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 1.7 [28 Juin] Et même les dragons ont une fin*

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Timothée
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MessageSujet: 1.7 [28 Juin] Et même les dragons ont une fin*   Sam 13 Juil - 8:12

Timothée

* Ainsi vient la neige après le feu, et même les dragons ont une fin. - J. R. R. Tolkien - Bilbo le Hobbit





28 juin 1461

Timothée avait retrouvé Alexandre un peu plus tôt dans la matinée et il était prévu qu'ils aillent voir Rick ensemble, cependant, Timothée ne savait pas trop comment éloigner Alexandre lorsqu'il déciderait de parler à Rick, il avait de ce fait décider de s'éclipser pendant la pause de l'après-midi, il avait laissé Alexandre à l'auberge avec les animaux prétextant une urgence au niveau de la bibliothèque de l'université. Il lui avait dit qu'il ne serait pas long, juste le temps d'aller déposer un pli et de trouver un coursier aux postes Arvernes de Montpensier.

Mais voilà, Timothée ne prit pas la direction des postes, mais celle de la rue de la Mandragore, le numéro 137, la cabane dans les arbres. Timothée avait gardé la missive de Matthis dans sa poche. Il avait reçu cette missive quelques jours auparavant alors qu'il avait croisé Aigue et Nictail durant son travail à la bibliothèque. Il avait également reçu en début d'après-midi à l'auberge une missive d'Aiguemarine qui lui disait venir à Montpensier. Il haussa les épaules, il y répondrait après sa visite chez son oncle.

Plus il s'approchait de la maison de son oncle et plus son coeur battait. Il n'avait pas eu plus de nouvelles de son frère, il ne savait pas si l'état de sa mère s'améliorait ou au contraire se déteriorait avec le temps qui s'écoulait. Il savait que ni son père, ni sa soeur, ni son frère ne laisseraient leur mère et épouse sombrer. Mais Timothée se sentait si impuissant et si terrifié à l'idée de ne plus la revoir vivante. Il est vrai qu'il avait ces derniers mois énormément râlé contre sa mère, ses absences, sa maladie, le fait qu'elle convoque son frère et non lui. Le fait qu'elle ne soit pas la mère dont il avait besoin et dont il rêvait. Il est vrai qu'il s'était senti abandonné, alors quand son parrain avait du partir accompagner d'autres personnes alors qu'il avait besoin d'un repère, il avait hurlé sa colère et sa douleur, parce qu'il s'était de nouveau senti abandonné. Sa mère, il l'appelait le dragon.

Mais au fond de lui, à ce moment-là, il regrettait ses pensées, il regrettait les lettres d'horreur qu'il avait presque envoyé à sa mère, il regrettait d'avoir penser à une autre famille. Il voulait juste lui dire qu'il l'aimait, il voulait la serrer dans ses bras, il voulait qu'elle vive et qu'elle lui revienne.

Perdu dans ses pensées, il n'avait pas remarqué qu'il était en bas de la cabane de son oncle. Il respira plusieurs minutes avant de penser à une phrase qui lui redonna une pointe de courage.


La seule chose que l'on puisse décider est quoi faire du temps qui nous est imparti.**

Il la répéta à haute voix, comme si cette phrase le confortait dans le fait qu'il allait fuir en direction de Muret, il avait profité du temps qui lui était imparti. Il monta péniblement les marches, son pas était lourd. Il essuya ses yeux, mais malheureusement ils étaient quelque peu rougis. Rougis par les larmes de regrets. Comme quoi, rien ne servait la méchanceté. Il frappa distinctement à la porte et croisa les doigts pour que cela soit Rick qui lui ouvre.

Rick ? C'est Timothée.

Il attendit patiemment et les secondes défilaient comme si il s'agissait d'heures, il attendait et trouvait cela très long et bien évidemment, il ne savait toujours pas comment il l'annoncerait à son oncle. Ce genre de choses de toute façon, il n'y a jamais de bonnes façons pour l'annoncer, tout réside dans le choix des mots. Ces mots bien plus transpercents que les lames des épées. Bien plus incrustés dans les mémoires. Et de chantonner à voix basse, la tête regardant ses pieds, les yeux finalement fermés, les poings serrés comme rarement et les larmes finalement tombant à ses pieds sans qu'il ne puisse les retenir...

La maison est derrière
Le monde est devant
Nombreux sentiers ainsi je prends
A travers l´ombre
Jusqu´à la fin de la nuit
Jusqu´à la dernière étoile qui luit
Brumes et nuages
Noyés dans l´obscurité
Tout va se mêler
Tout va... se mêler




** J. R. R. Tolkien - Le Seigneur des Anneaux.

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Timothée
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MessageSujet: Re: 1.7 [28 Juin] Et même les dragons ont une fin*   Sam 13 Juil - 8:13

Rick

Fin juin - Avant que le ciel ne lui tombe sur la tête

Si en se levant, ce matin-là, Rick avait su ce qui allait se passer, il serait certainement resté au fond de son lit, replié sur lui-même, en attendant que la nouvelle journée passe. Mais debout, il l'était et ce depuis l'aube ou presque. En effet, comme tous les matins, il avait été faire sa fournée de pains et comme à son habitude, il avait remonté quelques pains tout chauds qui avaient servi pour le petit déjeuner de ses enfants. Une fois n'était pas coutume, il y avait ses quatre enfants à la maison et pour l'heure, il dormait tous à poings fermés pour la sieste de l'après-midi. Rick exigeait toujours que ses enfants fassent un somme après le repas de midi. Il avait donc décidé de leur préparer un petit goûter avant de partir à nouveau dans sa boulangerie pour tester la nouvelle recette apportée par Alexandre. Sûr que cela serait un succès, car les villageois aimaient les nouveautés ! Et alors qu'il versait le lait dans une grande casserole qu'il posa sur le poële à bois, il entendit des petits tocs à la porte. Qui pouvait bien être aussi matinal ? Sûrement un paroissien en mal de confession et qui avait besoin de vider son coeur.

C'est donc tout heureux d'être en famille et de passer un goûter en paix, une fois n'était pas coutume, que le prêtre alla ouvrir sa porte alors qu'il venait d'entendre une voix s'élever


Rick ? C'est Timothée.

Il ouvrit la porte d'un air plus grave qu'il n'aurait voulu car il était rare que son neveu soit aussi matinal. Et lorsqu'il croisa son regard larmoyant, il comprit qu'il s'était passé quelque chose. Mais il était loin de penser à ce qu'il allait lui apprendre.

Timothée ? Que fais-tu ici ? Tu es tout seul ? Que se passe-t-il ? Quelqu'un t'a agressé ? Viens t'asseoir !

Il prit son neveu par l'épaule et d'un air réconfortant, il le conduisit jusqu'à la table et lui indiqua de prendre place sur le banc.

Racontes-moi !

Il lui apporta un bol de lait chaud et un peu de pain. Pour lui, après autant d'émotions, le garçon presque adolescent devait prendre un solide repas. Dirait-il cela aussi après la nouvelle ? Pas sûr...

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Timothée
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MessageSujet: Re: 1.7 [28 Juin] Et même les dragons ont une fin*   Sam 13 Juil - 8:13

Timothée



    Je ne dirai pas : ne pleurez pas, car toutes les larmes ne sont pas un mal. J. R. R. Tolkien - Le Seigneur des Anneaux.


La porte finit par s'ouvrir sur son oncle. Combien de temps avait-il attendu ? Combien de temps mettrait-il à ouvrir la bouche ? Son regard se releva doucement, les yeux rougis par les larmes, la douleur, la tristesse. Le coin des lèvres salé par ses propres larmes. Timothée disparaissait dans les méandres de la douleur. Il s'était jusqu'alors contenu, retenu, mais le temps avait fait son devoir et ses nerfs lâchaient peu à peu pour laisser place aux larmes. Timothée faiblissait sous le poids de l'annonce, sa carapace s'effritait, les remparts qu'il avait érigé s'effondrait les uns après les autres.

Des questions ? Mais que répondre à cela ? Que dire ? Balancer comme ça d'une traite ? Ma mère se meurt et je suis loin. Pouvait-il dire cela de but en blanc ? A-t-on le droit de faire de la peine aux gens ? Sans qu'il ne s'en rende compte ses pieds bougèrent et il se retrouva devant une table. Il repoussa le bol de lait et le pain. Pas qu'il n'aimait pas ça, quoi que. Alors que Thib lui avait filé un coup de prune qu'il avait quitté le bureau complètement saoule, Rick lui filait du lait. Remarque... L'alcool avait le mérite de faire parler les coeurs et de soulager l'esprit.


Je...

Relevant la tête et fixant son oncle, il déglutit lourdement, prenant son courage à deux mains, respirant fortement.

Je ne suis pas tout seul. Je suis avec Alexandre. Il est à l'auberge. Il ne doit pas savoir.

Il marqua un arrêt.

Mon frère, ma soeur et mon père...

Sa voix s'étrangla dans le fond de sa gorge, impossible de continuer sa phrase, reprenant son souffle, il reprit sa phrase.

Ils... Ma mère est tombée sous leurs yeux sans qu'ils ne puissent rien faire.

A cet instant, Timothée ressentit toute l'impuissance de son frère, de sa soeur et de son père. Il s'imaginait lui, sur le champ de bataille, il s'imaginait, chevauchant droit vers sa mère pour la sauver. Mais comment aurait-il pu ? Alors qu'aucun autre n'a réussi. Timothée se demandait à cet instant ce que son père avait pu ressentir. Il savait ses parents si proche, tellement proche. Althiof allait-il perdre sa moitié ? Et Eléa, Matthis et Timothée leur mère ?

Ma mère est mourante...

Timothée serra le poing et le posa sur la table.

A cause de la Duchesse !

La colère se lisait dans le regard haineux de Timothée. La Duchesse, il ne la connaissait pas. Mais pour lui elle était responsable de la chute de sa mère. Elle était responsable de la levée de ban en Auvergne. Elle était responsable du départ de sa famille pour les champs de bataille. Elle était responsable de son malheur. Et ce même si elle ne l'était pas directement, c'est ce que ressentait Timothée et il avait besoin d'un bouquémissaire.

Elle les a envoyé à la Mort ! Elle les a envoyé sur les Iles des Bienheureux !*

Il était en colère. Très en colère. Sans doute cela faisait-il parti du concept quand l'on sentait que quelque chose nous quittait. Il sentait une partie de lui, lui échapper. Il ne se sentait plus entier. Il avait peur, terriblement peur. Peur que son oncle l'empêche d'assouvir son besoin de quitter le duché. Ce besoin d'aller à Muret. Ce besoin de voir sa mère. D'être avec elle si jamais elle devait trépasser. Il la vengerait. Il vengerait sa mère. Il irait égorger celui qui lui avait fait ça. Il le torturerait. Il... Il irait contre les préceptes d'Aristote. Il avait mal, il ne résonnait plus. Ses sentiments ou plutôt sa haine guidait son esprit.


*Paradis dans la Grèce Antique.

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Timothée
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MessageSujet: Re: 1.7 [28 Juin] Et même les dragons ont une fin*   Sam 13 Juil - 8:14

Rick

Rick avait réussi à accompagner son neveu jusqu'à la table mais celui-ci ne voulut pas prendre ni le pain ni le lait. Le père de famille ne comprenait pas qu'un adolescent en pleine croissance ne veuille pas du lait. Lui, il l'avait découvert grâce à sa nourrice et même s'il avait comme tout à chacun but de la bière et autres alcools, il n'avait pas s'éloigner du lait et c'est donc tout naturellement qu'il avait instauré cela avec ses enfants. Il s'assit face à lui et remarqua à son attitude qu'il avait du mal à se confier. Pour autant, il ne souhaita pas empêcher la confession du jeune homme et le laissa parler.

Je ne suis pas tout seul. Je suis avec Alexandre. Il est à l'auberge. Il ne doit pas savoir.

Rick ne savait pas ce que Alexandre ne devait pas savoir mais il le saurait dans pas longtemps. Aussi lui dit-il

Je ne sais pas encore ce que ton ... frère ne doit pas savoir, mais saches que ce que tu diras ici, ne sera pas dévoiler sans ton consentement. Si tu veux que j'aille mettre ma tenue de prêtre, je peux également le faire.

Rick sourit alors que Timothée marqua un arrêt

Mon frère, ma soeur et mon père... Ils... Ma mère est tombée sous leurs yeux sans qu'ils ne puissent rien faire.

L'Homme d'Eglise était à mille lieues de vouloir comprendre ce que son neveu voulait dire. Il avait su bien sûr que sa soeur, comme toute noble qui se respecte avait été envoyé à la guerre. Mais à ce moment-là, il ne se posait pas de questions. Et surtout lorsqu'il parla de tomber, il pensa à une simple chute

Ah ! Elle est tombée ? Elle... elle s'est fait mal ? Tu sais, les chutes ce sont des choses qui arrivent et il ne faut pas que ton père, ta soeur ou ton frère se tracassent car elle est tombée. Tu ne crois pas ? Elle s'est fait mal ?

Et au regard que lui lança Timothée, il sut avant même avant que le garçon ne parle. Il s'accrocha à la table en bois si fort que les jointures de ses mains se mirent à blanchir. Son visage se fit pâle et des grosses gouttes de sueur se mirent à perler sur son front.

Ma mère est mourante... A cause de la Duchesse !

Rick regarda son neveu sans vraiment le voir, se repassant le film de sa rencontre avec sa soeur. Le moment où il lui avait avoué son lien de parenté, leurs coups de colère, leurs réconciliations, leurs discussions et leurs disputes. Il se rappela les moments où elle avait su être là pour lui et les moments où il aurait voulu lui parler. Et là, Tim était en train de dire, qu'elle se battait pour lutter contre la mort ? Il ne pouvait pas le croire. Pas elle... Pas Kory... Pas sa petite soeur... Il avait déjà perdu toutes les femmes de sa vie : sa meilleure amie Epson, sa sorcière et confidence Existenz, son épouse Tiadriel, et maintenant, on voulait lui prendre sa soeur ? Il n'y croyait pas et il se serait certainement noyé dans ses souvenirs, laissant son visage se laver par les larmes qui coulaient et dont il n'était même pas conscient, si ce n'est le poing sur la table qui le sortit de la torpeur dans laquelle la nouvelle l'avait déposée.

Il y avait deux choses à régler, enfin trois. La première, c'est qu'il ne fallait pas qu'Alexandre le sache mais lui, il se souvenait qu'on avait dû lui cacher le départ de sa mère et on avait simulé sa mort pour mieux cacher sa fuite. Si cela n'avait pas été fait, il aurait peut-être pu la serrer une dernière fois contre son coeur. Il ne fallait pas qu'Alexandre, qui était par deux fois orphelin, puisse râter cela. Et si le Très Haut devait rappeler Kory à lui, alors Alexandre devait être au courant. Il regarda son neveu et avant de lui dire cela, il fallait qu'il règle le problème numéro deux : la haine qu'il lisait dans le regard de son neveu. Il fallait agir vite avant que l'enfant ne fasse quelque chose d'insensée et cela, seule la discussion lui permettrait de le faire. Et après... seulement après... Il pourrait se consacrer à son problème numéro trois ! Son chagrin...
.

A travers la table, il avança ses bras et pris les mains de Timothée dans les siennes.

Tim, je connais ce que tu as vécu... T'ai-je déjà parlé de ma mère ? Kory t'a-t-elle déjà raconté notre histoire ? Tu sais, il ne faut pas en vouloir à la duchesse.

Mais la réponse cinglante du petit garçon ne se fit pas attendre

Elle les a envoyé à la Mort ! Elle les a envoyé sur les Iles des Bienheureux !*

Tim, crois-tu vraiment que la Duchesse l'ait fait de manière volontaire ? Crois-tu qu'elle ait délibérément choisit de laisser partir tel ou telle noble ? Crois-tu qu'elle avait vraiment le choix ? Tu es maintenant presque un homme et à ce titre, toi qui lis beaucoup et qui t'instruits, tu sais qu'il faut parfois faire un choix. Croix-tu que le choix était facile pour la Duchesse ? Crois-tu qu'un autre Duc ou une autre Duchesse ait fait un choix meilleur ?

Rick soupira et se leva. Il commença alors à faire les cents pas, les mains derrière le dos. Et c'est devant la cheminée qu'il s'arrêta, tournant le dos à son neveu.

Tim, grandir c'est devoir prendre des décisions et parfois certaines sont très difficiles à prendre ! Grandir c'est devoir trancher entre deux solutions.

Il se retourna vers lui avant de reprendre

Toi qui t'occupes parfois des propriétés de tes parents et des différents serfs qui vivent sur vos terres, n'oublies jamais qu'ils sont soumis à tes choix ou à ceux de tes parents. Ce que je veux te dire, mon garçon, c'est qu'il t'arrivera sûrement parfois de devoir prendre des décisions qui impliqueront des conséquences qui pour toi ne te paraîtront pas graves mais qui au final sera catastrophique pour l'un des deux. La Duchesse, d'après ce que j'ai compris, a eu un choix à faire : laisser la guerre s'installer, au risque de voir une horde de guerriers venir jusqu'ici, dans notre duché pour piller les maisons des pauvres gens et violer des femmes et des enfants. Ou alors d'envoyer ses guerriers à leurs rencontres pour les renvoyer dans leur pays.

Rick marqua un long temps d'arrêt, essuyant une larme qui commençait à perler avant de rajouter

Timothée, ta mère a toujours su ce qu'elle risquait quand elle prenait les armes pour le duché.

Rick renifla un peu trop fort à son goût avant de reprendre

Mais, ta mère est quelqu'un de fort et il faut que nous prions ensemble pour faire entendre au Tout Puissant qu'il est trop tôt pour qu'elle parte.

Le prêtre regarda son neveu avant de rajouter.

D'ailleurs, nous devrions le dire à Alexandre.... Il doit savoir ce qui se passe... même si ça risque de lui faire mal...

Rick se rassit attendant la réaction de son neveu

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MessageSujet: Re: 1.7 [28 Juin] Et même les dragons ont une fin*   Sam 13 Juil - 8:16

Timothée



Et ce qu'il craignait arriva... Avait-il bien fait de venir ? N'aurait-il pas mieux fait de partir directement pour Muret, au moins il serait presque arrivé. Les leçons de moral des adultes... Et il proposait même de s'habiller en curé. Timothée le fixa simplement sans réellement savoir quoi dire. Il se doutait que sa mère aurait réagi, mais lui préférait faire profil bas pour finalement partir plus rapidement et facilement à Muret. Timothée avait une idée dans la tête et pour rien au monde il n'en changerait.

Mais soudain ses yeux s'arrondir et là... Il n'en cru pas ses oreilles ! Comment ? Comment n'avait-il pas pu comprendre ? Mais finalement son regard noir et haineux réussit à faire comprendre à son oncle, que non, elle n'était pas simplement tombé, qu'elle ne s'était pas écorchée les genoux.

Les minutes s'étendaient et Timothée fixait son oncle, il sentit ses mains sur les siennes, mais rapidement il les retira. L'histoire des Serna à ce moment-là, il s'en fichait au plus haut point. Il n'en avait rien à carrer et non personne ne pouvait connaitre ce qu'il vivait ! Personne ! Il en était persuadé !!



Et de se sentir accablé par le poids des questions ? N'avait-il pas déjà assez mal ? N'était-il déjà pas assez faible ? Voilà qu'il devait se justifier ! Se justifier de quoi ? De ne pas penser comme tout le monde ? Mais au fond de lui, il savait que sa mère n'avait pas attendu d'ordre de quiconque, elle était partie de son propre chef. Que répondre ? Aurait-il la force d'entrer dans une discussion sans fin ? Ou à contre-coeur donnerait-il raison à son oncle parce que tout cela le torturait ?

Soit.

Et de continuer à l'enfoncer en lui tournant le dos. Timothée bouillonnait intérieurement, il avait pensé trouver du réconfort et voilà qu'il gagnait à la place la morale... Que venait-elle faire ici ? Il perdait du temps. Il le savait. Il repensa à sa phrase...

Il respira profondément et longuement, fermant un instant les yeux. Ne pas réagir violemment, simplement souffler... Respirer et attendre que cela passe.

Soit. C'est mieux ainsi. Elle a fait son choix en son âme et conscience. J'ai mes pensées. Peut-être n'aurai-je pas fait mieux.

Que répondre d'autres ? Que pouvait-il bien dire de toute façon ? Les adultes aimaient avoir le mot de la fin, autant leur donner ce qu'il voulait. Sa mère... Une tête brûlée comme lui. Ce côté hispanique qui les habitaient. Timothée ne pleurait plus, il était convaincu de son choix de plus en plus.

Quand j'aurai 14 ans, elle me demandera à moi aussi de venir. Comme elle a fait avec Eléa, comme elle a fait avec Matthis. Parce que c'est notre devoir. Parce que c'est nous. Parce que jusqu'à ce que le Très-Haut me rappelle à lui, je ferai honneur au mien.

Il n'y avait plus longtemps à attendre, bientôt il pourrait. Il espérait du fin fond de son coeur. Cependant la dernière phrase de son oncle eut l'effet d'une bombe. Timothée ne réussit à se contenir, là il allait répondre plus d'un mot.

Non. Pourquoi le faire souffrir ? Il porte déjà le deuil de ses parents. Inutile de le faire souffrir d'avantage. Il le saura en temps voulu. Je vais partir avec lui à Muret pour un voyage d'agrément. J'entretiendrai avec mon frère une correspondance et au fil des jours je serai tenu informer de l'évolution de la santé de ma mère. Tout dépendra de l'évolution de la santé de ma mère, mais pour le moment, épargnons-le. De grâce je veux bien être accablé par tes discours, par tes questions, par ta morale, mais pas Alexandre.

Timothée était catégorique là-dessus, son oncle pouvait lui dire, lui répéter qu'il avait faux sur toute la ligne, qu'il ne devait pas être égoïste, que tout. Mais jamais, ô grand jamais, il n'inquiéterait Alexandre, si jamais la santé de sa mère remontait alors Alexandre aurait souffert pour rien...

Nous partirons demain avec Alexandre. Après la course de cochon. Libre à toi d'en parler à tes enfants. Matthis m'a demandé d'être discret et de leur épargner cela tant que nous n'en saurions pas un peu plus.

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MessageSujet: Re: 1.7 [28 Juin] Et même les dragons ont une fin*   Mer 4 Sep - 9:27

Rick

Rick n'était vraiment pas doué avec les enfants. Peut-être était-ce tout simplement le fait qu'il ne s'était jamais préparé à devenir père. Il n'avait eu en tout et pour tout, tout juste neuf mois pour s'y préparer ou plutôt pour s'y faire. Un accident pensez-vous ? Non plutôt un grand enthousiasme de jeune marié avec une femme exceptionnelle. Pourquoi pensait-il à cela alors que son neveu était là, tout triste, venant lui apprendre la blessure grave de sa mère ? Tout simplement parce qu'il se sentait un étranger à la conversation. Non pas que l'état de sa soeur ne le préoccupait pas mais depuis la disparition de sa femme, il s’était enfermé dans la religion, comme dans une bulle. Et il n’arrivait pas à entendre ce que Timothée lui disait. Combien de fois depuis qu’il s’était fait ordonner prêtre avait-il dû expliquer aux familles en deuil, que c’était un choix divin et que rien ni personne ne pouvait y faire quelque chose ? Il avait mis très longtemps à faire son deuil et alors qu’il avait enfin réussi, le Tout Puissant le remettait à l’épreuve. Il avait deux choix : soit il craquait devant son neveu et passait pour quelqu’un qui n’assume pas ses propos. Soit il se montrait distant et passait pour un homme sans coeur. Si la nouvelle avait été annoncé par un autre de ses neveux, dont il ne connaissait ni le nom ni l’âge et concernant sa demi-sœur Milosa, il aurait sûrement fait comme si cela concernait n’importe lequel de ses paroissiens. Mais là, il était à la limite, sur le fil. De quel côté devait-il tomber ? Qu’aurait dit le Frère lescurien qui lui avait appris à accepter la douleur personnelle pour la transformer en une puissante vague religieuse ? Sûrement d’accepter le choix divin et de prier pour se faire entendre par le Tout Puissant.

Il aurait bien exposer son idée à Timothée mais il voyait bien dans son attitude qu’il rejetterait son idée. Il avait juste fallu qu’il croise son regard pour voir qu’il n’était pas comme ses enfants, en harmonie avec le Très Haut. Lorsque Kory reviendrait dans le duché, il faudrait qu’il lui en touche deux mots. Parce que pour lui, il allait sans dire que sa sœur serait suffisamment forte pour battre le mal qui la rongeait actuellement. Il était prêt à apprendre ou à réapprendre à ses neveux et nièce qu’il fallait aimer le Très Haut et que celui-ci leur rendait son amour au centuple. Il ne comprendrait jamais tous ses nobles qui préféraient la guerre plutôt que les bancs de l’Eglise. Rick leva un sourcil lorsque Timothée lui dit qu’il l’avait accabler par sa morale ou par ses questions. Il avait beau se remémorer ce qu’il venait de dire, mais il ne voyait pas où il l’avait accablé. Il haussa les épaules. Comme tout adolescent, il préférait en faire à sa tête.


Si c’est ce que tu penses, je ne peux pas t’en empêcher.... Qu’importe ! Pour ce qui est d’Alexandre, tu préfères lui cacher la vérité, toute façon, je ne pourrais pas t’y obliger ! J’espère qu’il n’aura jamais l’occasion d’apprendre ce qui arrive à votre mère et que si ça venait jusqu’à ses oreilles, il saura trouver la force de te pardonner.  Rappelles toi une chose Timothée, et cela tu pourras considérer que c’est de la morale, si cette épreuve que traverse ta mère actuellement s’était passée, il y a quelques années, alors que tu avais l’âge d’Alexandre, crois-tu que tu aurais aimé si Matthis t’avait caché cette chose ? Ne réagis pas comme un jeune homme égoïste et mets toi à la place de ton petit frère ! Tu penses qu’il a trop souffert, parce que tu crois vraiment qu’il est le seul à souffrir ! Beaucoup d’enfants connaissent des douleurs familiales tous les jours et cela ne les empêche pas de grandir !

Les poings de Rick s’étaient serrés en parlant comme cela. Il n’avait pas haussé le ton et il avait gardé la même voix douce qu’il avait quand il faisait un sermon, malgré la violence de ses mots. Il souffrait intérieurement et c’était une manière d’exorciser sa douleur. Timothée pensait-il avoir l’apanage de la douleur ? Rick aurait voulu le serrer dans ses bras mais à quoi bon. Tout dans l’attitude de l’adolescent refusait le moindre signe de compassion. Peut-être aussi pour cela qu’il n’avait pas épargné son neveu. Il se doutait déjà de sa réaction et de sa fuite, en colère, incompréhensible attitude de son oncle selon lui, mais qu’importe. Il voulait un jour devenir un chevalier et faire honneur aux siens, alors il fallait le mettre aussi devant le fait accompli : la douleur d’un homme déjà cassé plusieurs fois et qui avait appris la désastreuse nouvelle sans être épargné.

J’espère que toi ou tes frères me tiendraient au courant ! Je suppose que tu ne veux pas m’accompagner à l’Eglise pour prier pour ta mère !

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MessageSujet: Re: 1.7 [28 Juin] Et même les dragons ont une fin*   Mer 4 Sep - 9:28

Timothee



    Vous n’êtes, après tout, qu’un minuscule individu dans le vaste monde. J. R. R. Tolkien Bilbo le Hobbit


Et de sentir le regard lourd. Mais lourd de quoi ? De reproche ? D'ingratitude envers sa famille ? Timothée ne savait plus, il était perdu. Si autant il savait comment se comporter et réagir avec son père et sa mère, c'était plus compliqué avec son oncle. Il aurait du écouter Carmen du temps où elle était encore là et qu'elle répondait à Rick, il aurait du ainsi prendre des leçon de diction. Mais avec des "si" il mettrait le comté de son père dans un tonneau de Mirefleurs.

Bien sur que si il pouvait l'en empêcher, il oubliait une chose, même si Alexandre vivait avec eux par choix, un vieux choix qui remontait à des années, il n'en était pas moins soumis à la volonté du chef de famille à savoir : Rick. Donc si Rick voulait l'en informer, Rick le ferait. Timothée devait le jouer finement.

Quand j'avais l'âge d'Alexandre. C'était en 1459 et Maman était allée faire la guerre et elle avait été grièvement blessée. Diane m'a écris pour que j'aille faire un truc chez Beths en disant que ma mère ne pouvait s'y rendre. Alors je n'étais pas au courant. Matthis je ne sais pas, il n'avait que 8 ans et Eléa 9 ans... J'avais pas de frère de 12 ans ! Alors je ne sais pas comment ça se serait passé. J'agis simplement comme je le sens, comme je le pense. Mon père m'a dit d'agir avec mon coeur et mon coeur me dit de protéger Alexandre, le plus longtemps possible et même si à tes yeux je dois paraitre égoïste, j'aurai agit selon mon coeur...

Timothée sentait le doute s'immiscer en lui et si... Et si finalement son père avait tort et si jamais il ne fallait pas écouter son coeur, et si il fallait agir selon la morale d'Aristote ? Mais son père, restait son père et ce qu'il disait était vrai... Et si jamais lui avait trop de chance ? Parce qu'il n'avait pas de douleurs familiales comme disait son oncle. Faisant la moue, posant son coude sur la table, il réfléchissait. Pourquoi son frère n'était pas là, Matthis. Cela serait trop facile. Se mordillant les lèvres il tentait de faire le bilan de la situation.

Certes...

C'était un début d'argumentation.

Ca ne les empêche pas de grandir. Et il n'était pas le seul à souffrir. Et il ne le sera jamais. Mais doit-on vivre dans la souffrance ? Ne peut-on s'en affranchir ? Doit-on obligatoirement faire souffrir quand on a la possibilité de ne pas le faire ?

Et cela valide ainsi les propos de son oncle. Et en allant plus loin qu'est-ce que cela donnerait ? Timothée ne pensait pas qu'une simple annonce et décision entrainerait une discussion de la sorte. Et après tout, si il lui disait qu'il le dirait à Alexandre, mais que finalement, il ne lui dirait pas ? Mouais... Ce serait mentir et là il aurait un problème avec Là-Haut. Et comme son oncle semblait pratiquement sur qu'il n'aimait pas Là-Haut. Alors qu'il avait été prier à l'Eglise avec son parrain, enfin futur parrain. Matthis le lui avait demandé dans la missive, alors il avait obéit.

Et... Matthis dans sa lettre m'a demandé d'épargner Alexandre. Alors lui aussi à tout faux ? Donc en fait. Si je comprends bien.

Timothée se gratta la tête.

Je dois le dire à Alexandre, même si Matthis m'a demandé de l'épargner, parce qu'il aura vu l'horreur ?

La vie était compliquée, surtout à ce moment précis. Quand soudain, une lumière arriva jusqu'au cerveau de Timothée.

Mais ne trouves-tu pas qu'Alexandre est trop grand et trop dur par rapport à Esteban ? Ne trouves-tu pas que la lueur d'enfance à quitter ses yeux quand tu l'as vu ? J'ai essayé coûte que coûte ces derniers mois de le rendre enfant, de le voir rire et sourire comme un enfant et non pas comme un petit adulte de six ans. Mais quelque chose dans ses yeux est brisé, quelque chose que je ne peux réparer...

Haussant les épaules, il s'apprêta à se lever, non pour s'enfuir, les lâches s'enfuyaient, mais pas lui, il n'était pas lâche, mais pour aller à l'Eglise.

Et pourquoi je refuserai de t'accompagner à l'Eglise ? Sache que je suis allé dans celle de Bourbon avec mon futur parrain pour prier pour ma mère. Et que dès que je peux j'y vais.

Difficile, mais il y arriverait coûte que coûte, il serait lui, il serait Timothée et agirait en Timothée. Du moins il l'espérait. Ses parents ne lui avaient pas laissé les domaines sans raison. Ils l'avaient jugé capable d'agir en adulte, même si il ne l'était pas encore. Mais sa mère ne l'avait pas prévenu sur l'art de la rhétorique de son oncle. Sinon Timothée aurait pu s'entrainer, mais si finalement le semi-thessalien avait une vision plus thessalienne que française de la situation ? Si les contes et les mythes qui ont bercé son enfance avaient plus d'influence que l'histoire de Christos dans ses actes ? Et si il ne se sentait pas...

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