réaction si jamais je lui donnais une fille, je n’osais à peine lui en parler, il répétait tellement qu’il voulait un fils, il l’appellerait Ricardo, ce prénom ne me plaisait pas énormément, mais j’avais déjà trouvé un surnom, moi je l’appellerai Rick.

De 1428 à 1436 ou le début d'une chute

Notre petit Ricardo arriva le 30 juillet 1428, cette année fût encore riche en évènements, la naissance de notre fils, un soulagement s’empara de moi lors de la délivrance, un fils, Alejandro était exaucé et moi j’avais mon petit Rick. Alejandro n’accepta pas que je le nourrisse moi-même aux seins, les règles de la haute noblesse devaient être respectée, une nourrice fut engagée, je l’observais avec chaque fois un pincement au cœur, mais cette femme était charmante, je lui confiais volontiers mon Rick, elle était dotée d’une grande gentillesse et douceur, elle était si merveilleuse avec Rick. Malheureusement la fin de l’année ne fut pas si douce, notre Rick avait à peine quelques mois lorsque son grand-père Alejandro poussa son dernier souffle et partit rejoindre le Très Haut. En ce 2 novembre 1428, ce fut la chute de la famille, le pilier qui maintenait le tout venait de disparaître, laissant toutes ses terres à son héritier Alejandro, son épouse, elle serait douairière, il en était convenu de cette façon, Lorena n’aimait pas gérer les terres, Alejandro se montrait plus doué au niveau de l’économie, malheureusement, la jalousie, sans doute, de ses frères et sœurs le poussèrent à devenir odieux, à garder toutes ses richesses pour lui, il n’y avait bien qu’Ernesto qui était resté à ses côtés, je ne sais ce que devinrent les trois autres. Alejandro supportait mal la disparation de son père, il se repliait de plus en plus sur lui, piquait des colères pour des raisons qui n’en méritaient pas. Il criait après son fils qui pleurait et n’arrêtait pas de dire qu’il ne voulait pas d’autres enfants. Je le laissais pousser ses colères, mais cela devenait pénible, il ne disait rien, je ne pouvais donc l’aider. Les règles de la noblesse une fois de plus, ne pas laisser ses sentiments paraîtres aux yeux de tous, pourtant j’étais son épouse, ne me faisait il pas confiance ? Il ne pensait qu’à agrandir ses terres, son pouvoir, il se réfugia dans la politique, créant son parti politique avec ses amis et celui qui devint son plus fidèle bras droit. Quand il était en colère, je me refusais à lui des jours, je m’enfermais dans mes appartements avec mon fils Rick et sa nourrice. Il a du me tromper, je ne suis pas aveugle, pendant des jours il était seul dans le lit conjugal, les servantes et soubrettes changeaient bien régulièrement, combien en avait il engrossé pour satisfaire ses envies de mâle ? Je l’ignore, mais une pelletée de bâtard devait courir sur nos terres. Il redevenait plus doux par moment, quand je retournais dans le lit conjugal, je m’offrais à lui comme une épouse, malheureusement, je tombais enceinte plusieurs fois, la peur au ventre quand mes menstrues n’arrivaient pas, plusieurs fausse couches durant les premiers mois, malheureusement, une fois, l’enfant s’accrocha, c’était peu de temps avant la mort de sa mère. Je lui ai donc annoncé « l’heureux évènement », heureusement il ne le prit pas trop mal, il voulait une fille pour la marier avec une autre grande famille afin de faire une alliance et d’augmenter son pouvoir malheureusement sa mère décéda quelques jours avant la naissance de cet enfant. Il piqua une nouvelle colère, accusant l’enfant à naître de la mort de sa mère, l’accouchement fut difficile pour moi, je manquais de perdre la vie, je n’entendis pas l’enfant, étant perdue dans les limbes de mon inconscience, Alejandro s’en empara, seul lui savait finalement ce qu’il était devenu de lui, plusieurs jours plus tard lorsque je me suis réveillée, il m’annonça lui-même la mort de l’enfant, il avait dit l’avoir enterré afin que le corps ne pourrissent pas. Mais au détour d’un couloir, deux soubrettes dont une semblait avoir un ventre assez conséquent discutait à voix basse et parlait de l’enfant justement, l’enfant disparu, l’enfant tué par ce père rendu complètement fou par la mort de ses parents, se plongeant dans la politique, les sous, ce qui devenait son grand intérêt, il s’occupait de l’éducation de son fils, mais Alejandro supportait mal les défaites et les erreurs, il accusait son fils Ricardo, il le fouettait, il passait sa rage sur lui, plusieurs fois je dus m’interposer entre lui mon garçon, plusieurs fois je pris des coups, des coups violents. Quand il retrouvait la raison, il nous couvrait de cadeau pour se faire pardonner. Plus les années passaient et moins je reconnaissais l’homme que j’avais aimé. Les coups devenait de plus en plus fréquent, il devenait fou, il voulait faire de son fils son héritier, il lui apprenait les ficelles du métier, je refusais à ce que Rick devienne comme son père, malheureusement, mes oppositions ne trouvaient comme réponses que des coups. Je me refusais très souvent à lui, cela le rendait plus fou et c’était toujours durant ces crises que le personnel changeait…Les phases se répétaient très souvent, jusqu’à ce que je découvre une nouvelle grossesse et que je décide de partir… Quel choix horrible mais pourtant si important, je ne pouvais me résoudre à abandonner Rick, mais je devais sauver cet enfant à venir. Après une discussion nocturne avec la nourrice de Rick, je décidais de partir, elle devrait me rejoindre quelques jours plus tard avec mon fils Rick, nous devions nous retrouver dans un village du royaume de France…
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Korydwen
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MessageSujet: Re: Aliénor Harispe, l'histoire d'une vie.   Sam 5 Déc - 10:09

Lettre d'Alejandro

Citation :
Ma chère et tendre Aliénor,

Voilà plusieurs jours que je ne vous ai donné de réponse, votre dernière lettre m’a laissé sans voix, j’ai eu peur en vous annonçant ma noble lignée que vous ne vouliez plus de moi ou que vous pensiez que vous ne comptiez plus pour moi. Vous avez beau n’être qu’une notable gueuse et pourtant vous êtes si cher à mon cœur, je me sens revivre en lisant les mots que vous couchez avec une douceur et une poésie sans nom. Je fais bien pâle figure avec mes mots brusques à côté des vôtres.

Ma famille ne s’étant pas opposé à ce que je continue mon dessein, je compte venir d’ici quelques jours à Bayonne, afin de rencontrer votre famille, depuis le temps que vous me parlez d’eux dans vos missives. J’ai également à cœur le respect de certaines traditions, c’est pour cette raison que je compte demander votre main à messire votre père. J’espère qu’il me l’accordera, je ne puis vivre sans vous à mes côtés, les journées sont bien longues en Espagne.

Depuis le jour où je vous ai vue sous cet arbre, ce chêne, mes sentiments n’ont fait que grandir à votre égard.

Avec tout mon respect et mon amour,
Votre adoré Alejandro.
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