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 Visite d'un Béarnais

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Anselme
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MessageSujet: Visite d'un Béarnais   Mer 3 Fév - 10:19

Anselme avait emmené l'épicier jusqu'au salon.
Après s'être assuré qu'il ne manquait de rien, il laissa là l'invité et se hâta d'aller prévenir le Seigneur de Sarliève de cette visite plutôt intriguante.


Je vais de ce pas prévenir le Seigneur de Sarliève, voir s'il peut vous recevoir.
Prenez vos aises, je ne serai pas long.

_________________
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Mer 3 Fév - 11:34

D'un sourire, Bertrand remercia l'homme de sa diligence.

Cependant, il se sentait beaucoup moins à l'aise qu'il ne voulait le montrer.

La tâche qui lui incombait était fort déplaisante, et il espérait que les maîtres des lieux ne lui en tiendraient pas rigueur.

Avisant un fauteuil, il s'y installa et attendit la suite des événements.
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Nictail
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Jeu 4 Fév - 9:58

Anselme était venu le chercher. Un homme venu de loin voulait le voir.
Nic était très intrigué par toute cette histoire.
Il gagna donc le grand salon et avisa l'homme. Il n'avait pas l'air méchant.


Bonjour Messire. Je suis Messire Nictail, seigneur de Sarliève.
Et vous êtes ?! En quoi puis-je vous être utile ?!


Anselme lui avait parlé de mauvaises nouvelles.
C'est pourquoi il avait chargé l'Intendant d'aller demander à *Ma* quelque chose à grignoter et de revenir préparer deux verres d'alcool fort.
Nic n'avait jamais aimé ce genre de moment ... Attendons voir !
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Jeu 4 Fév - 10:45

Voyant arriver un homme de quelque prestance, Bertrand sut qu'il se trouvait devant le maître des lieux.

Il se leva donc et s'inclina :


Bien le bonsoir, Messire. Permettez que je me présente : Bertrand.

J'ai lié connaissance avec Messire Theobald durant son séjour en Béarn. Il m'a donc chargé de vous rapporter le récit des tristes événements survenus au cours de ces derniers jours. Il a même insisté pour que je sois le plus précis possible.

Comme la mission est fort déplaisante pour moi...
Bertrand plongea dans son sac et en sortit des échantillons qu'il gardait dans son entrepôt. ...je me suis permis de vous amener quelques produits que je vends : du jambon ibérico et une bouteille de vin béarnais.

Maintenant, je vais solliciter votre attention. Mon récit concerne les compagnons de voyage de Theobald : un certain Sindbad, ainsi que des gens aux noms divers et de réputation pas toujours recommandables :


Ceci est la suite du rp "acta est fabula" relaté par Aparajita.

Marcello a écrit:


Soigneusement dissimulé derrière la tenture, le vénitien retenait sa respiration.

En entendant l'indigène escalader la fenêtre, il avait pris plusieurs grandes inspirations. Il lui était ainsi possible de tenir un peu plus longtemps sans inspirer, ce qui ne manquerait pas d'attirer l'attention de la femme-louve.

Les deux femmes se faisaient désormais face. Tant qu"aucune des deux ne bougerait, Marcello n'aurait qu'à se tenir tranquille. Il espérait cependant que le premier mouvement interviendrait avant qu'il ne meure asphyxié.

Mais il intervint avant, lorsque l'indienne plongea la main dans son sac.

Vif comme l'éclair, le vénitien sortit de sa cachette et frappa d'un premier coup de couteau entre les omoplates la sauvageonne, qui n'eut guère le loisir de se protéger ou de riposter. Un second coup de couteau dans l'abdomen eut raison d'elle. un bruit sourd accompagna la chute de son corps.

Un sourire vint illuminer le visage de l'ottomane, alors que les premiers rayons du soleil apparaissaient :


Bon débarras, une de moins...qu'elle aille pourrir sur la Lune, je ne la pleurerais pas. murmura la rousse. Elle jeta ensuite un regard au nettoyeur. Tu sais quoi faire d'elle...Vite, il ne va pas tarder à arriver.

Marcello s'empara du corps, le glissa tant bien que mal dans un sac prévu à cet effet et la plaça sur ses épaules. Par Aristote, mais c'est qu'elle faisait son poids, la bougresse. Et son sang maculait sa tenue. Mais cela lui importait peu. Il brûlerait les vêtements une fois la tâche terminée.

Comme il était venu, le vénitien se retira.


Marcello
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« Le Bourreau »
Parce qu’il le vaut bien
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Ven 5 Fév - 12:49

Bertrand observa quelques secondes de silence avant de poursuivre :

Sindbad a écrit:

Un bruit sourd. Le constantinopolitain ouvrit les yeux. Les brumes du sommeil obscurcissait encore son esprit. Que se passait-il donc ?

Se tournant de côté pour interroger du regard celle dont il partageait désormais l'existence, il ne trouva qu'une place vide. Où était-elle donc ?

Un sentiment d'angoisse s'empara de lui. Toutes ces questions, et pas de réponse.

C'est alors que toute la maison résonna d'un cri long et strident. Le sang de Sindbad se figea alors dans ses veines, alors qu'il reconnaissait cette voix :


Graziella...

Comme mû par un ressort, son corps sauta à bas du lit. Son coeur battait à tout rompre. qu'était-il arrivé à Graziella ?

Se dirigeant vers le lieu d'où était parti le cri, le constantinopolitain monta quatre à quatre les marches du petit escalier de bois, se rattrapant de justesse à la rampe après avoir trébuché sur la dernière marche.

D'un geste sec, il poussa la porte qui s'ouvrit.

Graziella se tenait devant lui, le visage inondé de larmes et sa chemise maculée de sang. S'approchant d'elle, il sentit quelque chose d'humide et visqueux s'acccrocher à ses pieds. Elle se laissa tomber en sanglotant dans ses bras.

Que s'était-il donc passé ?



Ambassadeur Royal de France en Angleterre

Ex-Chambellan de Guyenne (avril/septembre 1456)
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Nictail
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Sam 6 Fév - 3:25

Nic s'était installé dans un fauteuil. L'homme ne semblait pas très à l'aise à l'idée de faire ce récit. Théobald ... C'est donc ça, c'est à propos de Sindbad.
Nic espérait qu'il ne lui était rien arrivé de trop grave.
Il remercia l'homme pour ses présents, mais, il préférait attendre qu'Anselme puisse lui apporter quelque chose de beaucoup plus fort.
Nic priait intérieurement pour que leur ami soit toujours en vie. Ce serait déjà dur pour lui, mais comment annoncer ça à Thomas et Aigue le cas échéant ?!


Je vous écoute Messire. Merci pour ce que vous avez apporté ...

Nic était étonnement tendu et impatient.
Et le récit commença, et bien plus mal qu'il n'aurait voulu.
Toute cette histoire était compliquée, et que de morts ...
Aparajita serait donc morte ?! Elle qui semblait si forte, si habile, et si gentille sous ses airs de bête féroce.
Et Sindbad, comment allait-il s'en sortir avec cette Graziella ?!
Tant de questions en suspens ... Nic n'osait interrompre son "invité" ...
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Sam 6 Fév - 8:54

Alors qu'il allait poursuivre, le maître des lieux le remercia :

Nictail a écrit:
Je vous écoute Messire. Merci pour ce que vous avez apporté ...

L'occasion était trop belle, le professionnel qui sommeillait en lui ne pouvait s'interdire un aparté :

Mais Messire, c'est bien naturel. Sachez d'ailleurs qu'il s'agit de produits du terroir de toute première qualité. J'en veux pour preuve la venue en mon entrepôt d'une Dame d'aussi grande qualité, qui a tant apprécié ce que je lui ai fait goûter qu'elle a pratiquement acheté l'intégralité de ce que j'avais fait venir des lointaines régions ibériques. Et je puis vous assurer qu'elle a payé comptant. Je n'ai su que bien après que cette cliente à la fois si généreuse ete si exigeante n'était autre que Son Altesse Armoria de Mortain, Grand Maître de France, de passage en Béarn.

Bertrand poussa un soupir.

Mais je ne suis point venu ici pour affaires...Une autre fois, j'espère...Souffrez, Messire, que je reprenne le fil de mon récit.

Graziella a écrit:


Entre deux sanglots, la rousse parvint à articuler quelques mots hachés, par monosyllabes :

Katalin...est venu...Comme fou...voulait emmener Aparajita à Venise...Elle voulait pas...bagarre...elle est morte...

Ses sanglots redoublèrent alors.

Il m'a dit...que pour qu'il ne t'emmène pas...je devrais...me laisser faire...et il m'a...

Et les larmes coulèrent de nouveau sur ses joues par flots ininterrompus, tandis qu'elle cachait son visage dans l'épaule de l'homme qu'elle aimait.
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Dim 7 Fév - 10:02

Reprenant son souffle, Bertrand poursuivit son récit

Katalin Lupescu a écrit:


Le transylvanien s'éveilla en sursaut. Qui donc pouvait ainsi tambouriner à sa porte à une heure aussi matinale ?

Sa porte s'ouvrit sur une rousse, celle qui partageait sa vie sentimentale, maintenant et pour toujours. Mais dans quel état : les cheveux en désordre, les yeux rougis, sûrement par des larmes, et ce sang, d'où venait tout ce sang ?

Elle ne lui laissa pas le loisir de la questionner. Le constantinopolitain avait encore fait des siennes : cette douce créature brutalisée, simplement parce qu'elle lui avait suggéré de se rendre à Venise, Aparajita tuée en essayant de la défendre, et maintenant, il était en route vers son logis ?

Il était grand temps que tout cela se termine. Puisqu'il avait tiré l'épée, une fois de trop, cette fois ci, il périrait par l'épée.

La porte, qu'elle avait laissé entr'ouverte, s'ouvrit d'un seul coup. La rousse poussa un cri perçant, à glacer le sang dans les veines, tandis qu'une silhouette désormais familière s'encadrait dans l'embrasure de la porte.


Katalin Lupescu
Le traqueur de Transylvanie, mentor d’Aparajita
Custos de l'Ordre de la Pierre-Dieu
mutilé par les M&M, aimé par un ange
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Lun 8 Fév - 8:27

Theobald a écrit:


Le ménestrel marqua un silence, afin d'évaluer les réactions de son auditoire face à une situation aussi dramatique. Satisfait de l'effet produit, il reprit le fil de son récit.

Dès l'entrée en scène de cette ottomane rousse pendue au cou de son amoureux comme le lierre s'accroche aux murs, j'avais senti que quelque chose se tramait : le constantinopolitain, qui manifestement se consumait pour elle, n'avait n'avait pas remarqué ses manoeuvres d'approche du transylvanien.

Tout ceci sentait d'autant plus mauvais que l'indienne, si elle parlait peu, se trahissait par les éclairs que son regard semblait lancer. Je me rappelai alors de ce récit que j'avais entendu à Murat dans lequel Dame Aparajita avait été maltraitée par une femme qu'elle appelait "Cheveux-de-Feu" et amenée de force auprès du transylvanien.Voilà qui éclairait la nouvelle arrivante d'une lumière peu sympathique.

Il me fallait en apprendre davantage.

Prétextant la fin de ma mission de biographe, pour mieux endormir la défiance de la rousse, je quittai le groupe et me fondis au petit peuple lourdais afin de mener mon enquête sur cette femme et ses agissements au sein de la communauté lourdaise. Pour ce faire, j'acceptai de m'occuper des vagabonds qui peuplaient la ville.

L'investigation s'avéra malaisée. Peu de gens la connaissaient vraiment, encore moins fréquentaient son échoppe. Ce qui posait une première question : comment arrivait-elle donc à assurer sa subsistance ?

Jusqu'au soir où je dus séparer deux pauvres hères qui voulaient en venir aux mains. Chacun d'eux prétendaient l'avoir vu en compagnie d'un homme. Mais tandis que l'un décrivait une créature monstrueusement défigurée, l'autre dépeignait un aristocrate élégant.

Je compris alors quelle jeu elle jouait. Mais la raison de son attitude m'échappait. Pourquoi s'encombrer du transylvanien dont la beauté n'avait d'égal que le contenu de sa bourse ?

Après des journées harassantes, je passais mes nuits dans un endroit au calme au bord du Gave. Cette nuit là, je fus tiré de mon sommeil par les halètements d'un homme. Curieux de nature, je jetai un oeil afin de voir qui perturbait la quiétude de mon sommeil.

Quelle ne fut pas ma surprise en reconnaissant l'un des nettoyeurs que nous avions affronté à Laval. Ses jambes pliait sous le poids d'un sac, qu'il avait lesté de plusieurs gros rochers. A l'évidence, se trouvait à l'intérieur un trépassé qu'il venait en ce lieu faire disparaître.

Pour moi, il ne pouvait s'agir que de deux personnes : Sindbad ou Katalin.

Le plus discrètement possible, je quittai ma tanière et me rendis aussitôt à l'endroit où logeait le constantinopolitain et sa maléfique compagne. Mais l'endroit était vide.

Il ne me restait plus qu'à me rendre au lieu où logeait le transylvanien. De dehors retentissait des cliquetis d'épée. Par le Ciel, on se battait en ce lieu...

Par une fenêtre, je vis le visage des belligérants. L'un était le transylvanien, l'autre le constantinopolitain. De toute évidence, la personne dans le sac ne pouvait être que l'indienne.

A la dérobée, j'aperçus le visage de la sorcière rousse. Nulle trace de crainte n'apparaissait sur son visage, mais plutôt une joie qu'elle s'efforçait de maintenir secrète. Voilà un combat auquel elle prenait plaisir.

Il était grand temps que j'intervienne. La porte, heureusement restée entr'ouverte m'en fournit la possibilité.


Theobald
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Mer 10 Fév - 9:46

La tension dramatique était à son comble. Bertrand observa une longue pause, avant de reprendre :

Theobald a écrit:


N'écoutant que mon courage, je fis irruption dans la pîèce où les deux hommes, animés chacun par la rage de terrasser son adversaire, se livraient sans retenue à un combat total. Il ne s'en fallut de peu que leur lame ne me tranche en rondelles comme un vulgaire jambon.

Mais je bénéficiais de l'effet de surprise. Pas de bonne surprise pour tout le monde, puisque la rousse tenta une discrète retraite par la porte restée entr'ouverte. Mais je la fermai et me plaçai devant :

"Madame, lançai-je à la diablesse, l'heure n'est point encore venue de prendre congé. Je m'apprêtai à narrer à ces messieurs la manière dont vous avez organisé leur duel."

Puis, je me tournai vers l'homme de Constantinople :

"Car tandis qu'elle vous accordait ses faveurs et acceptait les vôtres, elle séduisait Messire Katalin ici présent. Des témoins les ont vu dans les rues lourdaises, dans des situations peu génératrices d'ambiguïté quant à la nature exacte de leur relation. Et concernant le pesant sac que transportait ce soir le vilain encapuchonné vénitien vers le Gave, écourtant ainsi mon sommeil matinal, je gage qu'il s'agit du corps de la malheureuse Dame Aparajita, grande absente de cette rencontre et seule à avoir percé à jour la fourberie. Quant à vous, Messieurs, aveuglés par vos sentiments pour cette diablesse et les soupçons qu'elle a instillé en vos coeurs, vous vous attribuez réciproquement son trépas et vous battez pour le venger. Bien que ce sentiment vous honore et vous rapproche, votre combat n'a d'autre objet que celui de débarrasser cette Dame de l'un de vous, A moins qu'elle n'espère que vous vous étripiez réciproquement. Elle partirait ainsi sans être inquiété le moins du monde.

Quoi qu'il en soit, et sauf le respect que je vous dois, permettez que je vous rappelle ce vers d'un poète grec
"L'homme le plus rusé du monde sera toujours trompé par une femme."

Cependant, une question restait en suspens. Me tournant vers la rousse incendiaire, je risquai une question :

"Mais expliquez moi le pourquoi de ce plan ourdi de manière si compliqué, alors que vous auriez pu simplement disparaître sans un mot ?


Theobald
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Jeu 11 Fév - 9:46

Une quinte de toux s'empara du narrateur. Il s'éclaircit donc bruyamment la voix afin de reprendre le fil de son récit.

Graziella a écrit:


Que la peste étrangle ce troubadour de malheur, songeait l'ottomane en son for intérieur.

En plus, l'homme n'était point sot. Par son irruption, il avait ruiné des semaines d'effort à patiemment ourdir son plan, tel un serrurier limant le passe qui crocheterait la serrure.

Alors vaincue, elle l'était sans nul doute, mais il lui restait de la ressource.

D'un geste sec, elle repoussa le ménestrel, tout en attrapant un couteau au manche en ivoire à l'effigie d'une divinité exotique païenne, soigneusement dissimulé dans le pli de sa manche. Se jetant sur le transylvanien, elle ferma les yeux et le frappa au hasard. D'un geste vif, Sindbad attrapa la lame, qui mordit la chair de ses mains, bientôt sanglantes. Mais des bras puissants la ceinturèrent alors, tandis qu'une main autoritaire arrachait l'arme de son bras meurtrier. Rouvrant les yeux, elle dut constater le fruit de sa tentative avortée.

Elle ne put s'empêcher de sourire en voyant leur visage ahuri, alors que la main gauche de Sindbad saignait.


Mon pauvre petit constantinopolitain...Toujours aussi naïf et fleur bleu. Tu es trop tendre pour ce monde.

Sa voix n'avait plus rien de caressante et d'enjôleuse. Elle était devenue froide, cassante, dénuée de tout sentiment, de toute sensualité, même. Et son regard bleu aurait pu être l'acier d'une lame capable de transpercer en plein coeur quiconque l'approchait de trop près.

Quant à vous, Messire ménestrel, puisque vous aimez les histoires, laissez moi vous en conter une :

Il était une fois une courtisane ottomane, qui se trouvait en la ville de Venise. Peu importe le pourquoi, certaines vérités doivent rester secrètes.

La courtisane fut, un jour approchée par un vieil homme, du nom de Roméo. Ce n'était point l'amour, que celui là cherchait, mais le pouvoir au sein d'un Ordre chargé de la garde d'une relique. Malheureusement, ce pouvoir lui avait été injustement confisqué par un rival. Pour le reprendre, il avait décidé de jeter l'opprobre sur lui.


Son regard croisa alors celui de Sindbad :

Et il avait décidé que je serais l'opprobre, et toi, fils de celui qui l'avait offensé,la pauvre victime innocente de cette vengeance. Mon rôle serait de te séduire, puis de te plonger dans une situation déshonorante, afin que cette honte rejaillisse sur ton père et le discrédite de manière définitive.

Te séduire fut la partie la plus facile. Tu étais jeune, tendre et inexpérimenté, un agneau lâché dans la nature, qui venait de croiser le chemin d'une louve. Mais un agneau corseté dans une morale et une éthique de fer, comme seuls les jeunes gens de ton âge peuvent en entretenir. Te faire chuter allait prendre du temps. Temps que l'irascible Roméo ne voulait guère m'accorder. Non seulement il me traita comme la dernière des catins, mais en sus, il se crut assez fort pour me gifler. On ne bafoue pas impunément l'honneur d'une ottomane, même courtisane. Je décidai d'exécuter ma mission malgré ce camouflet, tout en cherchant un moyen de me venger.

Le moyen, cher petit, tu me l'offris sur un plateau, en évoquant les mystérieux pouvoirs de la relique, et en vantant ton savoir-faire pour transformer en métal précieux le métal vil. Or, quoi de plus tentant pour une courtisane que de vivre sans avoir à sacrifier son corps pour quelque argent. En flattant ton ego, tu avais aiguisé le mien.

Je mis rapidement un plan en place : ta confiance en moi était aveugle. Le terme "aveuglement" aurait davantage convenu, d'ailleurs. Et quand je t'appris qu'un homme projetait de vendre aux ottomans le plan des égouts de Constantinople, tu te précipitas chez lui, aveuglé par la colère, et l'épée à la main. Sans même te douter que cet homme était le gardien de la relique.

Mais arrivé sur place, voilà que ta maudite morale reprit le dessus. Je dus m'emparer de ta main et guider ton bras afin que ta destinée s'accomplisse : le gardien mort de la main du fils de son rival, Roméo avait son déshonneur offert sur un plateau d'argent. Et moi, je tenais ma vengeance.

Te laissant à tes pleurnicheries et tes minables petits regrets, je m'emparais de la Pierre-Dieu et t'emmenais avec moi, non sans préalablement avoir jeté ta moricaude entre les pattes de l'Ordre. La fameuse relique, source du pouvoir de Roméo, n'était plus en sa possession. Sa légitimité risquait de s'effondrer. Mais ta présence m'était encore nécessaire afin d'utiliser la Pierre-Dieu. Le moment venu, je t'aurais livré aux autorités, et tu aurais seul été condamné, puisque le prénom de Graziella que j'avais adopté pour exécuter cette mission n'était qu'une identité d'emprunt.

Pour l'heure, nous partîmes donc vers la ville de Jérusalem, afin de te former à la nouvelle fonction que d'autres te réservaient. Tu appris le combat à mains nues et quelques bribes de la langue ottomane. Quoique Hassan le Nizârite, ton maître fut un précepteur assez pauvre en la matière. Mais malgré tout ce que nous te faisions endurer, tu refusais obstinément de me livrer le secret de ton savoir pour utiliser la Pierre-Dieu.

Un jour, tu fus enlevé et embarqué à bord du navire de cette maudite peste blonde, Saradhinatra...J'espère un jour la retrouver, afin de lui faire payer le prix de son impudence.

Il me fallut une bonne semaine pour retrouver sa trace. Et lorsque je pris enfin le navire à l'abordage, et en fis exterminer l'équipage par le fer et le feu, elle me nargua en me regardant droit dans les yeux. Elle avait exercé sur toi ses talents hypnotiques, afin que tu oublies tout ce qui concernait la Pierre-Dieu. La colère me prit, te voyant ainsi hagard, hébété, incapable de te souvenir de cette relique qui devait m'assurer une existence dorée, marmonnant à mon égard des mots d'un amour qui n'avait jamais existé entre nous.

Alors je pris mon épée et t'en assénais un coup sur le crâne. Ta présence ne m'était plus utile. C'est à ce moment précis qu'un tonneau rempli de poudre explosa. L'un de mes hommes avait allumé la mèche. C'est la dernière fois que je te vis en vie avant notre rencontre lourdaise.


Graziella reprit alors brièvement son souffle.
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Nictail
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Jeu 11 Fév - 10:30

Nic écoutait avec grande attention le récit de son invité.
Eh bien, c'est qu'il s'en était passé des choses durant le voyage de Sindbad.
Anselme était passé et avait finalement servi deux verres du vin apporté.
Nic ne voulait pas interrompre Bertrand, le récit le tenait en haleine et il voulait absolument savoir ce qu'il était advenu de leur ami, c'était ce qui comptait.

Il lui tendit donc un verre avec un léger sourire.
L'homme devait avoir vraiment soif, parler était desséchant.
Nic sirota son verre doucement, installé dans un fauteuil, résolument concentré.
Toujours cette crainte qu'il soit arrivé un malheur au constantinopolitain.
Il inclina la tête pour lui indiquer qu'il pouvait poursuivre quand il voudrait.
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Jeu 11 Fév - 20:33

C'est avec un large sourire que Bertrand vit arriver la carafe et le vin rouge qu'elle contenait. C'est qu'il commençait à avoir vraiment soif...

Un grand merci à vous, Messire, [b] adressa t-il au majordome venu le servir. Puis, en professionnel, il s'en servit un verre qu'il dégusta.[/i] [b]Ma foi, vous servez là un produit d'excellente facture. J'espère juste pour vous que vous ne le payez pas plus cher que sa valeur.

Pas que je souhaite vous offensez, Messire, mais certains marchands prennent les gens de votre condition pour des vaches à lait.

Ce n'est pas ma manière de traiter.

Je considère mes clients avant tout comme des amis, et m'attache à entretenir avec eux des relations régulières, ce qui est d'autant plus aisé quand l'arrangement est mutuellement profitable.

Mais je m'égare, désolé...Revenons à nos moutons...
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Ven 12 Fév - 10:21

C'est la gorge serré que Bertrand entama la conclusion de son récit :

Graziella a écrit:


Après un instant de silence, Graziella reprit le fil de son récit, son regard bleu fixant toujours Sindbad.

A la nage, je parvins à gagner la terre ferme. J'ignorais où j'étais. Feignant l'évanouissement, je fus recueillie par un pêcheur du coin, à qui je racontai une histoire de pirates. L'homme ne comprit pas tout, mais il me soigna.

Par contre, il me fallut peu de temps pour comprendre dans quel guêpier je m'étais fourré, en m'aventurant en ce Royaume. Ces cul-terreux, même les plus nobles, étaient loin d'avoir la fortune nécessaire à mon entretien. Le travail de la terre ne rapportera jamais le prix d'une bonne transaction commerciale. Et mes faveurs avaient un prix qu'ils n'étaient pas en mesure de payer, ni même d'apprécier.

Je dus m'échiner à la mine, me casser le dos sur des terres...Alors que je détenais une relique capable de produire de l'or. Situation paradoxale...

En novembre 1456, j'étais au bord du désespoir lorsque je reçus un pigeon inattendu : Roméo...Le vieux était désormais tout miel avec moi, maintenant que la source de son pouvoir se trouvait entre mes mains. En outre, il souhaitait affermir sa position en éliminant tous ceux qui savaient user de la Pierre-Dieu.

Je détenais là mon laisser-passer pour quitter ce Royaume minable et ses nobles désargentés, et m'en retourner vers la Cité des Doges. Moyennant des excuses sonnantes et trébuchantes pour l'avanie qu'il m'avait fait subir à Venise, je restituai à ce maudit vieillard sa pierre inutile. Et, pour me montrer magnanime, j'offris de superviser l'élimination des anciens membres de l'Ordre réfugiés au Royaume de France. Mais ce vieux pirate m'envoya les M&M, Michele et Marcello, deux fauves pervers et impitoyables qui auraient pu tuer même leur mère. Invertis, mon charme n'avait aucune emprise sur eux. Impossible, donc, pour moi de les soumettre à mon influence. Et le carnage commença...

C'est lors de leur passage à Blois qu'ils me signalèrent avoir été dévisagé par un homme membre d'un petit groupe de voyageurs. Je reconnus sans peine ta description et celle de ta sauvageonne. Tu avais donc survécu...Et tu étais même devenu diplomate, tandis que je vivotais.

Voilà qui était fâcheux...Mon retour tant espéré vers Venise était compromis. Vivant, tu pouvais me reconnaître. Je risquai alors le tribunal, la potence... Pour lever cet obstacle, je n'avais d'autre choix que de te tuer...ou te faire tuer. Mais comment ? Où étais-tu donc parti ?

Il fallut cinq bons jours de traque à Michele et Marcello pour te retrouver dans cette taverne. En les voyant, votre interlocutrice avait eu cette formule : "L'Ordre Use rarement d'expédients simples" et quelque chose sur la Bellissamae. Les deux maladroits l'occirent, et le transylvanien ne put nous renseigner sur le sens de cette phrase, malgré l'effroyable traitement qu'il subit.

Il fallut une bonne semaine avant que je comprenne enfin le sens de cette phrase. La messagère souhaitait vous avertir que la menace, c'est à dire moi, venait de Lourdes. Mais en vous voyant à l'inauguration du port de Mimizan, Marcello comprit que vous vous dirigiez vers Lourdes. Une erreur qu'il nous fallait exploiter.

Sitôt arrivé dans la bonne ville, une flèche devait t'envoyer au Royaume d'Hadès. Mais c'était sans compter sur ta maudite tigresse, qui te sauva la vie, tandis que Marcello dut assommer le transylvanien dans mon échoppe, pendant que je jouai les victimes effrayées. Il se servit ensuite de lui pour attirer le ménestrel
Elle jeta un coup d'oeil rapide à Theobald, puis elle revint vers Sindbad. Son idée était de t'affronter, toi et cette maudite femme, en un endroit désert, la grotte. J'ai préféré privilégier la subtilité, et cela a payé. C'était même trop facile...

Je puis maintenant te le dire, mon but était de te faire rayer par Katalin de la liste des vivants, en utilisant la mort d'Aparajita.


Elle dévisagea alors Katalin :

Pour cela, j'ai dû te faire croire que je t'aimais à la folie. Quelle supplice cela a été de me donner à toi...Combien de fois j'ai failli en vomir de dégoût...Mais c'était le prix à payer pour que mon stratagème fonctionne.

Et cela a réussi...Et grâce à toi, Sindbad, ton indigène a, en plus, dû me faire l'étalage des fioles et flacons qu'elle transporte habituellement sur elle avant de rejoindre la Lune. Ta naïveté a causé ta perte.


Un sourire mauvais illumina alors son visage.

Messire ménestrel, les bonnes histoires ne coûtent rien, mais les raconter peut rapporter gros, je ne vous apprends rien. Après la mort de la sauvageonne, j'ai fouillé son sac. Dedans s'y trouvaient des flacons et des fioles dont elle ne m'avait pas exliqué l'usage. J'en ai déduit qu'il s'agissait de poisons. J'en ai ouvert un au hasard, portant un barbare gribouillis dont j'ignore la signification. Et j'ai trempé dedans la lame qui t'a entaillé la main, mon petit biquet adoré. Tout cela pour te dire que pendant que je te raconte cette jolie histoire, le poison, lui, poursuit son oeuvre, te conduisant inéluctablement vers le trépas. Et le plus amusant, c'est que la seule personne qui aurait pu te sauver n'est plus de ce monde. Un coup de maître, n'est ce pas ? Qu'en dis-tu ? Oh, comme te voilà silencieux...Pour ma part, une phrase seule me vient à l'esprit, celle de l'Empereur Auguste sur son lit de mort : "Acta est Fabula", la pièce est jouée.

D'un rire aigü, elle laissa éclater sa joie. Sa victoire était complète. Rien ne pourrait désormais arrêter l'inexorable progression du poison dans l'organisme de Sindbad.

Un vigoureux coup de pied dans le tibia de qui la tenait, et elle se dégagea de son étreinte. Il était grand temps de prendre congé. Ouvrant la porte, elle se mit à courir à l'air libre. Entendant un souffle derrière elle, elle se retourna. Le transylvanien s'était lancé à ses trousses.

Peu importe, sa mission était accomplie...Le transylvanien n'était guère qu'un détail.


Graziella,
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Sam 13 Fév - 12:09

Bertrand entra dans la phase conclusive de l'histoire :

Theobald a écrit:


Un long silence planna, tandis que le ménestrel terminait l'eau qui restait dans sa gourde. Il ne restait guère à Theobald qu'à conclure :

Désormais seul avec le constantinopolitain, nous nous dévisageâmes un instant.

Son teint était pâle et terreux. Plié en deux, il masquait, de sa main, ses yeux, comme si la lumière du soleil, qui commençait sa course, lui était insupportable. Sa respiration était courte, haletante, un poids semblait peser sur sa poitrine.

Puis, sans crier gare, il se mit à vomir.

Ainsi tout ceci allait-il finir ? Un homme qui avait, par la seule force de sa volonté, prouvé son innocence en entreprenant un voyage initiatique à travers le Royaume de France, qui avait à maintes reprises montré son abnégation, son courage, sa détermination et son refus des évidences trompeuses, n'hésitant pas à laisser derrière lui maison et amis perdrait-il la vie, tandis que l'immonde et manipulatrice succube, responsable de tant de maux, échapperait, une fois de plus, à la justice des hommes ? Etions nous tous, comme elle l'avait prétendu, des proies tendres et naïves pour les prédatrices de son espèce ?

Mais mes interrogations n'avaient point leur place en ce moment, tant qu'il resterait un souffle de vie dans le corps du constantinopolitain. Comprenant l'ampleur de son malaise, et l'état d'avancement du poison dans son organisme, je n'eus que le temps de me précipiter vers lui pour recevoir son corps inanimé, tandis que toute conscience le quittait.


Theobald marqua une nouvelle pause :

Gentes Dames, nobles Messires, en vérité, je vous le dis : ainsi s'achève "La Geste d'Orient". Chacun d'entre vous, réuni ici, en retirera la leçon qu'il voudra. Pour ma part, j'en retiendrais qu'il est fort imprudent de juger un livre d'après sa couverture.

Si cette histoire vous a fait frémir, vous a tiré une larme ou un élan d'indignation, mais aussi si elle vous a fait sourire, car, pour avoir partagé la vie de ces gens, il n'y eut pas que des moments sombres dans notre quête de vérité, alors ayez pour le troubadour que je suis un geste de compassion, et faites moi obole de quelques écus, afin de me permettre de me restaurer, de me loger et de m'entretenir.


Le ménestrel sortit de son sac une cébille, et entreprit de passer dans la foule solliciter son gagne-pain.

Theobald
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Aiguemarine
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Dim 14 Fév - 10:25

Ils avaient de la visite.
Un Béarnais, un dénommé Bertrand.
D'après Anselme, il n'amenait pas que des bonnes nouvelles...
Son époux lui avait dit qu'il ne serait pas long ; pourtant, cela lui semblait des heures qu'il s'était enfermé avec cet inconnu dans le bureau.

Aiguemarine tournait de long en large. N'y tenant plus, et malgré les recommandations d'Anselme de ne pas y aller, elle poussa la porte.
Là, elle y retrouva un époux qui semblait tendu.
Elle toisa l'inconnu de haut en bas.


Messire, bien le bonjour !
Je suis... Aiguemarine, Dame de Sarliève.


Elle s'asseya aux côtés de Nic. Ce dernier semblait perturbé par les propos de l'homme assis face à eux.
Aiguemarine prit la main de son époux, qui lui raconta succintement l'histoire.
Bertrand le Béarnais venait de la part de Theobald donner des nouvelles de Sindbad.
Et celles ci étaient loin d'être bonnes.
Aparajita tuée... Sindbad en mauvaise posture, une fois de plus.
Il fallait à tout prix en savoir plus. Peut-être pourraient'ils les aider ?!
Mais le temps tournait, et pas en leur faveur. Il fallait se dépêcher.
Peut-être même était'il déjà trop tard.

Yeux bleus qui se figent dans les prunelles de leur interlocuteur...
D'une voix peu assurée, Aiguemarine se lança...


Où Theobald a t'il emmené Sindbad ?!
Et où se trouvent les fioles d'Aparajita ?!
Parlez...je vous en conjure.
De vous seul dépend la vie ou la mort de cet homme !

Aiguemarine resserra son étreinte sur la main de Nic.
Elle avait un mauvais pressentiment sur la suite.

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Bertrand
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Dim 14 Fév - 11:56

Alors que Bertrand achevait son récit, une Dame entra dans la pièce. Elle s'assit aux côtés du maître des lieux et lui demanda à mi-voix de quoi il retournait. Le Seigneur lui relata en termes succincts mais précis le déroulement des événements.

Le béarnais vit le visage de la Dame se décomposer. Exactement le genre de réaction qu'il avait redouté depuis le début de cette intervention. Ils se trouvait au milieu de quelque chose qu'il ne contrôlait pas. Décidément, il était plus facile de vendre du jambon au Grand Maître de France que de venir porter des mauvaises nouvelles à des gens qu'il ne connaissait pas.

La situation se tendit encore lorsque la Dame lui demanda :


Aiguemarine a écrit:
Où Theobald a t'il emmené Sindbad ?!
Et où se trouvent les fioles d'Aparajita ?!


Theobald ne m'a délivré aucune information sur l'endroit où il emmenait Sindbad. Il a juste insisté pour que j'aille vous porter l'information le plus rapidement possible. Il craignait que Graziella ne vienne conclure son oeuvre de destruction.

Quant aux fioles d'Aparajita, je n'ai aucune idée de l'endroit où elles se trouvent aujourd'hui.

Croyez bien que si je pouvais vous en dire plus, je le ferais. Mais je vous ai raconté tout ce que Theobald m'a transmis.


Du revers de sa chemise, Bertrand s'épongea machinalement le front. C'est qu'il commençait à faire chaud...
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Aiguemarine
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Dim 14 Fév - 12:22

Aiguemarine lâcha un soupir...
Comme son instinct le lui disait, Bertrand n'en savait plus sur la suite.
Seulement, quelques mots lui firent lever un sourcil interrogateur. Le Ménestrel craignait que la dénommée Graziella ne vienne terminer son oeuvre de destruction.
Où ?! ici ?!
Elle secoua la tête...se reprit, et demanda...


Vous avez dit que Theobald craignait que Graziella vienne jusqu'ici afin de terminer son oeuvre de destruction. Mais pourquoi le ferait'elle ?!
Le Ménestrel vous aurait'il conté quelque chose sur...nous ?!

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Bertrand
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Dim 14 Fév - 12:32

Les sourcils de Bertrand se froncèrent. Il n'avait pas évoqué l'arrivée de Graziella en Bourbonnais-Auvergne...Il se devait de rectifier :

Theobald ne m'a rien dit vous concernant. En tout cas, il ne m'a pas envoyé afin de vous avertir de l'arrivée imminente de Graziella, si c'est ce que vous pensez.

Son principal souci était uniquement de vous tenir averti du déroulement des événements en Béarn, par mon entremise. Ce dont je me suis acquitté.
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Aiguemarine
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Lun 15 Fév - 12:29

Ses yeux se firent plus sombres.
Mais que croyait cet homme, planté là devant eux ?!
Qu'ils n'allaient rien faire ?!
Cela, c'était bien mal les connaître.

Aiguemarine se leva, regarda Bertrand et lui dit sans ménagement...

Veuillez nous excuser quelques instants Messire.
J'ai à parler à mon époux en privé.


Lui tournant le dos, elle entraîna Nic à l'écart.
Ils ne pouvaient pas laisser faire ça, sans réagir.
Une amitié donnée était sacrée.
Même s'ils arrivaient trop tard, au moins, ils seraient là pour enterrer cet homme dignement.
Après quelques mots échangés, les époux tombèrent d'accord.
Nic quitta la pièce afin de prévenir Anselme qu'il prépare un carosse ; Aiguemarine devant prendre soin de l'enfant à venir.


Messire Bertrand. Nous ne pouvons rester là sans rien faire.
Aussi, nous vous raccompagnons à Lourdes.
Il nous faut les retrouver, même si nous arrivons trop tard.
Nous aiderez vous ?!

Regard suppliant.
Ne connaissant pas du tout le Béarn, le couple ne pouvait compter que sur lui...

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Bertrand
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MessageSujet: Re: Visite d'un Béarnais   Mar 16 Fév - 7:33

Bertrand se gratta la tête pensivement, avant de répondre :

Ma foi, Madame, vous pouvez compter sur mon soutien.

Mais au fond de lui même, le béarnais demeurait dubitatif sur son efficacité dans cette entreprise. Aristote seul savait ce qui avait pu se passer pendant son absence.
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